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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
des forces de l’ordre ; notamment les 20 et 21 avril à el-biar et le 25 avril à
[mot illisible]. L’un de ces faits a fait l’objet de ma diffusion n° 2051/CAA 3
du 25 avril 1962.
[...]
Le scénario se déroule généralement de la manière suivante :
La patrouille, à pied ou sur véhicule, est à l’arrêt. Quelques hommes d’allure
inoffensive entrent en conversation avec les militaires ou avec d’autres civils
stationnant à proximité. Soudain, profitant d’un instant favorable, chaque
homme du commando bondit l’arme au poing devant l’un des militaires dont
le groupe est ainsi neutralisé simultanément. Les soldats se laissent alors enlever leurs armes sans résistance et les assaillants disparaissent.
Et le général de Menditte de porter ce jugement sévère :
De tels faits sont inadmissibles et dénotent chez les militaires l’absence du
sens le plus élémentaire de la dignité et du devoir.
Les sanctions prises sont généralement hors de proportion avec la gravité
de la faute et ne tiennent aucun compte de la responsabilité des Commandants
d’Unités.
Dans tous les cas analogues, les coupables seront désormais traduits devant
un tribunal militaire et les commandants d’unités seront l’objet d’une sanction.
Le moral n’est pas au beau fixe dans les hautes sphères de l’OAS,
au moment où le colonel Gardes commence à mettre au point ses
commandos Z. La course de vitesse est engagée avec le pouvoir, le
temps travaille pour lui, et il y a encore beaucoup à faire avant que
l’organisation ne soit réellement, sous ses divers aspects, opérationnelle. De Gaulle, estiment les dirigeants de l’OAS, est décidé à faire la
paix coûte que coûte, et il ne négligera aucun moyen pour y parvenir,
pour brader, selon l’expression en cours, l’Algérie. Le général Gardy
expose très bien ces analyses dans un texte qu’il adresse le 11 juillet
1961 au comité supérieur de l’OAS26 :
Je me demande avec angoisse, et le mot n’est pas trop fort, comment nous
comptons nous opposer effectivement à l’abandon que prépare le pouvoir,
qu’il amorce déjà.
1°. J’ignore ce que dira M. de Gaulle mercredi soir, se demande le général Gardy, et si, compte tenu de ses équivoques actuelles nous serons fixés davantage sur ses intentions [le lendemain, 12 juillet, le président de la République
déclarera que la France acceptait l’indépendance de l’ Algérie sous une forme
d association]. J’ignore si les pourparlers d’Evian reprendront [Ils ont été interrompus le 13 juin et reprendront le 20 juillet, rappelons-le, la question du Sahara
continuant à poser problème], et, dans l’affirmative s’ils aboutiront, et à quoi.
Une chose me paraît en tout cas certaine : c’est la volonté de M. de Gaulle
d en finir avec l’Algérie, avant l’automne, d’une manière ou d’une autre. Il
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
des forces de l’ordre ; notamment les 20 et 21 avril à el-biar et le 25 avril à
[mot illisible]. L’un de ces faits a fait l’objet de ma diffusion n° 2051/CAA 3
du 25 avril 1962.
[...]
Le scénario se déroule généralement de la manière suivante :
La patrouille, à pied ou sur véhicule, est à l’arrêt. Quelques hommes d’allure
inoffensive entrent en conversation avec les militaires ou avec d’autres civils
stationnant à proximité. Soudain, profitant d’un instant favorable, chaque
homme du commando bondit l’arme au poing devant l’un des militaires dont
le groupe est ainsi neutralisé simultanément. Les soldats se laissent alors enlever leurs armes sans résistance et les assaillants disparaissent.
Et le général de Menditte de porter ce jugement sévère :
De tels faits sont inadmissibles et dénotent chez les militaires l’absence du
sens le plus élémentaire de la dignité et du devoir.
Les sanctions prises sont généralement hors de proportion avec la gravité
de la faute et ne tiennent aucun compte de la responsabilité des Commandants
d’Unités.
Dans tous les cas analogues, les coupables seront désormais traduits devant
un tribunal militaire et les commandants d’unités seront l’objet d’une sanction.
Le moral n’est pas au beau fixe dans les hautes sphères de l’OAS,
au moment où le colonel Gardes commence à mettre au point ses
commandos Z. La course de vitesse est engagée avec le pouvoir, le
temps travaille pour lui, et il y a encore beaucoup à faire avant que
l’organisation ne soit réellement, sous ses divers aspects, opérationnelle. De Gaulle, estiment les dirigeants de l’OAS, est décidé à faire la
paix coûte que coûte, et il ne négligera aucun moyen pour y parvenir,
pour brader, selon l’expression en cours, l’Algérie. Le général Gardy
expose très bien ces analyses dans un texte qu’il adresse le 11 juillet
1961 au comité supérieur de l’OAS26 :
Je me demande avec angoisse, et le mot n’est pas trop fort, comment nous
comptons nous opposer effectivement à l’abandon que prépare le pouvoir,
qu’il amorce déjà.
1°. J’ignore ce que dira M. de Gaulle mercredi soir, se demande le général Gardy, et si, compte tenu de ses équivoques actuelles nous serons fixés davantage sur ses intentions [le lendemain, 12 juillet, le président de la République
déclarera que la France acceptait l’indépendance de l’ Algérie sous une forme
d association]. J’ignore si les pourparlers d’Evian reprendront [Ils ont été interrompus le 13 juin et reprendront le 20 juillet, rappelons-le, la question du Sahara
continuant à poser problème], et, dans l’affirmative s’ils aboutiront, et à quoi.
Une chose me paraît en tout cas certaine : c’est la volonté de M. de Gaulle
d en finir avec l’Algérie, avant l’automne, d’une manière ou d’une autre. Il
