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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
bleue » du 17 au 18 janvier, les explosions perçues des hauteurs et des
banlieues proches donnant une image de lueurs permanentes qui éclairent les lignes des immeubles surgis de l’ombre. Et les plastiquages de
l’OAS tuent, comme le 22 janvier au Quai d’Orsay où une bombe très
puissante provoque la mort d’une personne et en blesse douze autres.
Dans la nuit du 23 au 24 janvier, une sorte de « record » est battu :
vingt-trois attentats au plastic, dont un visait le domicile d’Hubert
Beuve-Méry, le directeur du Monde.
Mais, on le sait désormais, la blessure atroce qui atteint la petite
Delphine Renard, le 7 février 1962, condamne définitivement l’OAS au
regard de ses partisans les plus ouverts à son action. On connaît aussi
les faits... Une bombe destinée à André Malraux explose à son domicile,
à Boulogne-sur-Seine, mais les plastiqueurs commettent une terrible
« méprise » en posant leur engin au rez-de-chaussée, alors que l’appartement du ministre de la Culture, qui est d’ailleurs absent de chez lui,
est situé au dernier étage. L’explosion atteint au visage une petite fille
de quatre ans, Delphine Renard, qui jouait avec ses poupées... Delphine
perdra un œil et l’on redoutera pendant quelque temps qu’elle devienne
totalement aveugle.
Le capitaine Sergent avait raison : « Je sentis que quelque chose
s’était définitivement rompu entre l’opinion publique en France et l’organisation », estimera-t-il. C’était le moindre. Car de nombreux Français n’avaient pas eu besoin de voir le visage défiguré de Delphine
Renard pour condamner les méthodes de l’OAS. Les conséquences
étaient prévisibles : le 8 février, des milliers de personnes se rassemblaient à l’appel des principaux syndicats et partis de gauche, et, malgré
l’interdiction du ministère de l’intérieur, pour protester contre l’OAS.
Mais les manifestants et la police s’affrontaient, place de la République,
pendant plus de trois heures. La bagarre atteignait son paroxysme au
métro Charonne. On relevait huit morts et de très nombreux blessés
dans la foule, une dizaine de policiers avaient également été blessés.
Le 12 février, meetings et arrêts de travail étaient organisés pour dénoncer les méthodes de la police, une fois de plus mise en cause ; le lendemain quelque cent mille personnes suivaient, plusieurs rangées de
porteurs de couronnes ouvrant le cortège, les cercueils des victimes vers
le cimetière du Père-Lachaise.
Accord provisoire aux Rousses.
Satan décrète l’« offensive généralisée »
• Conscients de l’imminence de la reprise des pourparlers entre les
représentants du gouvernement français et du FLN, les dirigeants de
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
bleue » du 17 au 18 janvier, les explosions perçues des hauteurs et des
banlieues proches donnant une image de lueurs permanentes qui éclairent les lignes des immeubles surgis de l’ombre. Et les plastiquages de
l’OAS tuent, comme le 22 janvier au Quai d’Orsay où une bombe très
puissante provoque la mort d’une personne et en blesse douze autres.
Dans la nuit du 23 au 24 janvier, une sorte de « record » est battu :
vingt-trois attentats au plastic, dont un visait le domicile d’Hubert
Beuve-Méry, le directeur du Monde.
Mais, on le sait désormais, la blessure atroce qui atteint la petite
Delphine Renard, le 7 février 1962, condamne définitivement l’OAS au
regard de ses partisans les plus ouverts à son action. On connaît aussi
les faits... Une bombe destinée à André Malraux explose à son domicile,
à Boulogne-sur-Seine, mais les plastiqueurs commettent une terrible
« méprise » en posant leur engin au rez-de-chaussée, alors que l’appartement du ministre de la Culture, qui est d’ailleurs absent de chez lui,
est situé au dernier étage. L’explosion atteint au visage une petite fille
de quatre ans, Delphine Renard, qui jouait avec ses poupées... Delphine
perdra un œil et l’on redoutera pendant quelque temps qu’elle devienne
totalement aveugle.
Le capitaine Sergent avait raison : « Je sentis que quelque chose
s’était définitivement rompu entre l’opinion publique en France et l’organisation », estimera-t-il. C’était le moindre. Car de nombreux Français n’avaient pas eu besoin de voir le visage défiguré de Delphine
Renard pour condamner les méthodes de l’OAS. Les conséquences
étaient prévisibles : le 8 février, des milliers de personnes se rassemblaient à l’appel des principaux syndicats et partis de gauche, et, malgré
l’interdiction du ministère de l’intérieur, pour protester contre l’OAS.
Mais les manifestants et la police s’affrontaient, place de la République,
pendant plus de trois heures. La bagarre atteignait son paroxysme au
métro Charonne. On relevait huit morts et de très nombreux blessés
dans la foule, une dizaine de policiers avaient également été blessés.
Le 12 février, meetings et arrêts de travail étaient organisés pour dénoncer les méthodes de la police, une fois de plus mise en cause ; le lendemain quelque cent mille personnes suivaient, plusieurs rangées de
porteurs de couronnes ouvrant le cortège, les cercueils des victimes vers
le cimetière du Père-Lachaise.
Accord provisoire aux Rousses.
Satan décrète l’« offensive généralisée »
• Conscients de l’imminence de la reprise des pourparlers entre les
représentants du gouvernement français et du FLN, les dirigeants de
