Les fausses espérances et le chaos
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des siens ont été les victimes. Réflexes malheureusement naturels de
vengeance qui ont dominé l’histoire de l’Algérie depuis sept années.
Le policier parisien se sait en guerre contre un ennemi souvent redoutable, et d’autant plus qu’il a reçu de sa hiérarchie l’assurance d’un
appui inconditionnel et d’une totale complicité. On a souvent répété les
mots de Maurice Papon lors des obsèques du commissaire Demoen, le
2 octobre 1961, dans la cour de la préfecture de police : « Pour un coup
reçu, nous en porterons dix ! »
Avertissement confirmé par les faits...
Le chef du 3e district expliquera en ces termes l’attitude de la police
le 17 octobre ; la part faite d’une indiscutable indulgence, ils confirment
l’explication générale et y ajoutent un élément important :
La réaction énergique [?] face aux manifestations de masse du 17 octobre,
s’explique parfaitement à l’encontre d’un adversaire sorti de sa clandestinité
et qui depuis des années, se concrétisait enfin, après les lâches attentats de
septembre.
Il ne fait aucun doute que les gardiens ayant enfin la possibilité de liquider
leur contentieux avec le FLN s’y sont largement employés et ont fait partout
bonne mesure [?]. Les brutalités des jours suivants n’ont pas été générales et
elles auraient pu être évitées si les hommes avaient été encadrés, ou tout au
moins commandés par leurs patrons habituels.
Le manque d’encadrement et des modifications dans le commandement ont-elles expliqué en partie les brutalités policières ? C’est un fait
que l’on s’interrogera sur l’opportunité de substituer, dans les forces
de police du département de la Seine, les divisions aux districts, une
modification tardive qui comportait le risque de désorienter les effectifs
et de les soustraire à l’influence de leur hiérarchie coutumière.
De toute manière, Maurice Papon et les chefs de la police savent
qu’ils risquent de n’être pas obéis par leur base s’ils ne la suivent pas,
s’ils donnent des ordres de modération. On pourrait à bon droit ironiser
sur la transposition à peu près totale des situations de la IVe et de la
Ve République. En somme, octobre 1961 répète mai 58. La dissidence
de la police avait contribué à l’effondrement du régime de la IVe ; celui
de la Ve ne pouvait assumer le risque d’une désobéissance ou d’une
mauvaise volonté des forces de l’ordre alors qu’il devait faire face au
défi de l’OAS et qu’il était engagé dans la phase décisive des discussions avec le FLN.
Que furent les résultats de la journée du 17 octobre sur le plan de la
lutte contre le FLN ? À peu près nul puisque aucun responsable d’un
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