Les fausses espérances et le chaos
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la proportion des arrestations : 11 538 FMA exactement ont été appréhendés, qu’il va falloir diriger vers les centres de regroupement. 6 263
sont conduits au Palais des sports, 2 623 au stade de Coubertin ; 350
environ sont retenus au poste central Opéra, 259 au commissariat central du 3e arrondissement ; 1 529 dans d’autres postes de police.
Les conditions de ces regroupements seront lamentables. Les témoignages sont sur ce point aussi nombreux qu’unanimes...
[...] Elles ont longtemps été rendues mauvaises, en premier lieu par le
nombre excessif de FMA amenés, constatera le commissaire principal du
16e arrondissement degrange, responsable du stade de Coubertin dans une
note du 24 octobre. Le petit court a été longtemps occupé (pendant plus de
24 heures) par un millier de FMA debout [...]. La nourriture était suffisante
dans l’ensemble, mais les aliments chauds étaient placés dans des récipients
individuels qu’il n’a jamais été possible de faire laver. Neuf tinettes installées
au matin du 20 [/] n’ont été vidées qu’à 18 heures... La moitié du parc et du
court fut couverte d’excréments liquides et d’urine.
Devant le nombre croissant de détenus pris de malaise dans la journée du
vendredi, ajoute le commissaire degrange, j’ai accéléré la libération des
mineurs, et ouvert une partie non réquisitionnée du court central pour décharger le petit court...
Au Palais des sports, « plus de 24 heures après leur arrivée, note
Jean-Paul Brunet, les Algériens n’avaient reçu ni couverture ni nourriture substantielle »...
La contribution la plus accablante, en particulier parce qu’elle évoque
l’état et le sort des blessés, est due à M. Eugène Claudius-Petit dans
une intervention à l’Assemblée nationale, le 30 octobre. Ce n’est pas
n’importe qui M. Claudius-Petit... Député de la Loire, membre du
groupe Progrès et Démocratie Moderne (PDM) de Jacques Duhamel,
comme Jacques Barrot, plusieurs fois ministre pendant la IVe République, il fut un des membres fondateurs du Conseil national de la
Résistance, président du Mouvement de libération nationale. Compagnon de la Libération, son interpellation prend d’autant plus de poids
lorsque le ministre de l’intérieur, gaulliste, s’appelle M. Roger Frey.
M. Claudius-Petit prévient qu’il ne rapportera aucun fait qui ne soit
attesté par des témoins :
Palais des sports. On y amène des groupes pris dans les rafles. Étant donné
leur état, on fait appel à des médecins militaires. Ce sont des appelés. Des
équipes se succèdent. Elles comprennent chacune deux médecins militaires,
quatre infirmiers et un sous-officier [car on fait souvent appel à l armée, ce
17 octobre et les jours suivants...]. Elles se sont succédé à partir du mardi
soir. Je ne raconterai que ce qu’a vu la troisième équipe, celle qui a pris son
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