Les fausses espérances et le chaos
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clandestins, les réunions de ses militants, la préparation des attentats.
Jean-Paul Brunet, l’un des auteurs les mieux informés et les plus objectifs — le fait est suffisamment rare pour être mentionné —, note que,
« à partir du 7 octobre et jusqu’au 16, le nombre de corps de NordAfricains entrés à l’IML [Institut médico-légal] tomba à deux par jour
en moyenne ».
Il s’agit pour la Fédération du FLN en France de mettre un terme à
l’asphyxie qui la menace à Paris et dans la région parisienne. Elle en
réfère au Comité fédéral du FLN à Cologne ; le 10 octobre, celui-ci
donne son accord au plan qui lui a été proposé. Soit l’organisation, deux
soirs de suite, de grandes manifestations dans les points névralgiques de
Paris, d’une grève des commerçants musulmans et d’un rassemblement
des femmes et des enfants sur les lieux de détention des hommes qui
auront été arrêtés.
Les ordres de mobilisation partent, non sans difficulté en raison du
couvre-feu, à destination des zones de concentration de populations
nord-africaines. La date du 14 octobre — un samedi —, initialement
retenue pour le premier jour de la manifestation, est reportée au 17.
Et ce n’est qu’à 16 h 20, ce 17 octobre, que l’état-major de la préfecture expédie aux services et aux unités les télégrammes leur demandant,
entre autres, « d’appréhender les FMA qui manifesteraient sur la voie
publique et particulièrement sur les grandes voies de la capitale ». À
17 heures, le Palais des sports de la porte de Versailles et le stade de
Coubertin sont réquisitionnés pour y rassembler les manifestants qui
seront interpellés, et permettre les vérifications d’identité et de situation. De même est-il décidé de réquisitionner un certain nombre
d’agents et d’autobus de la RATP pour le transport vers les lieux de
regroupement.
De toute évidence, la préfecture n’a été prévenue que très tard, vraisemblablement dans la nuit du 16 au 17, des décisions du FLN. On a
donc paré au plus pressé, mais les forces de l’ordre vont se révéler très
rapidement insuffisantes : 30 sections relevant de la police municipale
— effectif relevé à 106 le lendemain 18 octobre — qui reçoivent le
renfort de trois escadrons de gendarmerie mobile et de deux CRS. Or
selon le rapport d’activité de la Direction Générale de la Police Municipale (DGPM) pour l’année 1961, et à titre d’exemples, 30 sections
avaient été requises pour la grève des usines Thomson le 28 mars précédent, et 24 pour le monome du bac les 13 et 14 juin ! Et la mission,
auteur du rapport remis à Jean-Pierre Chevènement, d émettre ce
constat d’importance :
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clandestins, les réunions de ses militants, la préparation des attentats.
Jean-Paul Brunet, l’un des auteurs les mieux informés et les plus objectifs — le fait est suffisamment rare pour être mentionné —, note que,
« à partir du 7 octobre et jusqu’au 16, le nombre de corps de NordAfricains entrés à l’IML [Institut médico-légal] tomba à deux par jour
en moyenne ».
Il s’agit pour la Fédération du FLN en France de mettre un terme à
l’asphyxie qui la menace à Paris et dans la région parisienne. Elle en
réfère au Comité fédéral du FLN à Cologne ; le 10 octobre, celui-ci
donne son accord au plan qui lui a été proposé. Soit l’organisation, deux
soirs de suite, de grandes manifestations dans les points névralgiques de
Paris, d’une grève des commerçants musulmans et d’un rassemblement
des femmes et des enfants sur les lieux de détention des hommes qui
auront été arrêtés.
Les ordres de mobilisation partent, non sans difficulté en raison du
couvre-feu, à destination des zones de concentration de populations
nord-africaines. La date du 14 octobre — un samedi —, initialement
retenue pour le premier jour de la manifestation, est reportée au 17.
Et ce n’est qu’à 16 h 20, ce 17 octobre, que l’état-major de la préfecture expédie aux services et aux unités les télégrammes leur demandant,
entre autres, « d’appréhender les FMA qui manifesteraient sur la voie
publique et particulièrement sur les grandes voies de la capitale ». À
17 heures, le Palais des sports de la porte de Versailles et le stade de
Coubertin sont réquisitionnés pour y rassembler les manifestants qui
seront interpellés, et permettre les vérifications d’identité et de situation. De même est-il décidé de réquisitionner un certain nombre
d’agents et d’autobus de la RATP pour le transport vers les lieux de
regroupement.
De toute évidence, la préfecture n’a été prévenue que très tard, vraisemblablement dans la nuit du 16 au 17, des décisions du FLN. On a
donc paré au plus pressé, mais les forces de l’ordre vont se révéler très
rapidement insuffisantes : 30 sections relevant de la police municipale
— effectif relevé à 106 le lendemain 18 octobre — qui reçoivent le
renfort de trois escadrons de gendarmerie mobile et de deux CRS. Or
selon le rapport d’activité de la Direction Générale de la Police Municipale (DGPM) pour l’année 1961, et à titre d’exemples, 30 sections
avaient été requises pour la grève des usines Thomson le 28 mars précédent, et 24 pour le monome du bac les 13 et 14 juin ! Et la mission,
auteur du rapport remis à Jean-Pierre Chevènement, d émettre ce
constat d’importance :
