Les fausses espérances et le chaos
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C’est le scénario catastrophe conçu par un esprit en proie à un certain
délire, loin de l’image du soldat froid et calculateur que l’on vit au
sommet du commandement. Les ambitions du chef de l’OAS sont malheureusement en train de s’inscrire dans les faits en Algérie : rien que
pendant la journée du 18 février, vingt-trois personnes sont exécutées
à Alger par les commandos Delta. Ces derniers règlent quotidiennement
des comptes avec les barbouzes du MPC, chacun gagnant une manche,
en attendant de nouvelles représailles.
Le 14 février, un commando de Degueldre s’en est pris à un groupe
de barbouzes qui avait installé ses pénates à l’hôtel Radjah. On se
mitraille, trois hommes du commando restent sur le terrain, mais le 18,
précisément, des Delta usent d’un étonnant subterfuge pour venger
leurs camarades. Camouflés sous des uniformes de commandos de
marines et véhiculés par deux half-tracks de l’armée, ils criblent la
façade de l’hôtel Radjah de roquettes de bazooka... Les barbouzes tentent une sortie, se font cueillir par des rafales de mitraillette et sont
contraints de reculer, puis sortent par une porte de derrière, pour se
réfugier provisoirement dans une caserne de la gendarmerie à MaisonCarrée.
Le 19 février, quatre barbouzes décident d’aller chercher à l’hôpital
Maillot un de leurs camarades, un jeune Vietnamien qui avait été blessé
au cours de la fusillade de la veille. Ils se présentent aux urgences où
l’on décide de faire transporter le jeune blessé en ambulance en raison
de son état39. L’ambulance et la voiture repartent, mais une rafale de
mitraillette éclate, crevant les pneus de cette dernière et obligeant le
conducteur, qui perd le contrôle du véhicule, à dévaler la pente du Dey,
avant de s’écraser contre un mur. Le feu se déclare, les occupants tentent de s’échapper, des rafales de coups de feu les clouent sur place.
Aucun n’en réchappe. Le téléphone de l’OAS et ses multiples informateurs ont bien fonctionné...
Cette scène de western meurtrier ne s’arrête pas là... Ameutés, les
habitants européens sortent de chez eux, rassemblent des bidons pleins
d’essence et transforment ce qui reste du véhicule en brasier, dans un
concert de hurlements. Les barbouzes ont payé ! Les pompiers arrivent
et sont salués par des cris de joie chaque fois qu ils extraient des corps
carbonisés de la carcasse encore fumante.
Le jeune blessé, lui, avait échappé à la mort en se couchant sur le
plancher de l’ambulance, sous la füsillade.
En prolongement de ces affaires, l’OAS-métro tentait, le 18 février,
d’assassiner sur son lit d’hôpital du Val-de-Grâce, à Pans le president
du MPC, Yves Le Tac. C’était la quatrième fois qu Yves Le Tac était
visé par l’OAS. Une première tentative avait échoué, Yves Le Tac ayant
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C’est le scénario catastrophe conçu par un esprit en proie à un certain
délire, loin de l’image du soldat froid et calculateur que l’on vit au
sommet du commandement. Les ambitions du chef de l’OAS sont malheureusement en train de s’inscrire dans les faits en Algérie : rien que
pendant la journée du 18 février, vingt-trois personnes sont exécutées
à Alger par les commandos Delta. Ces derniers règlent quotidiennement
des comptes avec les barbouzes du MPC, chacun gagnant une manche,
en attendant de nouvelles représailles.
Le 14 février, un commando de Degueldre s’en est pris à un groupe
de barbouzes qui avait installé ses pénates à l’hôtel Radjah. On se
mitraille, trois hommes du commando restent sur le terrain, mais le 18,
précisément, des Delta usent d’un étonnant subterfuge pour venger
leurs camarades. Camouflés sous des uniformes de commandos de
marines et véhiculés par deux half-tracks de l’armée, ils criblent la
façade de l’hôtel Radjah de roquettes de bazooka... Les barbouzes tentent une sortie, se font cueillir par des rafales de mitraillette et sont
contraints de reculer, puis sortent par une porte de derrière, pour se
réfugier provisoirement dans une caserne de la gendarmerie à MaisonCarrée.
Le 19 février, quatre barbouzes décident d’aller chercher à l’hôpital
Maillot un de leurs camarades, un jeune Vietnamien qui avait été blessé
au cours de la fusillade de la veille. Ils se présentent aux urgences où
l’on décide de faire transporter le jeune blessé en ambulance en raison
de son état39. L’ambulance et la voiture repartent, mais une rafale de
mitraillette éclate, crevant les pneus de cette dernière et obligeant le
conducteur, qui perd le contrôle du véhicule, à dévaler la pente du Dey,
avant de s’écraser contre un mur. Le feu se déclare, les occupants tentent de s’échapper, des rafales de coups de feu les clouent sur place.
Aucun n’en réchappe. Le téléphone de l’OAS et ses multiples informateurs ont bien fonctionné...
Cette scène de western meurtrier ne s’arrête pas là... Ameutés, les
habitants européens sortent de chez eux, rassemblent des bidons pleins
d’essence et transforment ce qui reste du véhicule en brasier, dans un
concert de hurlements. Les barbouzes ont payé ! Les pompiers arrivent
et sont salués par des cris de joie chaque fois qu ils extraient des corps
carbonisés de la carcasse encore fumante.
Le jeune blessé, lui, avait échappé à la mort en se couchant sur le
plancher de l’ambulance, sous la füsillade.
En prolongement de ces affaires, l’OAS-métro tentait, le 18 février,
d’assassiner sur son lit d’hôpital du Val-de-Grâce, à Pans le president
du MPC, Yves Le Tac. C’était la quatrième fois qu Yves Le Tac était
visé par l’OAS. Une première tentative avait échoué, Yves Le Tac ayant
