Les fausses espérances et le chaos
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Les moyens utilisés dans l’attentat sont effectivement très légers, on se
contente d’un simple tir au pistolet-mitrailleur, sans recours au plastic,
pour éviter de faire des victimes. Le dépôt d’une bombe au siège du PC
aurait certainement occasionné des morts et des blessés, et aurait été
beaucoup plus difficile à réaliser, mais la consigne de l’OAS — un principe qui connaîtra de notables exceptions... — est de ne pas porter des
atteintes physiques sur le territoire métropolitain, à l’exception du FLN.
Des exceptions telles que l’assassinat, le 3 janvier, à Alençon, de
M. Locussol, ancien militant du parti communiste en Algérie.
Les «manifestants communistes» sont effectivement descendus
« dans la rue », le 6 janvier, mais leur nombre est ici exagéré, au même
titre que le nombre de CRS mobilisées. Cette manifestation se déroula
d’ailleurs sans incident.
Le pseudo-capitaine André se trompe ou feint de croire que les Français ont applaudi à l’exploit de l’OAS, fût-il dirigé contre le parti
communiste. Ce genre d’action aboutit au résultat contraire en valorisant le rôle du PC. Les dirigeants de la Cagoule avaient été mieux
« inspirés » en faisant exploser le siège du patronat français, rue de
Presbourg. Un attentat qui poursuivait deux objectifs : créer un climat
de panique, brandir la menace anarchiste, et tout autant adresser aux
grandes entreprises un avertissement : si vous rechignez à nous soutenir,
nous saurons nous en souvenir...
Mais les dirigeants de l’OAS étaient plus convaincants lorsqu’ils
déclaraient que ces attentats cherchaient à immobiliser le maximum de
forces de l’ordre en métropole ». C’est ce qu’explicitait le même capitaine Curutchet, au cours de son interrogatoire par le juge d’instruction
Braunschweig, le 2 décembre 196335 :
La Délégation générale [de l’OAS en métropole] avait appris par le Haut
Commandement de l’OAS que le Rocher-Noir [nouveau siège du pouvoir civil
en Algérie] suppliait Paris d’acheminer en Algérie tous les renforts de Gendarmerie mobile et de CRS disponibles pour pallier toute tentative insurrectionnelle de 1’0AS-Sahara aux approches du cessez-le-feu. Alger nous demandait
de faire en sorte de maintenir une forte pression en métropole pour couper
court à tout transfert éventuel...
Cette stratégie que défend le capitaine Sergent face aux éléments les
plus activistes de l’OAS-métro spécialistes des plastiquages tous ,azimuts, est par ailleurs la seule qui préserve l’organisation secrète d une
rupture avec la partie de l’opinion qui lui reste favorable. Mais ce point
de vue ne résiste pas à la pression du groupe des irréductibles du c e
de la « Mission III », André Canal, qui multiplie les attentats au plastic
dans Paris. Dix-huit sont recensés dans la capitale au cours de la « nuit
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Les moyens utilisés dans l’attentat sont effectivement très légers, on se
contente d’un simple tir au pistolet-mitrailleur, sans recours au plastic,
pour éviter de faire des victimes. Le dépôt d’une bombe au siège du PC
aurait certainement occasionné des morts et des blessés, et aurait été
beaucoup plus difficile à réaliser, mais la consigne de l’OAS — un principe qui connaîtra de notables exceptions... — est de ne pas porter des
atteintes physiques sur le territoire métropolitain, à l’exception du FLN.
Des exceptions telles que l’assassinat, le 3 janvier, à Alençon, de
M. Locussol, ancien militant du parti communiste en Algérie.
Les «manifestants communistes» sont effectivement descendus
« dans la rue », le 6 janvier, mais leur nombre est ici exagéré, au même
titre que le nombre de CRS mobilisées. Cette manifestation se déroula
d’ailleurs sans incident.
Le pseudo-capitaine André se trompe ou feint de croire que les Français ont applaudi à l’exploit de l’OAS, fût-il dirigé contre le parti
communiste. Ce genre d’action aboutit au résultat contraire en valorisant le rôle du PC. Les dirigeants de la Cagoule avaient été mieux
« inspirés » en faisant exploser le siège du patronat français, rue de
Presbourg. Un attentat qui poursuivait deux objectifs : créer un climat
de panique, brandir la menace anarchiste, et tout autant adresser aux
grandes entreprises un avertissement : si vous rechignez à nous soutenir,
nous saurons nous en souvenir...
Mais les dirigeants de l’OAS étaient plus convaincants lorsqu’ils
déclaraient que ces attentats cherchaient à immobiliser le maximum de
forces de l’ordre en métropole ». C’est ce qu’explicitait le même capitaine Curutchet, au cours de son interrogatoire par le juge d’instruction
Braunschweig, le 2 décembre 196335 :
La Délégation générale [de l’OAS en métropole] avait appris par le Haut
Commandement de l’OAS que le Rocher-Noir [nouveau siège du pouvoir civil
en Algérie] suppliait Paris d’acheminer en Algérie tous les renforts de Gendarmerie mobile et de CRS disponibles pour pallier toute tentative insurrectionnelle de 1’0AS-Sahara aux approches du cessez-le-feu. Alger nous demandait
de faire en sorte de maintenir une forte pression en métropole pour couper
court à tout transfert éventuel...
Cette stratégie que défend le capitaine Sergent face aux éléments les
plus activistes de l’OAS-métro spécialistes des plastiquages tous ,azimuts, est par ailleurs la seule qui préserve l’organisation secrète d une
rupture avec la partie de l’opinion qui lui reste favorable. Mais ce point
de vue ne résiste pas à la pression du groupe des irréductibles du c e
de la « Mission III », André Canal, qui multiplie les attentats au plastic
dans Paris. Dix-huit sont recensés dans la capitale au cours de la « nuit
