Les fausses espérances et le chaos
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au colonel Godard, au général Gardy (qui précède Jouhaud) et au
colonel Lacheroy.
L’OAS est essentiellement structurée autour de quatre pôles : F Action psychologique et la propagande qui dépend du général Gardy (principaux noms de code Golf, Guy) et de Jean-Jacques Susini (Jeannette,
Jeannine) ; l’Organisation des masses du colonel Gardes (Fleur et
Hôtel) ; le Renseignement proprement dit du colonel Godard (Claude
et Françoise). Enfin, l’Organisation Renseignements Opérations
(ORO), sous l’autorité de principe du Dr Pérez (Papa, Paulette, Pauline), mais en fait sous l’impulsion de Danielle (le lieutenant
Degueldre) qui avec ses commandos est chargée de l’action directe.
Mais on verra que les commandos Z du colonel Gardes, dont les bases
de recrutement seront plus étendues, seront également appelés à jouer
un rôle important dans l’action subversive.
En Oranie, le général Jouhaud prendra la tête de la résistance clandestine au mois d’août. Mais les activistes ne l’avaient pas « attendu » pour
se manifester par l’écrit — diffusion de tracts dès le mois de mars et
Faction —, en lançant dès le début de mai 1961 des opérations au
plastic. Jouhaud rassemble dans un premier temps les éléments épars
de l’opposition armée où se distinguent un embryon d’OAS et le
groupe, très... dynamique, « France-Algérie ». L’OAS-Oranie dans sa
forme définitive est dotée de commandos « Collines », une centaine
d’hommes au total, réplique de commandos « Delta» de l’Algérois et
qui vont d’ailleurs se révéler tout aussi redoutables. L’OAS-Oranie disposera d’antennes dans l’armée de terre sous le nom de code de Laure et
de Bataille pour la marine. Plus que nulle part en Algérie, elle évoluera
au milieu d’une population européenne totalement acquise, comme un
poisson dans l’eau, et s’assurera des complicités très étendues dans l’administration. Le général Jouhaud précisera dans ses Mémoires que les
postiers avaient installé une table d’écoute branchée sur les communications officielles, tandis que certains employés de l’EGA prêtaient la main
aux sabotages des messages du général de Gaulle.
Dans une note adressée le 16 juin 1961 à Françoise (Godard), le
général Salan tiendra à « préciser [sa] pensée », en se référant aux difficultés auxquelles doit faire face son interlocuteur.
Salan réaffirmera sa prééminence et rappellera19 :
Trop de gens oublient que le but rigoureusement essentiel de notre action
est dans un premier temps de constituer l’Algérie française, en communion
d’idées et d’action avec les musulmans, sans esprit de chapelle et sans racisme
[...]. Lorsque de Gaulle aura disparu de la scène politique tout au moins [c est
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