Les années perdues
35
Plus spectaculaire encore :
À périgotville, vers 15 heures, les insurgés pénètrent à l’intérieur du Bordj
et s’emparent de l’armement du centre de colonisation : 45 fusils Lebel et
10 000 cartouches. Ils attaquent ensuite les Européens et pillent les maisons.
Ils tuent deux jeunes soldats alsaciens chargés d’escorter un colon qui accourait de Sétif au secours de sa famille. Le massacre ne cesse que le soir, à
l’arrivée dans la ville d’une voiture blindée : une douzaine de cadavres sauvagement mutilés y sont relevés.
À aïn-abessa, vers 21 h 45, un millier d’indigènes armés font le siège de la
caserne de Gendarmerie où la population européenne s’est réfugiée, et tuent
un colon.
Aïn-Abessa sera délivré le 9 à 0 h 45 par deux sections d’infanterie.
Vers 22 heures, de gros rassemblements d’indigènes se forment autour du
centre de lafayette. Sur l’intervention de l’Administrateur, de notables et
d’un avocat secrétaire général des « Amis du Manifeste », les attroupements
se dispersent dans la nuit. Néanmoins, les lignes téléphoniques et télégraphiques sont coupées, isolant complètement le village.
À saint-arnaud, vers 9 heures, 2 000 indigènes défilent en ville, poussant
des cris antifrançais. Vers 10 heures le bruit court qu’une insurrection a éclaté
à Sétif ; les indigènes de Saint-Arnaud se groupent, porteurs de bâtons et de
couteaux.
La résistance s’organise : sur ordre du Commandant de la Subdivision de
Sétif, les armes du Centre de Défense sont distribuées. Grâce à ces mesures
et à l’attitude ferme de la population européenne, l’insurrection est évitée.
Le centre de sillègue, 20 km au nord de Saint-Arnaud, est assiégé dans
l’après-midi par des groupes d’indigènes armés. Ce n’est qu’à 19 h 30 que
l’Administrateur de Saint-Arnaud peut être prévenu de la situation à Sillègue,
où plusieurs maisons sont en flammes. À 23 h 30 la troupe dégage le Centre
et relève trois cadavres européens. Trois maisons sont détruites par le feu et
tout le village a été pillé.
À Djidjelli, 2 000 indigènes manifestent mais l’ordre n’est pas troublé.
À Constantine, également dans l’après-midi, la police épaulée par
une section de tirailleurs sénégalais et soutenue par une automitrailleuse
disperse, sans incident, un fort rassemblement en formation.
Dans la région de Bône, c’est à Bône même que se produisent, vers
15 heures, les faits les plus graves entre des manifestants musulmans
qui brandissaient un étendard vert avec le croissant et l’étoile, et la
police, qui tentait de s’en emparer. Une violente bagarre s’ensuit, des
dizaines de coups de feu sont tirés. Un renfort de police et une section
de tirailleurs dégagent la place, mais un millier de musulmans se dirigent vers la sous-préfecture dont ils brisent les vitres, puis débouchent
sur la Cité Auzas. Là, ils attaquent des Européens. À 17 h 15, l’ordre
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Plus spectaculaire encore :
À périgotville, vers 15 heures, les insurgés pénètrent à l’intérieur du Bordj
et s’emparent de l’armement du centre de colonisation : 45 fusils Lebel et
10 000 cartouches. Ils attaquent ensuite les Européens et pillent les maisons.
Ils tuent deux jeunes soldats alsaciens chargés d’escorter un colon qui accourait de Sétif au secours de sa famille. Le massacre ne cesse que le soir, à
l’arrivée dans la ville d’une voiture blindée : une douzaine de cadavres sauvagement mutilés y sont relevés.
À aïn-abessa, vers 21 h 45, un millier d’indigènes armés font le siège de la
caserne de Gendarmerie où la population européenne s’est réfugiée, et tuent
un colon.
Aïn-Abessa sera délivré le 9 à 0 h 45 par deux sections d’infanterie.
Vers 22 heures, de gros rassemblements d’indigènes se forment autour du
centre de lafayette. Sur l’intervention de l’Administrateur, de notables et
d’un avocat secrétaire général des « Amis du Manifeste », les attroupements
se dispersent dans la nuit. Néanmoins, les lignes téléphoniques et télégraphiques sont coupées, isolant complètement le village.
À saint-arnaud, vers 9 heures, 2 000 indigènes défilent en ville, poussant
des cris antifrançais. Vers 10 heures le bruit court qu’une insurrection a éclaté
à Sétif ; les indigènes de Saint-Arnaud se groupent, porteurs de bâtons et de
couteaux.
La résistance s’organise : sur ordre du Commandant de la Subdivision de
Sétif, les armes du Centre de Défense sont distribuées. Grâce à ces mesures
et à l’attitude ferme de la population européenne, l’insurrection est évitée.
Le centre de sillègue, 20 km au nord de Saint-Arnaud, est assiégé dans
l’après-midi par des groupes d’indigènes armés. Ce n’est qu’à 19 h 30 que
l’Administrateur de Saint-Arnaud peut être prévenu de la situation à Sillègue,
où plusieurs maisons sont en flammes. À 23 h 30 la troupe dégage le Centre
et relève trois cadavres européens. Trois maisons sont détruites par le feu et
tout le village a été pillé.
À Djidjelli, 2 000 indigènes manifestent mais l’ordre n’est pas troublé.
À Constantine, également dans l’après-midi, la police épaulée par
une section de tirailleurs sénégalais et soutenue par une automitrailleuse
disperse, sans incident, un fort rassemblement en formation.
Dans la région de Bône, c’est à Bône même que se produisent, vers
15 heures, les faits les plus graves entre des manifestants musulmans
qui brandissaient un étendard vert avec le croissant et l’étoile, et la
police, qui tentait de s’en emparer. Une violente bagarre s’ensuit, des
dizaines de coups de feu sont tirés. Un renfort de police et une section
de tirailleurs dégagent la place, mais un millier de musulmans se dirigent vers la sous-préfecture dont ils brisent les vitres, puis débouchent
sur la Cité Auzas. Là, ils attaquent des Européens. À 17 h 15, l’ordre
