Les fausses espérances et le chaos
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Enlèvement à l’hôpital civil de blida d’un légionnaire déserteur auteur
d’un assassinat pour le compte de l’OAS effectué par deux faux policiers qui
ont utilisé une Peugeot 403 noire et ont présenté des cartes officielles de la
Police au nom de leguenec et bressant.
— Enlèvement à castiglione d’un ouvrier boulanger musulman connu pour
ses sentiments nationalistes et possédant une grosse influence locale, par deux
ou trois individus FSE qui l’ont emmené dans une Peugeot 403 noire. Le corps
a été retrouvé peu après avec une ou deux balles dans la tête sur la RN IL
— Enlèvement à blida d’un patron carrossier FSE âgé de 62 ans, connu
autrefois pour ses idées « avancées » mais depuis longtemps dégagé de toute
action politique, par deux individus qui se sont présentés comme membres de
la Police et l’ont emmené dans une Peugeot 403 noire dont l’aile avant gauche
était cabossée et le numéro minéralogique se terminait par FU 9 A. La victime
a été retrouvée assassinée par balles dans la tête le même jour, près de
CHERAGAS.
Enfin :
— Tentative d’enlèvement du gérant musulman de la ferme gabet, près de
berbessa (M. gabet a été assassiné par les HLL très récemment), par deux ou
trois individus ayant utilisé une camionnette Peugeot 403 grise et qui ont pris
la fuite en abandonnant leur victime au passage fortuit d’une Jeep militaire.
Si l’on comprend bien, une vengeance par « ricochet » — mais la
guerre d’Algérie sera tristement riche en situations inédites dans les
actes de terrorisme... —, cet enlèvement dû à l’OAS, avec les suites
que l’on devine, visant le gérant, probablement complice de l’assassinat
du propriétaire de la ferme...
2. Des renseignements permettent d’envisager que de telles actions seront
poursuivies par des groupes de 2 à 4 hommes se présentant comme des policiers, voire des gendarmes en uniforme et utilisant des voitures classiques. Il
n’est pas impossible que celles-ci soient parfois maquillées en voitures militaires ou que des Jeep soient même utilisées.
3. Les Commandants de Quartier voudront bien en conséquence :
— informer leurs subordonnés de ces agissements en leur recommandant
la discrétion nécessitée par la conservation du secret,
— multiplier, dans la mesure du possible, les opérations de surveillance et
de contrôles fixes et mobiles, conduits en liaison et avec le concours de la
Gendarmerie,
— donner toutes consignes adaptées aux circonstances afin que de tels faits
ne puissent se reproduire et que leurs auteurs soient mis hors d état de nuire.
La note du commandant du secteur de Blida énumère les phases de
contrôle des personnes considérées comme suspectes et précise dans
son sixième paragraphe :
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