Les fausses espérances et le chaos
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« L’OAS frappe où il veut... quand il veut. » Le slogan d’avril 1960
n’a jamais été autant d’actualité que pendant le sombre automne 1961.
Si l’attentat contre le général et Mme de Gaulle (celle-ci partagea avec
un rare courage ces moments d’infortune), éclipse en partie les expéditions punitives de l’organisation, l’œuvre de mort a continué en Algérie.
Les dirigeants de la police sont les premières cibles désignées aux
commandos « Delta » de Roger Degueldre. Le commissaire Goldenberg
est assassiné à Alger le 20 septembre ; le commandant Poste, de la
Sécurité militaire, le suivra dans la mort, le 23 octobre.
• Le 6 octobre, cependant, le gouvernement espagnol qui avait jusqu’alors assuré un accueil bienveillant aux conjurés — l’Espagne, terre
d’exil pour tous les comploteurs depuis la Cagoule et les naufragés de
la Collaboration depuis 1944... —, le régime du général Franco, cédant
aux instances de Paris, se décide à agir. Dix-sept membres de l’OAS
dits du « groupe de Madrid », sont arrêtés et transférés aux Canaries.
Ils ne sont pas n’importe qui : Antoine Argoud, le colonel Lacheroy,
Pierre Lagaillarde, Joseph Ortiz.
Octobre 1961 : les torts partagés31
• Bonne nouvelle d’un côté, mauvaise d’un autre... Le 17 octobre
s’ouvre un nouveau front — un de plus ! — pour le général de Gaulle
et le gouvernement de Michel Debré.
On ne saurait bien entendu séparer les 17 et 18 octobre de leur
contexte. En un mot les brutalités policières — l’expression d’ailleurs
reste bien faible — sont corrélativement le produit d’une succession
d’agressions contre les forces de l’ordre. Les harkis de la FPA
« paient » tout à la fois leurs méthodes et leurs résultats dans la lutte
contre le FLN à Paris. Après cinq mois d’activités, au mois de mars
1960, alors que le capitaine Montaner installe une compagnie dans le
13e arrondissement, la FPA peut déjà afficher l’arrestation de trois cents
militants frontistes ou sympathisants. Mais le jour même de sa prise de
fonctions à la Goutte d’Or, le 20 novembre 1960, une compagnie de la
FPA est attaquée par un commando du FLN qui perd huit hommes et
abandonne plusieurs armes automatiques sur le terrain.
Début 1961, on ne réussit plus à dénombrer les agressions contre les
policiers dans la région parisienne, Cependant, et pour un bilan aussi
précis que possible :
— Janvier : un policier est tué à Saint-Denis.
— Février-mars ; trois policiers tués et douze blessés dans la région
parisienne.
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