368
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le Bachagha boualem, vice-président de l’Assemblée nationale, loin de
donner sa caution à l’entreprise de l’ex-colonel gardes, s’est opposé à ce que
les Harkis de Beni-Boudouane, se joignent au commando OAS.
2. L’OAS AFFIRME :
Le même jour, trois postes militaires tenus par le 10e RAMA (Moulay
abdelkader, Dra messaoud, Poste 505) ont été occupés. Les soldats musulmans et 80 % des cadres se sont ralliés à l’Armée secrète. Les soldats du
contingent ont été libérés.
2. La réalité est :
Les postes du 10e RAMA ont été occupés par surprise, les sentinelles ayant
été trompées par la tenue portée par les assaillants. Aucun soldat de carrière
ou du contingent, FSE ou FSNA, aucun sous-officier, aucun officier n’accepta
de se solidariser avec l’OAS. Les quelques Harkis qui s’étaient laissé initialement abuser ont peu après répondu à l’appel du Bachagha.
3. L’OAS AFFIRME :
Un important matériel a été saisi [Où et quand ? Dans le Secteur de Blida,
très certainement, mais on n’en sait pas davantage]. Après évacuation des
postes par les Troupes, un T 28 qui effectuait une mission de straffmg a été
abattu.
3. La réalité est :
Le commando OAS a successivement abandonné ses véhicules, l’armement
trouvé dans les postes, puis une large part de son propre armement. Tous ces
matériels sont maintenant entre les mains des Forces de l’ordre.
Les T 28, dont aucun n’a été touché, ont effectué leur mission sur l’un des
postes alors que celui-ci était occupé par le commando OAS, et contraint ce
dernier à l’évacuer.
4. L’OAS AFFIRME :
Un certain nombre d’officiers gaullistes, dont le Commandant de la Base
aérienne d’oRLÉANSViLLE, ont été arrêtés et déférés devant les cours martiales
[de l’OAS].
4. La réalité est :
Un officier parti en reconnaissance en Alouette le 29 [mars 1962] au matin
a été « fait prisonnier» à son atterrissage près du commando qu’il avait pris
pour une unité régulière. Libéré, c’est lui qui dirige la manoeuvre de réduction
du commando rebelle.
5. L’OAS AFFIRME :
Les effectifs de nos forces engagés dans cette opération se montent à
2 000 hommes.
5. La RÉALITÉ EST :
Sur un effectif de 70 hommes, le commando a perdu dans les trois premiers
jours 37 membres, dont 7 officiers. Ils [les survivants] se sont rendus sans
combat aux Forces de l’ordre ou ont été ramenés à celles-ci par la population.
Parmi les officiers déserteurs prisonniers se trouve le lieutenant bernard
qui vola à lille l’armement de sa section après l’avoir désarmée.
Cette région de Blida, à quelque cinquante kilomètres au sud-ouest
d’Alger, fournit un exemple très évocateur du désordre généralisé qui
Précédent

- 361/420

Suivant