Les fausses espérances et le chaos
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grièvement blessé lui aussi, rue Beaubourg, à Paris. Contre un gardien
de la paix, rue de Ménilmontant, qui survivra à ses blessures.
— Le 4 septembre, le commissaire Grandjouan est assassiné à SaintDenis dans des circonstances qui font supposer que les deux avocats
chargés de la défense des auteurs d’un assassinat précédent se sont
servis de leur connaissance du dossier pour désigner le policier comme
responsable de l’arrestation.
• 5 septembre. Devant la recrudescence, ou mieux la persistance des
attentats, le préfet de police Maurice Papon adresse au Service de Coordination des Affaires Algériennes (SCAA) et au directeur de la police
municipale une note dans laquelle il leur fixe comme objectifs de « reprendre fermement l’offensive dans tous les secteurs, harceler l’organisation administrative du FLN, pourchasser les collecteurs de fonds,
rechercher les dépôts d’armes, neutraliser les groupes de choc ».
En première ligne de cette mobilisation qui touche toutes les formations de la préfecture, la FAP et les équipes spéciales de la police municipale en civil ou en uniforme.
Cette note prescrit à l’égard des suspects contrôlés ou appréhendés
au cours des contrôles et des rafles, dont il apparaît qu’ils sont sans
emploi ou ne disposent pas de ressources régulières, voire qu’ils sont
logés dans des hôtels réputés pour servir d’hébergement au FLN, un
«refoulement» sur l’Algérie. Et l’on agira sans barguigner, en
employant des moyens massifs, et avec rapidité, dans le cadre du Centre
d’identification de Vincennes (CIV) qui fonctionne d’ailleurs depuis
janvier 1959. Devront être multipliées les vérifications pour empêcher
les réunions des chefs du FLN dans les cafés, d’autres établissements
européens, ou dans les HLM occupées par des familles musulmanes.
Sans oublier les Européens qui facilitent le dépôt, le transport des collectes et les contacts entre les agents de l’adversaire.
La note de Maurice Papon ajoute, et ce n’est pas... un détail : « Les
membres de groupes de choc surpris en flagrant délit crime devront être
abattus sur place par les forces de l’ordre. »
Comme pour justifier les consignes du préfet de police, le 11 septembre un policier est abattu à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hautsde-Seine, et un autre dans le 17e arrondissement à Paris.
— Le 12, deux gendarmes sont voués au même sort à Maubeuge,
dans le Nord.
— Le 14, et une nouvelle fois à Saint-Denis, un policier tombe sous
les balles des terroristes. Lui ne se relèvera pas des blessures qu il avait
reçues...
— Le 1er octobre est assassiné le brigadier Demoen à Créteil, et le
jour même un de ses collègues dans le 14e arrondissement à Paris.
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