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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de l’OAS était tout aussi prévisible auprès de l’armée que plus largement auprès de l’opinion.
À l’annonce de la signature des accords d’Evian, l’OAS accentue ses
efforts de propagande en direction de l’armée. Dans un tract du mois
de mars, elle invitait les officiers à ne pas renier leurs engagements et
dénonçait les conséquences de l’abandon de l’Algérie au FLN en rappelant les massacres collectifs qui ont jalonné les années de la guerre.
« Si tu ne te décides pas rapidement, lance le tract à l’intention de
“l’officier français”, tu ne seras plus un soldat, mais un traître, un assassin, un lâche... »
On verra que le commandement en Algérie a compris la nécessité
d’une action d’explication dans les derniers jours de mars, après les
accords et la proclamation officielle du cessez-le-feu. Ces instructions
viennent à un moment où, malgré des échecs cuisants, l’OAS garde
toute sa capacité de nuisance.
Appel de l’OAS à « l’officier français49 » :
Officiers français,
C’est maintenant chose faite : le gouvernement va signer l’acte de vente de
l’Algérie. Dans quelques semaines, peut-être même dans quelques jours, l’ennemi prendra possession de la province d’Algérie et y instaurera impunément
le régime de la terreur. Gouvernés par d’anciens gangsters, comme Ben Bella,
condamné à mort par contumace pour cambriolage de la banque d’Oran * ,
gouvernée par des criminels de guerre comme Krim Belkacem, qui servit dans
les rangs nazis ** , gouvernée par des communistes, notre province va être livrée
au martyr [?] fellagha, puis au bolchevisme *** ...
* Référence au rôle d’Ahmed Ben Bella dans la préparation du hold-up contre la poste d’Oran, en
1949. Arrêté l’année suivante, il sera condamné à sept ans de prison par le tribunal de Blida et
s’évadera en 1952.
** Allusion à l’engagement de Knm Belkacem dans les Chantiers de jeunesse du régime de Vichy,
en 1942 ? Le futur ministre des Affaires étrangères du GPRA s’engagea dans l’armée en 1943 et servit
dans le 1er régiment de tirailleurs algériens. Il fut démobilisé en 1945 avec le grade de caporal-chef.
*** La lutte contre le communisme, voire contre le « bolchevisme », est une justification constamment
affirmée de leur action par les partisans de l’Algérie française.
Officier français, demain tu recevras l’ordre d’ouvrir les barrages devant les
hordes déchaînées du FLN, demain le drapeau de l’ennemi flottera sur Alger,
demain tu côtoieras celui que tu avais reçu l’ordre d’anéantir. Mais as-tu pensé
à la honte que tu ressentiras lorsque tu te feras le complice de l’ennemi pour
la grande chasse aux patriotes ? As-tu songé aux promesses que tu avais faites
et que tu n’auras pas tenues ? T’es-tu souvenu de ces mots que tu as si souvent
prononcés devant les fosses où on allait descendre des cercueils recouverts de
tricolore ?
Officier français, n’entends-tu pas le cri de désespoir de tous ceux que tu
auras fait tuer pour rien ? N’entends-tu pas l’appel au secours de tous les
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de l’OAS était tout aussi prévisible auprès de l’armée que plus largement auprès de l’opinion.
À l’annonce de la signature des accords d’Evian, l’OAS accentue ses
efforts de propagande en direction de l’armée. Dans un tract du mois
de mars, elle invitait les officiers à ne pas renier leurs engagements et
dénonçait les conséquences de l’abandon de l’Algérie au FLN en rappelant les massacres collectifs qui ont jalonné les années de la guerre.
« Si tu ne te décides pas rapidement, lance le tract à l’intention de
“l’officier français”, tu ne seras plus un soldat, mais un traître, un assassin, un lâche... »
On verra que le commandement en Algérie a compris la nécessité
d’une action d’explication dans les derniers jours de mars, après les
accords et la proclamation officielle du cessez-le-feu. Ces instructions
viennent à un moment où, malgré des échecs cuisants, l’OAS garde
toute sa capacité de nuisance.
Appel de l’OAS à « l’officier français49 » :
Officiers français,
C’est maintenant chose faite : le gouvernement va signer l’acte de vente de
l’Algérie. Dans quelques semaines, peut-être même dans quelques jours, l’ennemi prendra possession de la province d’Algérie et y instaurera impunément
le régime de la terreur. Gouvernés par d’anciens gangsters, comme Ben Bella,
condamné à mort par contumace pour cambriolage de la banque d’Oran * ,
gouvernée par des criminels de guerre comme Krim Belkacem, qui servit dans
les rangs nazis ** , gouvernée par des communistes, notre province va être livrée
au martyr [?] fellagha, puis au bolchevisme *** ...
* Référence au rôle d’Ahmed Ben Bella dans la préparation du hold-up contre la poste d’Oran, en
1949. Arrêté l’année suivante, il sera condamné à sept ans de prison par le tribunal de Blida et
s’évadera en 1952.
** Allusion à l’engagement de Knm Belkacem dans les Chantiers de jeunesse du régime de Vichy,
en 1942 ? Le futur ministre des Affaires étrangères du GPRA s’engagea dans l’armée en 1943 et servit
dans le 1er régiment de tirailleurs algériens. Il fut démobilisé en 1945 avec le grade de caporal-chef.
*** La lutte contre le communisme, voire contre le « bolchevisme », est une justification constamment
affirmée de leur action par les partisans de l’Algérie française.
Officier français, demain tu recevras l’ordre d’ouvrir les barrages devant les
hordes déchaînées du FLN, demain le drapeau de l’ennemi flottera sur Alger,
demain tu côtoieras celui que tu avais reçu l’ordre d’anéantir. Mais as-tu pensé
à la honte que tu ressentiras lorsque tu te feras le complice de l’ennemi pour
la grande chasse aux patriotes ? As-tu songé aux promesses que tu avais faites
et que tu n’auras pas tenues ? T’es-tu souvenu de ces mots que tu as si souvent
prononcés devant les fosses où on allait descendre des cercueils recouverts de
tricolore ?
Officier français, n’entends-tu pas le cri de désespoir de tous ceux que tu
auras fait tuer pour rien ? N’entends-tu pas l’appel au secours de tous les
