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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
est en voie d’être rétabli. Vingt-neuf policiers et dix-sept civils européens ont été blessés. On compte un mort, un blessé grave et une trentaine de blessés légers parmi les manifestants.
Dans le département d’Alger, des incidents sont signalés dans
l’après-midi à Blida, à la fin du défilé. Des manifestants musulmans
tirent des coups de feu et se mesurent à la police. Il y a neuf blessés.
L’émeute rebondit violemment, dans la nuit du 8 au 9, dans la région
de Sétif. Le centre de Chevreul, à quelque 60 kilomètres de Sétif, est
attaqué à 2 heures du matin, un colon est tué, quatre femmes sont violées, le village est pillé et incendié. La plus grande partie des Européens
ont eu la chance de se réfugier à la gendarmerie où ils se sont organisés
en autodéfense. Les renforts n’arrivent que le 10, mais suffisamment
tôt pour empêcher que les émeutiers ne fassent sauter la caserne de la
gendarmerie à la dynamite.
À Kerrata, le 8 mai, une partie de la population a pu gagner le château tandis que les gendarmes transformaient leurs locaux en îlot de
résistance. Mais c’est le lendemain que les émeutiers se déchaînent,
incendiant l’immeuble de la Poste, des Contributions et la Justice de
paix. Huit Européens sont massacrés, dont le juge de paix et sa femme.
Le village est dégagé en fin de matinée par les gardes mobiles montés
sur des half-tracks.
Des événements identiques se déroulent, toujours le 9, à Lafayette.
Vers 17 heures, les manifestants assiègent le bordj de la Commune
mixte, attaquent la Justice de paix et s’en prennent à des maisons Israélites dont trois des occupants sont tués.
Le nombre des morts s’élève à onze pour la journée du 9 à Chevreul,
Kerrata et Lafayette.
Pendant le même temps, les maisons isolées des gardes forestiers ont
été assaillies, six d’entre eux et autant de membres de leurs familles
sont assassinés dans des conditions atroces.
Dans cette région Nord de Sétif [la région de la Kabylie des Babor], on
peut compter en tout 73 morts et autant de blessés, dont certains grièvement.
Plusieurs femmes et jeunes filles ont été violées ; les cadavres ont été
mutilés16.
À Guelma, sud-ouest de Bône, et dans la région, les affrontements
opposent en nombre émeutiers et forces de l’ordre. En début de matinée, toujours le 9 mai, trois groupes de musulmans armés se heurtent à
une patrouille de gendarmes, une fusillade s’ensuit, plusieurs musulmans sont tués. Mais c’est au cours de l’après-midi que les engagements
le mot n est pas trop fort — sont les plus durs et les plus
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
est en voie d’être rétabli. Vingt-neuf policiers et dix-sept civils européens ont été blessés. On compte un mort, un blessé grave et une trentaine de blessés légers parmi les manifestants.
Dans le département d’Alger, des incidents sont signalés dans
l’après-midi à Blida, à la fin du défilé. Des manifestants musulmans
tirent des coups de feu et se mesurent à la police. Il y a neuf blessés.
L’émeute rebondit violemment, dans la nuit du 8 au 9, dans la région
de Sétif. Le centre de Chevreul, à quelque 60 kilomètres de Sétif, est
attaqué à 2 heures du matin, un colon est tué, quatre femmes sont violées, le village est pillé et incendié. La plus grande partie des Européens
ont eu la chance de se réfugier à la gendarmerie où ils se sont organisés
en autodéfense. Les renforts n’arrivent que le 10, mais suffisamment
tôt pour empêcher que les émeutiers ne fassent sauter la caserne de la
gendarmerie à la dynamite.
À Kerrata, le 8 mai, une partie de la population a pu gagner le château tandis que les gendarmes transformaient leurs locaux en îlot de
résistance. Mais c’est le lendemain que les émeutiers se déchaînent,
incendiant l’immeuble de la Poste, des Contributions et la Justice de
paix. Huit Européens sont massacrés, dont le juge de paix et sa femme.
Le village est dégagé en fin de matinée par les gardes mobiles montés
sur des half-tracks.
Des événements identiques se déroulent, toujours le 9, à Lafayette.
Vers 17 heures, les manifestants assiègent le bordj de la Commune
mixte, attaquent la Justice de paix et s’en prennent à des maisons Israélites dont trois des occupants sont tués.
Le nombre des morts s’élève à onze pour la journée du 9 à Chevreul,
Kerrata et Lafayette.
Pendant le même temps, les maisons isolées des gardes forestiers ont
été assaillies, six d’entre eux et autant de membres de leurs familles
sont assassinés dans des conditions atroces.
Dans cette région Nord de Sétif [la région de la Kabylie des Babor], on
peut compter en tout 73 morts et autant de blessés, dont certains grièvement.
Plusieurs femmes et jeunes filles ont été violées ; les cadavres ont été
mutilés16.
À Guelma, sud-ouest de Bône, et dans la région, les affrontements
opposent en nombre émeutiers et forces de l’ordre. En début de matinée, toujours le 9 mai, trois groupes de musulmans armés se heurtent à
une patrouille de gendarmes, une fusillade s’ensuit, plusieurs musulmans sont tués. Mais c’est au cours de l’après-midi que les engagements
le mot n est pas trop fort — sont les plus durs et les plus
