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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
mesures de «transfèrement» consécutives aux journées d’octobre
1961. En effet, selon la direction de la réglementation de la Direction
générale de la Sûreté nationale, 5 887 personnes seront transportées de
métropole en Algérie du 11 septembre 1961 au 7 mars 1962, dont 2 299
après le 17 octobre 1961. Sur le chiffre global de 5 887, le nombre des
« transfèrements » à la demande de la préfecture de police entre pour
2 795. Un premier convoi de 500 « transférés » est signalé le
19 octobre.
Mais est-il possible de mettre des chiffres plausibles sur les morts et
les blessés, et de trancher entre les quelque 200 à 300 morts avancés
par certains milieux de gauche et de la mouvance « anticolonialiste »,
et les 7 morts de la préfecture de police, voire les 6 morts du ministère
de l’intérieur, selon ses déclarations devant les sénateurs, le 31 octobre
1961 ?
Personne n’accréditant sérieusement la version officielle, on en viendra rapidement à des bilans complètement fantaisistes sur un fond de
parti pris manifeste et de lynchage médiatique. Il aura fallu en définitive
des travaux comme le recensement des archives de la préfecture de
police qui a fait l’objet d’un rapport (en janvier 1998) que nous avons
déjà mentionné, et plus récemment l’ouvrage très exhaustif de JeanPaul Brunet, près de deux années plus tard, pour obtenir une approche
crédible du nombre des victimes, que justice soit faite de nombre d’affabulations et que les témoignages recueillis soient passés au crible.
Sur l’ensemble des Nord-africains [et donc pas uniquement des Algériens]
dont le corps a été transporté à l’institut médico-légal en 1961, lit-on dans le
rapport de janvier 1998, 232 ont été tués, d’après le registre d’entrée de ce
service, par arme blanche, arme à feu, strangulation ou coups divers. [En
note .-] Le registre ne retient que la cause principale de la mort : un certain
nombre de ces corps ont été jetés à l’eau. — 57 corps sont mentionnés sous
la rubrique « submersion », c’est-à-dire, selon la terminologie de l’IML, que
la mort a pour cause principale la noyade. Au total, le nombre d’homicides
présumés ou en tout cas de morts violentes s’élèverait donc à 289 [pour 1961].
Et les auteurs du rapport ajoutent :
Dans la plupart des cas, l’enquête de la police judiciaire conclut à des règlements de comptes internes ou à des « sanctions » infligées par les mouvements
indépendantistes algériens.
« Dans la plupart des cas » ? Et quels sont les autres ?
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
mesures de «transfèrement» consécutives aux journées d’octobre
1961. En effet, selon la direction de la réglementation de la Direction
générale de la Sûreté nationale, 5 887 personnes seront transportées de
métropole en Algérie du 11 septembre 1961 au 7 mars 1962, dont 2 299
après le 17 octobre 1961. Sur le chiffre global de 5 887, le nombre des
« transfèrements » à la demande de la préfecture de police entre pour
2 795. Un premier convoi de 500 « transférés » est signalé le
19 octobre.
Mais est-il possible de mettre des chiffres plausibles sur les morts et
les blessés, et de trancher entre les quelque 200 à 300 morts avancés
par certains milieux de gauche et de la mouvance « anticolonialiste »,
et les 7 morts de la préfecture de police, voire les 6 morts du ministère
de l’intérieur, selon ses déclarations devant les sénateurs, le 31 octobre
1961 ?
Personne n’accréditant sérieusement la version officielle, on en viendra rapidement à des bilans complètement fantaisistes sur un fond de
parti pris manifeste et de lynchage médiatique. Il aura fallu en définitive
des travaux comme le recensement des archives de la préfecture de
police qui a fait l’objet d’un rapport (en janvier 1998) que nous avons
déjà mentionné, et plus récemment l’ouvrage très exhaustif de JeanPaul Brunet, près de deux années plus tard, pour obtenir une approche
crédible du nombre des victimes, que justice soit faite de nombre d’affabulations et que les témoignages recueillis soient passés au crible.
Sur l’ensemble des Nord-africains [et donc pas uniquement des Algériens]
dont le corps a été transporté à l’institut médico-légal en 1961, lit-on dans le
rapport de janvier 1998, 232 ont été tués, d’après le registre d’entrée de ce
service, par arme blanche, arme à feu, strangulation ou coups divers. [En
note .-] Le registre ne retient que la cause principale de la mort : un certain
nombre de ces corps ont été jetés à l’eau. — 57 corps sont mentionnés sous
la rubrique « submersion », c’est-à-dire, selon la terminologie de l’IML, que
la mort a pour cause principale la noyade. Au total, le nombre d’homicides
présumés ou en tout cas de morts violentes s’élèverait donc à 289 [pour 1961].
Et les auteurs du rapport ajoutent :
Dans la plupart des cas, l’enquête de la police judiciaire conclut à des règlements de comptes internes ou à des « sanctions » infligées par les mouvements
indépendantistes algériens.
« Dans la plupart des cas » ? Et quels sont les autres ?
