Les années perdues
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spectaculaires. On assiste en effet à une tentative d’encerclement et de
contrôle de la sous-préfecture, par deux groupes d’une centaine de cavaliers en provenance de Sedrata, bientôt renforcés d’éléments de la même
région, et dans le centre, au marché à bestiaux, par un rassemblement
de quelque deux mille autres manifestants, dont certains sont armés de
mitraillettes.
À l’intérieur de la ville, on procède à la dispersion des groupes hostiles et
à l’arrestation d’individus douteux. Des civils se joignent à la gendarmerie et
partent pour dégager les fermes isolées et les communes voisines, poursuit le
général Henry Martin dans son rapport17.
petit, à peine évacué, est entièrement pillé.
millésimo ne peut être atteint par la patrouille mixte de gendarmes et de
civils qu’en répondant au feu des indigènes et en démolissant trois barrages
de pierres édifiés en travers de la route. On y trouve le cadavre d’un colon
[M. Missud] assassiné dans sa voiture.
À bled gaffar, un colon [M. Bezzina] est tué et une ferme encerclée. Une
patrouille de gendarmes envoyée jusque-là ne peut atteindre le centre, tant le
feu des indigènes est violent. La ferme zahra sur la route de Gounod, assiégée,
est dégagée vers 19 heures.
Vers 22 heures, on apprend que la ferme dimeck, sur la route de Gounod, est
encerclée également, que la voie ferrée est coupée entre Guelma et Duvivier, et
que le cheminot gauci a été assassiné alors qu’il inspectait la voie.
Dans la plupart des directions, les communications télégraphiques et téléphoniques sont coupées ; Guelma est complètement isolé de Gounod, d’AïnAmara et de Sedrata.
La défense s’organise pour la nuit ; elle est assurée par les tirailleurs et par
des postes civils.
« Des civils se joignent à la gendarmerie... » Sous ces mots du rapport se dissimule une forme de lutte contre l’insurrection qui avait reçu
l’aval des autorités à l’origine de la colonisation, l’organisation de
milices civiles d’autodéfense qui, à Guelma, Bône et dans d’autres
centres, vont être associées à la répression. A Guelma, c’est le souspréfet André Achiari qui en prend la tête, rassemblant quelque
250 hommes armés qui ne se contentent pas d’autoprotection mais partent en mission aux côtés des forces de l’ordre. Achiari est déjà en 1945
une personnalité familière des Européens d’Algérie en raison de sa participation active à la préparation du débarquement du 8 novembre — il
était alors chef de la brigade de sécurité du territoire —, aux côtés
notamment de Jacques Lemaigre-Dubreuil, directeur des Huiles
Lesieur, Jean Rigault, son adjoint, Henri d’Astier de la Vigerie,
Alphonse Van Heck, chef des Chantiers de Jeunesse, et Jacques Tarbé
de Saint-Hardouin, collaborateur du général Weygand.
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spectaculaires. On assiste en effet à une tentative d’encerclement et de
contrôle de la sous-préfecture, par deux groupes d’une centaine de cavaliers en provenance de Sedrata, bientôt renforcés d’éléments de la même
région, et dans le centre, au marché à bestiaux, par un rassemblement
de quelque deux mille autres manifestants, dont certains sont armés de
mitraillettes.
À l’intérieur de la ville, on procède à la dispersion des groupes hostiles et
à l’arrestation d’individus douteux. Des civils se joignent à la gendarmerie et
partent pour dégager les fermes isolées et les communes voisines, poursuit le
général Henry Martin dans son rapport17.
petit, à peine évacué, est entièrement pillé.
millésimo ne peut être atteint par la patrouille mixte de gendarmes et de
civils qu’en répondant au feu des indigènes et en démolissant trois barrages
de pierres édifiés en travers de la route. On y trouve le cadavre d’un colon
[M. Missud] assassiné dans sa voiture.
À bled gaffar, un colon [M. Bezzina] est tué et une ferme encerclée. Une
patrouille de gendarmes envoyée jusque-là ne peut atteindre le centre, tant le
feu des indigènes est violent. La ferme zahra sur la route de Gounod, assiégée,
est dégagée vers 19 heures.
Vers 22 heures, on apprend que la ferme dimeck, sur la route de Gounod, est
encerclée également, que la voie ferrée est coupée entre Guelma et Duvivier, et
que le cheminot gauci a été assassiné alors qu’il inspectait la voie.
Dans la plupart des directions, les communications télégraphiques et téléphoniques sont coupées ; Guelma est complètement isolé de Gounod, d’AïnAmara et de Sedrata.
La défense s’organise pour la nuit ; elle est assurée par les tirailleurs et par
des postes civils.
« Des civils se joignent à la gendarmerie... » Sous ces mots du rapport se dissimule une forme de lutte contre l’insurrection qui avait reçu
l’aval des autorités à l’origine de la colonisation, l’organisation de
milices civiles d’autodéfense qui, à Guelma, Bône et dans d’autres
centres, vont être associées à la répression. A Guelma, c’est le souspréfet André Achiari qui en prend la tête, rassemblant quelque
250 hommes armés qui ne se contentent pas d’autoprotection mais partent en mission aux côtés des forces de l’ordre. Achiari est déjà en 1945
une personnalité familière des Européens d’Algérie en raison de sa participation active à la préparation du débarquement du 8 novembre — il
était alors chef de la brigade de sécurité du territoire —, aux côtés
notamment de Jacques Lemaigre-Dubreuil, directeur des Huiles
Lesieur, Jean Rigault, son adjoint, Henri d’Astier de la Vigerie,
Alphonse Van Heck, chef des Chantiers de Jeunesse, et Jacques Tarbé
de Saint-Hardouin, collaborateur du général Weygand.
