Les fausses espérances et le chaos
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s’est instauré depuis plusieurs mois — nous en relevions de nombreux
exemples à Blida même pour le mois de décembre 1961 — et s’accentue après la signature des accords d’Evian. Un désordre dont les victimes sont à peu près toutes des Français de souche nord-africaine, soit
par le fait d’Européens isolés, soit de groupes se réclamant ou affiliés
à l’OAS. Car il n’est pas toujours aisé de mettre un nom derrière les
masques de l’antiterrorisme d’origine européenne. À ces attentats visant
des personnes se juxtaposent plusieurs actes de terrorisme contre des
services publics.
Pour la période du 5 mars au 12 mai, selon des informations de la
Sécurité publique de Blida53 :
— 5 mars : homicide volontaire par arme à feu sur un fonctionnaire
communal, le terroriste n’étant pas identifié.
— 17 mars : vers 19 heures, à la nuit tombée, une Peugeot de type
403 de couleur noire, dotée d’une plaque de police, et où ont pris place
quatre personnes dont deux « gardiens de la paix », se présente à la
sous-préfecture de Blida. Les gardiens de la paix en faction laissent
passer le véhicule qui, effectuant un virage, se place devant le perron
de la sous-préfecture. Deux des occupants ouvrent le coffre arrière, en
extraient un paquet et, sous prétexte de le remettre au sous-préfet, se
dirigent tranquillement vers le hall. Ils ressortent quelques instants plus
tard, s’engouffrent dans la 403... et repartent comme ils étaient venus.
À 20 h 45, une explosion détruit la sous-préfecture et blesse plusieurs
personnes. Une enquête est ouverte sur la «passivité» des factionnaires. Passivité ? Ou complicité ?
Dans le texte résultant de l’enquête administrative sur le comportement des deux policiers de garde le 17 mars, le commissaire de police,
chef de la Sûreté urbaine, signalait à son supérieur le commissaire central (le 22 mars) que la voiture utilisée était « une Peugeot de type 403
de couleur noire ». Or c’est un véhicule correspondant exactement à
ce descriptif qui avait déjà été utilisé lors d’un attentat de l’OAS, en
décembre 1961 (cf. p. 342 et suiv.f
Mais encore, et toujours au cours de ce mois de mars 1962 :
— Le 20, un engin explosif est lancé contre un magasin appartenant
à un Français musulman. On retrouve sur les lieux de 1 attentat des
tracts demandant aux musulmans de rejoindre l’OAS.
— Le 23, une voiture est découverte, abandonnée, mais piégée avec
soixante pains de 200 grammes d’explosifs N 17, et deux bouteilles de
gaz butane.
, * .
— Le 25, un attentat par charge explosive cause des dégâts importants dans un magasin ainsi que dans des immeubles environnants. Le
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s’est instauré depuis plusieurs mois — nous en relevions de nombreux
exemples à Blida même pour le mois de décembre 1961 — et s’accentue après la signature des accords d’Evian. Un désordre dont les victimes sont à peu près toutes des Français de souche nord-africaine, soit
par le fait d’Européens isolés, soit de groupes se réclamant ou affiliés
à l’OAS. Car il n’est pas toujours aisé de mettre un nom derrière les
masques de l’antiterrorisme d’origine européenne. À ces attentats visant
des personnes se juxtaposent plusieurs actes de terrorisme contre des
services publics.
Pour la période du 5 mars au 12 mai, selon des informations de la
Sécurité publique de Blida53 :
— 5 mars : homicide volontaire par arme à feu sur un fonctionnaire
communal, le terroriste n’étant pas identifié.
— 17 mars : vers 19 heures, à la nuit tombée, une Peugeot de type
403 de couleur noire, dotée d’une plaque de police, et où ont pris place
quatre personnes dont deux « gardiens de la paix », se présente à la
sous-préfecture de Blida. Les gardiens de la paix en faction laissent
passer le véhicule qui, effectuant un virage, se place devant le perron
de la sous-préfecture. Deux des occupants ouvrent le coffre arrière, en
extraient un paquet et, sous prétexte de le remettre au sous-préfet, se
dirigent tranquillement vers le hall. Ils ressortent quelques instants plus
tard, s’engouffrent dans la 403... et repartent comme ils étaient venus.
À 20 h 45, une explosion détruit la sous-préfecture et blesse plusieurs
personnes. Une enquête est ouverte sur la «passivité» des factionnaires. Passivité ? Ou complicité ?
Dans le texte résultant de l’enquête administrative sur le comportement des deux policiers de garde le 17 mars, le commissaire de police,
chef de la Sûreté urbaine, signalait à son supérieur le commissaire central (le 22 mars) que la voiture utilisée était « une Peugeot de type 403
de couleur noire ». Or c’est un véhicule correspondant exactement à
ce descriptif qui avait déjà été utilisé lors d’un attentat de l’OAS, en
décembre 1961 (cf. p. 342 et suiv.f
Mais encore, et toujours au cours de ce mois de mars 1962 :
— Le 20, un engin explosif est lancé contre un magasin appartenant
à un Français musulman. On retrouve sur les lieux de 1 attentat des
tracts demandant aux musulmans de rejoindre l’OAS.
— Le 23, une voiture est découverte, abandonnée, mais piégée avec
soixante pains de 200 grammes d’explosifs N 17, et deux bouteilles de
gaz butane.
, * .
— Le 25, un attentat par charge explosive cause des dégâts importants dans un magasin ainsi que dans des immeubles environnants. Le
