Les fausses espérances et le chaos
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compte profiter du répit des vacances, de l’assouplissement des oppositions
pour liquider l’affaire et mettre tout le monde devant le fait accompli, il espère
faire face, à la rentrée, aux difficultés de tous ordres qui menacent le régime
en proclamant qu’il a apporté la paix, si désastreuse qu’elle soit et ne fût-elle
qu’une apparence.
Il est d’ores et déjà en train de commencer à rendre les choses irréversibles.
Le départ brusqué de la IIe DI [la 2e division d’infanterie, qui vient de rentrer
en métropole] et qui sera suivi par d’autres [ce qui exact] en est un test ; un
autre signe est une circulaire facilitant les mutations en Métropole. Je suis
convaincu que nous allons assister dans les prochaines semaines à une série
de mesures plus ou moins partielles, plus ou moins camouflées, qui tendront
toutes à cette préparation sournoise de l’abandon.
L’opinion, la population seront mises ainsi par paliers devant une situation
irréversible.
Le départ de la IIe DI a été catastrophique, insiste le général Gardy, [pseudo
Guy]. Il concrétise l’intention, avouée d’ailleurs, de ne jamais reprendre d’opérations sérieuses. Il prive l’Algérie d’une fraction importante de nos troupes
de choc au moment où le FLN accroît ses possibilités et son audience. Mais
surtout il réalise ce fait capital que l’armée — et ses meilleurs éléments — a
accepté de se rembarquer, sans doute avec désespoir, mais sans protester. Le
pouvoir peut en conclure que désormais le reste suivra...
Les journées du 1er et 5 juillet [cf supra.,/?. 309] ont fait sentir la présence
multiforme du FLN dans toute l’Algérie, l’obéissance des masses à ses mots
d’ordre, la possibilité pour lui de les encadrer par des fractions de l’ALN, y
compris dans les villes et des zones considérées comme pacifiées depuis longtemps. Les cortèges et rassemblements, dans l’Algérois notamment, n’auraient
pas été possibles sans la trêve [cf supra,/?. 505],
Il peut s’ensuivre une tentation de désespoir chez les Européens et nos amis
musulmans. Sauf un service d’ordre puissant et alerté à l’avance a empêché
sur certains points les choses de tourner au tragique. Mais que se passeraitil plus tard, quand seules des « garanties » s’opposeraient à la haine et au
fanatisme ?
Puis cette série de constats désabusés, dont on aurait pu penser qu’ils
eussent découragé leur auteur à persévérer dans l’aventure :
Je suis effrayé par la faiblesse de nos résultats depuis la fin avril. Je connais
les énormes difficultés rencontrées sur tous les plans et n incrimine personne.
La situation de l’OAS est aujourd’hui ce qu’elle est, comme dirait M. de
Gaulle, et il est inutile d’épiloguer sur le passé, sauf pour en tirer des
enseignements.
Notre organisation est encore à l’état de projet ; nos cadres sont peu nombreux ; nos effectifs et nos moyens d’action sont faibles, notre propagande
peu efficace, sa diffusion très limitée. Nos partisans sont encore à s interroger
sur nos buts, nos objectifs. L’opinion en métropole tend à nous considérer
comme un mythe. Seuls les plastics — heureusement
manifestent notie
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