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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
pour négocier, à sa demande, les conditions de sa reddition. Puis, et
selon ce qui a été convenu, Challe gagne Zéralda avec les légionnaires
du 1er REP aux ordres du commandant Denoix de Saint-Marc. Transféré
à Paris, il passera, le 26 avril, sa première nuit à la Santé.
Ce même jour, le 1er REP, et les 14e et 18e RCP sont dissous.
L'épuration et la clandestinité
Ce putsch manqué expose l’armée française combattante à une épuration qui n’a guère eu d’exemples dans son histoire. Le 24 avril a été
institué le Haut Tribunal qui sera chargé de juger les militaires compromis dans le putsch, création qui sera complétée par une décision du
4 mai. Cent cinquante officiers seront traduits devant ces instances.
Cinq cent trente-quatre officiers et sous-officiers seront frappés par des
sanctions disciplinaires. Les généraux Gouraud et Bigot suivent le général Challe à la prison de la Santé. Le général Nicot est mis aux arrêts
de forteresse. Des mandats d’arrêts sont lancés, notamment contre les
généraux Jouhaud, Salan et Zeller et les colonels Argoud, Broizat,
Gardes, Lacheroy.
Deux cents fonctionnaires sont arrêtés, rien que pour la ville d’Alger,
et quatre cent cinquante personnes interrogées. Quatre hauts fonctionnaires du gouvernement général et six commissaires de police sont
révoqués.
L’Echo d’ Alger, La Dépêche quotidienne et Dernière Heure sont
interdits de parution en raison de leurs prises de position au moment
du putsch.
Les commandements en Algérie vont être profondément remaniés,
la moitié des postes importants changeront de titulaires. Les généraux
Ailleret, Cantarel, Ducoumau, Fourquet, Ginestet, Hublot, Katz, Simon,
Vézinet, parmi les plus connus, et dont les sentiments légitimistes ont
été éprouvés, remplacent les officiers supérieurs qui s’étaient compromis ou qui avaient cru prudent d’attendre la suite des événements.
Mais pour les vaincus du 25 avril — les généraux Jouhaud et Salan,
les colonels Argoud, Broizat, Gardes, Godard, Lacheroy —, c’est le
début de la clandestinité... Dans le courant du mois de mai, Gardes et
Godard se joindront au général Gardy, au capitaine Sergent, au lieutenant Degueldre, au Dr Pérez et à Jean-Jacques Susini pour former le
comité supérieur de 1’0AS dont le commandement sera confié au général Salan qui est resté en Algérie, caché dans une ferme de la Mitidja.
Pour ce groupe dit « d’Alger », le territoire algérien est divisé en
trois zones correspondant à peu de chose près aux trois régions administratives, Alger, Oran et Constantine, qui sont confiées respectivement
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
pour négocier, à sa demande, les conditions de sa reddition. Puis, et
selon ce qui a été convenu, Challe gagne Zéralda avec les légionnaires
du 1er REP aux ordres du commandant Denoix de Saint-Marc. Transféré
à Paris, il passera, le 26 avril, sa première nuit à la Santé.
Ce même jour, le 1er REP, et les 14e et 18e RCP sont dissous.
L'épuration et la clandestinité
Ce putsch manqué expose l’armée française combattante à une épuration qui n’a guère eu d’exemples dans son histoire. Le 24 avril a été
institué le Haut Tribunal qui sera chargé de juger les militaires compromis dans le putsch, création qui sera complétée par une décision du
4 mai. Cent cinquante officiers seront traduits devant ces instances.
Cinq cent trente-quatre officiers et sous-officiers seront frappés par des
sanctions disciplinaires. Les généraux Gouraud et Bigot suivent le général Challe à la prison de la Santé. Le général Nicot est mis aux arrêts
de forteresse. Des mandats d’arrêts sont lancés, notamment contre les
généraux Jouhaud, Salan et Zeller et les colonels Argoud, Broizat,
Gardes, Lacheroy.
Deux cents fonctionnaires sont arrêtés, rien que pour la ville d’Alger,
et quatre cent cinquante personnes interrogées. Quatre hauts fonctionnaires du gouvernement général et six commissaires de police sont
révoqués.
L’Echo d’ Alger, La Dépêche quotidienne et Dernière Heure sont
interdits de parution en raison de leurs prises de position au moment
du putsch.
Les commandements en Algérie vont être profondément remaniés,
la moitié des postes importants changeront de titulaires. Les généraux
Ailleret, Cantarel, Ducoumau, Fourquet, Ginestet, Hublot, Katz, Simon,
Vézinet, parmi les plus connus, et dont les sentiments légitimistes ont
été éprouvés, remplacent les officiers supérieurs qui s’étaient compromis ou qui avaient cru prudent d’attendre la suite des événements.
Mais pour les vaincus du 25 avril — les généraux Jouhaud et Salan,
les colonels Argoud, Broizat, Gardes, Godard, Lacheroy —, c’est le
début de la clandestinité... Dans le courant du mois de mai, Gardes et
Godard se joindront au général Gardy, au capitaine Sergent, au lieutenant Degueldre, au Dr Pérez et à Jean-Jacques Susini pour former le
comité supérieur de 1’0AS dont le commandement sera confié au général Salan qui est resté en Algérie, caché dans une ferme de la Mitidja.
Pour ce groupe dit « d’Alger », le territoire algérien est divisé en
trois zones correspondant à peu de chose près aux trois régions administratives, Alger, Oran et Constantine, qui sont confiées respectivement
