Les fausses espérances et le chaos
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A partir du début septembre [1961], les homicides contre les FMA augmentent considérablement [observe le rapport qui publie ce dernier passage
et plusieurs autres en gras].
[Toujours selon le registre de l’IML] d’une vingtaine par mois jusqu’à la
fm août, ils s’élèvent à une cinquantaine en septembre, culminent en octobre
(près de 90), pour décroître en novembre et en décembre... [Et plus loin .]
Environ 40 % des entrées de corps de Nord-Africains à l’institut médico-légal,
en 1961, ont eu lieu en septembre et octobre. [Les deux mois les plus sensibles
de la répression policière...]
[Sous le titre «Les cadavres retrouvés dans l’eau » :] Un changement de
mode opératoire dans les homicides de FMA est observable à partir du
début septembre 1961. Il se manifeste par une très forte augmentation du
nombre de cadavres de FMA découverts dans la Seine, dans la Marne ou dans
les canaux (une cinquantaine pour la période septembre-octobre), corps souvent dépourvus de tous papiers et qui ne peuvent être identifiés. À l’inverse,
les décès par arme à feu sont beaucoup moins fréquents.
Une interrogation sur la cause des décès se fait jour dans des documents
du Service de coordination des informations nord-africaines (SCINA), service qui réunissait, entre autres administrations, la justice, la préfecture de
police, la sûreté nationale, la gendarmerie, les affaires algériennes. Le procèsverbal de la réunion du 4 octobre 1961 aborde la question sans ambages :
« [...] Des cadavres de Musulmans généralement non identifiés sont repêchés
fréquemment et en nombre relativement élevé dans la Seine ou les canaux de
la région parisienne. Il ne semble pas [c 'est nous qui soulignons] que tous
soient victimes de règlements de comptes entre frontistes ou entre frontistes et messalistes. Il apparaît donc que le contre-terrorisme s’insinue
en métropole, jouant le rôle d’un multiplicateur des difficultés actuelles
et compliquant d’autant les solutions possibles du problème. »
La piste du contre-terrorisme en métropole, réplique du contre-terrorisme désormais bien connu en Algérie, dont un organisme on ne peut
plus officiel laisse entrevoir l’existence, n’a probablement pas mérité
jusqu’alors une attention suffisante de la part des historiens et des chercheurs. Sans pour autant appartenir à des groupes organisés, car elle
peut fort bien être imputée à des initiatives individuelles ou à des unités
restreintes agissant en dehors de la hiérarchie, cette action est à même
d’expliquer une partie des homicides d’Algériens pendant et avant le
17 octobre.
Un examen des graphiques contenus dans les registres de 1 Institut
médico-légal sur les « entrées de corps de Nord-Africains >> pour les
mois de septembre et octobre 1961 confirme une évolution très significative. De 50 en septembre, les « entrées » passent à 90 en octobre,
une augmentation dont on peut supposer sans exagération qu elle est
à rapprocher des événements que nous connaissons. Les journées
des 1er et 2 octobre sont très chargées, avec respectivement 9 et 10
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