Les fausses espérances et le chaos
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des Européens, les autorités se décident à agir, dressent des barricades
et déploient des barbelés aux endroits névralgiques. Le couvre-feu est
prononcé pour 17 heures et la population priée, par haut-parleur, de ne
quitter, sous aucun prétexte, les habitations.
Le bilan de ces « ratonnades » sera de dix-neuf morts ; il faudra y
ajouter trois Européens tués pendant des bagarres avec les hommes
qu’ils poursuivaient.
La mort par violences est devenue un phénomène tellement courant
qu’elle finit par ne plus étonner, laissant indifférent le passant ou le
consommateur qui, de la terrasse d’un café, assiste à une exécution
sommaire en plein jour et en toute impunité.
Ce qui est vrai pour Alger l’est sans doute davantage pour Oran et
sa région qui vivent, ou plutôt survivent, depuis des mois dans un climat
de guerre civile larvée. Aux crimes des uns répliquent les représailles
des autres, et la liste en est longue41.
Le 27 février 1961, une foule de musulmans se rassemble à l’occasion de la mort, la veille, du roi Mohammed V. Mais ce rassemblement
qui devait être placé sous le signe du recueillement tourne rapidement
à la provocation et à la violence... Plusieurs centaines de manifestants
s’en prennent à des automobilistes en leur lançant des pierres, arrêtent
l’une des voitures, la renversent. Le conducteur, M. Roger Vesque,
réussit à s’échapper, alors que le véhicule est incendié à l’essence. Les
autres passagers — M. et Mme Syricos, une autre personne — meurent,
carbonisés. Pendant ce temps, et à peu près à la même heure, deux
Européens, MM. Légion et Karouby, sont assassinés, dans d’autres
quartiers d’Oran. Suit une scène qui rappelle des souvenirs, il y avait
eu des antécédents à Alger... Des groupes se détachent des cortèges qui
accompagnaient les corps de MM. Karouby et Légion au cimetière et
partent aux « ratonnades ». Des musulmans, très probablement innocents, sont sacrifiés aux gestes criminels de membres de leur propre
communauté.
Le 5 juillet — nous sommes toujours en 1961 —, une jeune Européenne est assassinée en subissant de terribles mutilations... Réponse :
des Européens attaquent des musulmans qui passaient en voiture. Le
26 août suivant, M. Michel Renault est assassiné à son tour pendant
qu’il traversait la ville arabe..; Le 28 août, pendant ses obsèques, on
apprend qu’un jeune homme, Édouard Sanchez, a été tué en se rendant
à son travail . * pillage de magasins musulmans, attaque d un car transportant des musulmans. Six morts. Le FLN décrète une grève générale
qui est fixée au 30 août. L’OAS mobilise ses commandos. Bagarres.
Cinq morts musulmans, et plus de trente blessés des deux côtés...
Le 15 juillet 1961, pendant la nuit... Des hommes armés — des
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des Européens, les autorités se décident à agir, dressent des barricades
et déploient des barbelés aux endroits névralgiques. Le couvre-feu est
prononcé pour 17 heures et la population priée, par haut-parleur, de ne
quitter, sous aucun prétexte, les habitations.
Le bilan de ces « ratonnades » sera de dix-neuf morts ; il faudra y
ajouter trois Européens tués pendant des bagarres avec les hommes
qu’ils poursuivaient.
La mort par violences est devenue un phénomène tellement courant
qu’elle finit par ne plus étonner, laissant indifférent le passant ou le
consommateur qui, de la terrasse d’un café, assiste à une exécution
sommaire en plein jour et en toute impunité.
Ce qui est vrai pour Alger l’est sans doute davantage pour Oran et
sa région qui vivent, ou plutôt survivent, depuis des mois dans un climat
de guerre civile larvée. Aux crimes des uns répliquent les représailles
des autres, et la liste en est longue41.
Le 27 février 1961, une foule de musulmans se rassemble à l’occasion de la mort, la veille, du roi Mohammed V. Mais ce rassemblement
qui devait être placé sous le signe du recueillement tourne rapidement
à la provocation et à la violence... Plusieurs centaines de manifestants
s’en prennent à des automobilistes en leur lançant des pierres, arrêtent
l’une des voitures, la renversent. Le conducteur, M. Roger Vesque,
réussit à s’échapper, alors que le véhicule est incendié à l’essence. Les
autres passagers — M. et Mme Syricos, une autre personne — meurent,
carbonisés. Pendant ce temps, et à peu près à la même heure, deux
Européens, MM. Légion et Karouby, sont assassinés, dans d’autres
quartiers d’Oran. Suit une scène qui rappelle des souvenirs, il y avait
eu des antécédents à Alger... Des groupes se détachent des cortèges qui
accompagnaient les corps de MM. Karouby et Légion au cimetière et
partent aux « ratonnades ». Des musulmans, très probablement innocents, sont sacrifiés aux gestes criminels de membres de leur propre
communauté.
Le 5 juillet — nous sommes toujours en 1961 —, une jeune Européenne est assassinée en subissant de terribles mutilations... Réponse :
des Européens attaquent des musulmans qui passaient en voiture. Le
26 août suivant, M. Michel Renault est assassiné à son tour pendant
qu’il traversait la ville arabe..; Le 28 août, pendant ses obsèques, on
apprend qu’un jeune homme, Édouard Sanchez, a été tué en se rendant
à son travail . * pillage de magasins musulmans, attaque d un car transportant des musulmans. Six morts. Le FLN décrète une grève générale
qui est fixée au 30 août. L’OAS mobilise ses commandos. Bagarres.
Cinq morts musulmans, et plus de trente blessés des deux côtés...
Le 15 juillet 1961, pendant la nuit... Des hommes armés — des
