Les fausses espérances et le chaos
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tive dans l’exécution des ordres, transmissions différées ou ajournées de certains documents, etc.
— Refus d’exécution partielle ou complète de certains ordres.
— Désertion et action clandestine.
Combinant la peur et la persuasion, la méthode employée est conforme à la
logique révolutionnaire.
[...]. Affirmant qu’une très grande proportion des officiers d’active sont
sentimentalement pour l’activisme, l’OAS leur demande de s’organiser selon
la méthode suivante :
— Mettre en confiance les officiers susceptibles d’être favorables et détecter les opposants.
— S’organiser en réseaux à l’échelon du régiment [souligné dans le texte],
en désignant comme chef un supérieur sûr, doublé d’un meneur. Dans la
constitution de ce réseau, la hiérarchie normale ne devra pas être obligatoirement respectée.
— Sur ordre du chef de réseau, établir des contacts avec les unités voisines
et l’organisation civile, afin de recevoir toutes les consignes nécessaires
— Éliminer les opposants 1, au besoin en faisant appel à « l’organisation
civile » c’est-à-dire que si l’officier ne se sent pas une vocation de tueur, il
suffit de dénoncer le camarade gênant, l’organisation civile, afin de recevoir
toutes les consignes nécessaires.
1. Par opposants, l’OAS entend « un officier qui a favorisé l’organisation
clandestine du contingent, un officier qui facilite la dénonciation des partisans
de l’Algérie française, un Commandant qui accepte des fiches établies par des
deuxième classe sur l’opinion de ses officiers, un procureur militaire qui
marque sa sollicitude à l’égard du FLN au point de faire déterrer leurs cadavres
pour les inhumer dans le drapeau vert [du FLN], un officier de la Sécurité
militaire qui établit des “fiches” pour le compte du Parti communiste, ces
gens-là sont nos ennemis. Et si vous ne savez pas qu’en faire — ce qui serait
déplorable, car en général un militaire doit savoir neutraliser un adversaire
avant d’être neutralisé par lui —, demandez à l’OAS civile de s’en charger ».
Cette citation est extraite d’une « Note destinée à l’Armée » du déserteur
château-jobert* , datée du 28 février 1962, précise le général ailleret. Or,
tout officier sait que la Sécurité militaire n’a jamais établi de fiches pour le
compte du Parti communiste. D’autre part, l’assassinat du colonel rançon
[cf. p. 342] avait montré que la simple suspicion suffisait à classer comme
« opposant » un officier qui n’avait rien d’un délateur. Enfin, l’attaque des
Forces de l’ordre considérées comme « troupes étrangères » à alger et à oran,
prouve que cette définition de l’opposant est maintenant dépassée.
* Le colonel Pierre Château-Jobert : Rejoint les Forces françaises libres. — Blessé à Bir-Hakeim.
— Commandant le 3e Free French SAS. — Compagnon de la Libération. — L Indochine, de 1947 à
1952. — Prend le commandement du 2e régiment de parachutistes coloniaux en 1955.
Muté en
Algérie. — Opération de Suez. Le 2e RPC contrôle Port-Saïd. — Associé en 1958 à « Résurrection »
(projet d’intervention en métropole). — Rallie l’OAS en janvier 1962. Responsable du Constantinois.
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tive dans l’exécution des ordres, transmissions différées ou ajournées de certains documents, etc.
— Refus d’exécution partielle ou complète de certains ordres.
— Désertion et action clandestine.
Combinant la peur et la persuasion, la méthode employée est conforme à la
logique révolutionnaire.
[...]. Affirmant qu’une très grande proportion des officiers d’active sont
sentimentalement pour l’activisme, l’OAS leur demande de s’organiser selon
la méthode suivante :
— Mettre en confiance les officiers susceptibles d’être favorables et détecter les opposants.
— S’organiser en réseaux à l’échelon du régiment [souligné dans le texte],
en désignant comme chef un supérieur sûr, doublé d’un meneur. Dans la
constitution de ce réseau, la hiérarchie normale ne devra pas être obligatoirement respectée.
— Sur ordre du chef de réseau, établir des contacts avec les unités voisines
et l’organisation civile, afin de recevoir toutes les consignes nécessaires
— Éliminer les opposants 1, au besoin en faisant appel à « l’organisation
civile » c’est-à-dire que si l’officier ne se sent pas une vocation de tueur, il
suffit de dénoncer le camarade gênant, l’organisation civile, afin de recevoir
toutes les consignes nécessaires.
1. Par opposants, l’OAS entend « un officier qui a favorisé l’organisation
clandestine du contingent, un officier qui facilite la dénonciation des partisans
de l’Algérie française, un Commandant qui accepte des fiches établies par des
deuxième classe sur l’opinion de ses officiers, un procureur militaire qui
marque sa sollicitude à l’égard du FLN au point de faire déterrer leurs cadavres
pour les inhumer dans le drapeau vert [du FLN], un officier de la Sécurité
militaire qui établit des “fiches” pour le compte du Parti communiste, ces
gens-là sont nos ennemis. Et si vous ne savez pas qu’en faire — ce qui serait
déplorable, car en général un militaire doit savoir neutraliser un adversaire
avant d’être neutralisé par lui —, demandez à l’OAS civile de s’en charger ».
Cette citation est extraite d’une « Note destinée à l’Armée » du déserteur
château-jobert* , datée du 28 février 1962, précise le général ailleret. Or,
tout officier sait que la Sécurité militaire n’a jamais établi de fiches pour le
compte du Parti communiste. D’autre part, l’assassinat du colonel rançon
[cf. p. 342] avait montré que la simple suspicion suffisait à classer comme
« opposant » un officier qui n’avait rien d’un délateur. Enfin, l’attaque des
Forces de l’ordre considérées comme « troupes étrangères » à alger et à oran,
prouve que cette définition de l’opposant est maintenant dépassée.
* Le colonel Pierre Château-Jobert : Rejoint les Forces françaises libres. — Blessé à Bir-Hakeim.
— Commandant le 3e Free French SAS. — Compagnon de la Libération. — L Indochine, de 1947 à
1952. — Prend le commandement du 2e régiment de parachutistes coloniaux en 1955.
Muté en
Algérie. — Opération de Suez. Le 2e RPC contrôle Port-Saïd. — Associé en 1958 à « Résurrection »
(projet d’intervention en métropole). — Rallie l’OAS en janvier 1962. Responsable du Constantinois.
