Les fausses espérances et le chaos
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marins, aviateurs, légionnaires, parachutistes, chasseurs, coloniaux, cavaliers,
artilleurs, moghaznis, harkis, GMS, tirailleurs, gendarmes ou fantassins qui
ont donné leur vie pour la victoire de leur patrie? N’entends-tu pas les
hurlements des suppliciés de melouza, d’EL-ALiA, de mers el-kébir ? Ne te
souviens-tu pas des égorgés que tu découvrais à l’aube sur le bord d’une
route ?
Officier français, renieras-tu la cause au nom de laquelle tu ordonnais à tes
hommes de mourir ? Livreras-tu leurs corps aux profanations de l’ennemi ?
En choisissant de revêtir l’uniforme d’officier français, en prenant la
responsabilité des vies humaines qui t’étaient confiées, tu consentais volontairement à tous les sacrifices qu’exigeaient le salut de ta Patrie et ton honneur
de soldat.
En acceptant l’installation d’un exécutif de l’ennemi sur la terre française
d’Algérie, tu bafoueras ton honneur et fouleras aux pied ta patrie. Tu renieras
le drapeau pour lequel tu avais juré de mourir.
Officier de la France, ta Patrie ne peut plus attendre. Elle est entrée en
agonie et va périr si tu ne viens pas à son secours. Des milliers d’hommes, de
femmes et d’enfants vont être égorgés, violés, éventrés ou brûlés, et toi tu
assisteras l’arme au pied à l’assassinat généralisé de ceux qui avaient mis en
toi leur espoir de vivre.
Officier de la France, le glas va sonner pour l’armée de ta patrie. Elle ne se
relèvera jamais du génocide qu’elle aura toléré. Si tu ne te décides pas rapidement, tu ne seras plus un soldat, mais un traître, un assassin, un lâche. Demain
tu défileras aux côtés d’une bande d’égorgeurs, le couteau encore suspendu à
la ceinture, et tu marcheras sur les tombes de ceux qui sont morts parce qu’ils
croyaient en toi.
Qui sont les assassins ? Ceux qui ont inscrit melouza et el-alia sur leurs
drapeaux, ceux qui ont écrasé le crâne d’une petite fille de cinq ans et de son
frère, ceux qui ont sur la conscience le viol de centaines de femmes, l’éventrement de milliers d’enfants ? Ou bien ceux que l’on a jetés en prison et qui
étaient tes chefs, les challe les zeller, les denoix de saint-marc, les robin, les
cabiro, les de sèze, tous ceux qui ont déjà sauvé une fois la France et ont tout
fait pour la sauver une seconde fois ?
Aujourd’hui on calme ta conscience de soldat avec la promesse de garanties
dont tu sais bien qu’elles ne seront jamais respectées. Quelles garanties pourraient-ils respecter ceux qui ont massacré à marrakech, ceux qui ont massacré
à oued-zem, ceux qui ont craché sur l’uniforme dont était revêtu ton frère
d’armes, le capitaine moureau* , ceux qui ont martyrisé les soldats qui étaient
demeurés fidèles à la France jusqu’à leur dernier souffle ?
* Le capitaine Moureau qui faisait partie des effectifs de l’armée française stationnés au Maroc
après l’indépendance disparut dans le sud du pays. Son nom fut invoqué au moment des événements
de Mai 1958 lorsque fut connue l’exécution en Tunisie de trois soldats prisonniers du FLN.
Allons, toi, mon compagnon d’armes, réfléchis et choisis.
Où bien tu installes l’exécutif de l’ennemi, tu ouvres les barrages à celui qui
t’aura vaincu, tu amènes le pavillon français et tu hisses le drapeau fellagha, tu
défiles sur les tombes de tes camarades et de tes hommes, et je te préviens
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marins, aviateurs, légionnaires, parachutistes, chasseurs, coloniaux, cavaliers,
artilleurs, moghaznis, harkis, GMS, tirailleurs, gendarmes ou fantassins qui
ont donné leur vie pour la victoire de leur patrie? N’entends-tu pas les
hurlements des suppliciés de melouza, d’EL-ALiA, de mers el-kébir ? Ne te
souviens-tu pas des égorgés que tu découvrais à l’aube sur le bord d’une
route ?
Officier français, renieras-tu la cause au nom de laquelle tu ordonnais à tes
hommes de mourir ? Livreras-tu leurs corps aux profanations de l’ennemi ?
En choisissant de revêtir l’uniforme d’officier français, en prenant la
responsabilité des vies humaines qui t’étaient confiées, tu consentais volontairement à tous les sacrifices qu’exigeaient le salut de ta Patrie et ton honneur
de soldat.
En acceptant l’installation d’un exécutif de l’ennemi sur la terre française
d’Algérie, tu bafoueras ton honneur et fouleras aux pied ta patrie. Tu renieras
le drapeau pour lequel tu avais juré de mourir.
Officier de la France, ta Patrie ne peut plus attendre. Elle est entrée en
agonie et va périr si tu ne viens pas à son secours. Des milliers d’hommes, de
femmes et d’enfants vont être égorgés, violés, éventrés ou brûlés, et toi tu
assisteras l’arme au pied à l’assassinat généralisé de ceux qui avaient mis en
toi leur espoir de vivre.
Officier de la France, le glas va sonner pour l’armée de ta patrie. Elle ne se
relèvera jamais du génocide qu’elle aura toléré. Si tu ne te décides pas rapidement, tu ne seras plus un soldat, mais un traître, un assassin, un lâche. Demain
tu défileras aux côtés d’une bande d’égorgeurs, le couteau encore suspendu à
la ceinture, et tu marcheras sur les tombes de ceux qui sont morts parce qu’ils
croyaient en toi.
Qui sont les assassins ? Ceux qui ont inscrit melouza et el-alia sur leurs
drapeaux, ceux qui ont écrasé le crâne d’une petite fille de cinq ans et de son
frère, ceux qui ont sur la conscience le viol de centaines de femmes, l’éventrement de milliers d’enfants ? Ou bien ceux que l’on a jetés en prison et qui
étaient tes chefs, les challe les zeller, les denoix de saint-marc, les robin, les
cabiro, les de sèze, tous ceux qui ont déjà sauvé une fois la France et ont tout
fait pour la sauver une seconde fois ?
Aujourd’hui on calme ta conscience de soldat avec la promesse de garanties
dont tu sais bien qu’elles ne seront jamais respectées. Quelles garanties pourraient-ils respecter ceux qui ont massacré à marrakech, ceux qui ont massacré
à oued-zem, ceux qui ont craché sur l’uniforme dont était revêtu ton frère
d’armes, le capitaine moureau* , ceux qui ont martyrisé les soldats qui étaient
demeurés fidèles à la France jusqu’à leur dernier souffle ?
* Le capitaine Moureau qui faisait partie des effectifs de l’armée française stationnés au Maroc
après l’indépendance disparut dans le sud du pays. Son nom fut invoqué au moment des événements
de Mai 1958 lorsque fut connue l’exécution en Tunisie de trois soldats prisonniers du FLN.
Allons, toi, mon compagnon d’armes, réfléchis et choisis.
Où bien tu installes l’exécutif de l’ennemi, tu ouvres les barrages à celui qui
t’aura vaincu, tu amènes le pavillon français et tu hisses le drapeau fellagha, tu
défiles sur les tombes de tes camarades et de tes hommes, et je te préviens
