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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
injures proférées contre les barbouzes, mais il faut croire qu’elles
étaient suffisamment infamantes pour que le commissaire de police
envoyé sur place par la délégation générale ait eu beaucoup de mal à
empêcher les survivants de vider leurs armes sur la foule.
Vingt millions d’anciens francs contenus dans un poste éventré disparurent. Quant à l’enquête, elle ne donna pas grand résultat. La piste de
l’OAS fut bien entendu retenue, et les soupçons se portèrent avec une
égale évidence sur les services de la douane d’Alger et la compagnie
qui avait pris en charge les formalités douanière d’acheminement des
deux caisses. L’OAS et les commandos de Roger Degueldre venaient en
tout cas de marquer un point spectaculaire contre les agents du pouvoir.
Le général Salan pouvait pavoiser qui, dans une instruction du
2 février, dressait un bilan enthousiaste des actions de l’organisation
clandestine et en félicitaient leurs auteurs37 :
Il est particulièrement satisfaisant de noter que la semaine écoulée a été
marquée par des actions de très grande valeur sur tous les plans, estimait-il.
J’en adresse mes plus vives félicitations aux exécutants.
Que ce soit les opérations d’enlèvements d’armes à oran, bône, boghari,
avec la magnifique intervention faite à el-biar sur la villa « Barbouzes » ou à
l’explosion des installations radio sur bigamie d’Alger, ou le sabotage d’un
navire à Bône, ou les hold-up spectaculaires opérés à Alger et Oran, ce sont
là des réalisations qui témoignent d’initiatives et de courage physiques incontestables [...]. Je ne dissimule pas que certaines actions peuvent prêter à critiques et engendrer quelques erreurs regrettables. On ne fait pas la guerre, on
ne descend pas dans la rue ni avec des enfants de chœur ni avec des « gens
de salon », mais avec des hommes de main courageux...
• 11-18 février. Réunis secrètement aux Rousses, dans le Jura, les
représentants du gouvernement français — Jean de Broglie, secrétaire
d’Etat au Sahara et aux Départements d’outre-mer, Louis Joxe, Robert
Buron, Bruno de Leusse et trois experts — et une délégation algérienne
conduite par Krim Belkacem mettent au point un protocole d’accord
destiné à restaurer la paix en Algérie. Des droits seront reconnus aux
Européens après l’indépendance, et le gouvernement français décrétera
un cessez-le feu à une date et une heure qui resteront à déterminer. Le
principe d’une seconde rencontre a été retenue en vue de la signature
des accords définitifs.
Comme il fallait s’y attendre, l’OAS répond au projet d’accord
franco-algérien par l’écrit et le plastic. Dans une instruction datée du
23 février, le général Salan, qui constate que « l’irréversible est sur
le point d’être commis », annonce le déclenchement d’« une offensive
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