Les fausses espérances et le chaos
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Le premier objectif des frontistes — la grève des commerçants
musulmans — semble assez bien suivie ; à 12 heures, près de 60 %
d’entre eux ont fermé leurs portes, et la grève est quasi totale dans les
agglomérations de forte population nord-africaine comme à Puteaux.
Après les ordres d’arrestation des commerçants grévistes, une nette tendance à la réouverture est perceptible dans l’après-midi. Dans la soirée,
seule une infime minorité suit encore les consignes du FLN.
Mais l’échec est le plus sensible sur le théâtre des rassemblements.
Tous les accès aux quartiers centraux de Paris où se sont déroulés les
incidents du 17 sont verrouillés, les quelques mouvements enregistrés,
notamment dans les gares, paralysés, les manifestants se laissant appréhender sans résistance. Le nombre des manifestants se situe entre 3 000
et 4 000, dont 1 846 seront arrêtés, ce qui constitue une proportion,
comme la veille, très importante. Paris protégé, les manifestations les
plus importantes et les incidents les plus graves ont lieu dans la banlieue
Ouest, à Nanterre et à Colombes. Deux FMA sont tués, vers 22 heures,
avenue Henri-Barbusse, à Colombes, alors que la police dispersait une
manifestation, Achour Belkacemi, par le tir d’un gardien de la paix, et
Abdelkader Bennahan, retrouvé mort sur la chaussée.
Les 19 et 20 octobre sonnent le glas des espoirs d’un FLN à bout de
souffle... Quelques rassemblements épars, le 19 ; succès très limité de
la journée des « femmes » le 20. La police guette les mouvements de
groupes insolites dans les gares et les arrêts de bus... Un millier de
femmes environ réussissent cependant à défiler dans les rues de Paris
en lançant des youyous et des slogans nationalistes. Aucun incident
grave. 979 d’entre elles et 595 enfants sont rassemblés dans les centres
et foyers sociaux qui avaient été réquisitionnés, avant d’être reconduits
par des autobus à leur domicile.
— 14 094 personnes ont été interpellées pendant les trois journées
des 17, 18 et 19 octobre 1961, sans compter les femmes et les enfants
du 20 octobre, selon le préfet de police dans une déclaration devant le
Conseil municipal le 27 octobre, information confirmée par le ministre
de l’intérieur au Sénat le 31.
— 2 000 manifestants ont été conduits au Centre d’identification de
Vincennes en attendant qu’il soit statué sur leur élargissement ou leur
«transfèrement», en application d’une ordonnance du 7 octobre 1958
qui permet au ministre de l’intérieur d’assigner des FMA à résidence
en Algérie.
Le «CIV», rappelons-le, existait depuis janvier 1959. Il avait été
créé pour le contrôle des FMA interpellés sur la voie publique dont la
situation justifiait un complément d’information.
Mais le chiffre de 2 000 ne donne qu’une évaluation imparfaite des
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Le premier objectif des frontistes — la grève des commerçants
musulmans — semble assez bien suivie ; à 12 heures, près de 60 %
d’entre eux ont fermé leurs portes, et la grève est quasi totale dans les
agglomérations de forte population nord-africaine comme à Puteaux.
Après les ordres d’arrestation des commerçants grévistes, une nette tendance à la réouverture est perceptible dans l’après-midi. Dans la soirée,
seule une infime minorité suit encore les consignes du FLN.
Mais l’échec est le plus sensible sur le théâtre des rassemblements.
Tous les accès aux quartiers centraux de Paris où se sont déroulés les
incidents du 17 sont verrouillés, les quelques mouvements enregistrés,
notamment dans les gares, paralysés, les manifestants se laissant appréhender sans résistance. Le nombre des manifestants se situe entre 3 000
et 4 000, dont 1 846 seront arrêtés, ce qui constitue une proportion,
comme la veille, très importante. Paris protégé, les manifestations les
plus importantes et les incidents les plus graves ont lieu dans la banlieue
Ouest, à Nanterre et à Colombes. Deux FMA sont tués, vers 22 heures,
avenue Henri-Barbusse, à Colombes, alors que la police dispersait une
manifestation, Achour Belkacemi, par le tir d’un gardien de la paix, et
Abdelkader Bennahan, retrouvé mort sur la chaussée.
Les 19 et 20 octobre sonnent le glas des espoirs d’un FLN à bout de
souffle... Quelques rassemblements épars, le 19 ; succès très limité de
la journée des « femmes » le 20. La police guette les mouvements de
groupes insolites dans les gares et les arrêts de bus... Un millier de
femmes environ réussissent cependant à défiler dans les rues de Paris
en lançant des youyous et des slogans nationalistes. Aucun incident
grave. 979 d’entre elles et 595 enfants sont rassemblés dans les centres
et foyers sociaux qui avaient été réquisitionnés, avant d’être reconduits
par des autobus à leur domicile.
— 14 094 personnes ont été interpellées pendant les trois journées
des 17, 18 et 19 octobre 1961, sans compter les femmes et les enfants
du 20 octobre, selon le préfet de police dans une déclaration devant le
Conseil municipal le 27 octobre, information confirmée par le ministre
de l’intérieur au Sénat le 31.
— 2 000 manifestants ont été conduits au Centre d’identification de
Vincennes en attendant qu’il soit statué sur leur élargissement ou leur
«transfèrement», en application d’une ordonnance du 7 octobre 1958
qui permet au ministre de l’intérieur d’assigner des FMA à résidence
en Algérie.
Le «CIV», rappelons-le, existait depuis janvier 1959. Il avait été
créé pour le contrôle des FMA interpellés sur la voie publique dont la
situation justifiait un complément d’information.
Mais le chiffre de 2 000 ne donne qu’une évaluation imparfaite des
