Les fausses espérances et le chaos
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les forces, soit la vie, et dont je prendrai les moyens d’assurer qu’elle demeure
après moi [...] Françaises ! Français ! voyez où risque d’aller la France, par
rapport à ce qu’elle était en train de devenir. Françaises ! Français ! Aidezmoi ! conclut et demande le Général.
Alors que s’achève la mise en place du dispositif de sécurité autour
des bâtiments publics, Michel Debré prend, peu avant minuit, le relais
du général de Gaulle, déclare que « des avions sont prêts à lancer ou à
déposer des parachutistes sur divers aérodromes afin de préparer une
prise du pouvoir », et appelle la population à l’aide : « Dès que les
sirènes retentiront, allez-y à pied ou en voiture convaincre ces soldats
trompés de leur lourde erreur. »
L'échec
La détermination affichée et la prise à témoin des Français qui les
écoutent, le ton très déterminé et pathétique des deux chefs de l’exécutif
produisent un effet psychologique immédiat et galvanisent les énergies.
Des centaines de volontaires se rassemblent devant le ministère de l’intérieur, place Beauvau. En Algérie même, le discours du chef de l’État
qui est capté par les transistors de milliers d’appelés, et dont le texte
sera largement ronéotypé et diffusé, est reçu comme le signal d’une
résistance qui va s’exprimer de multiples manières... Sabotages des
transmissions, qui perturbent jusqu’aux services du général Challe ; premiers signes de désobéissance dans certaines unités ; apparition de croix
de Lorraine sur certains bâtiments, voire de drapeaux rouges... Le sens
de ces manifestations est clair : les 400 000 hommes du contingent sont
prêts, dans leur très grande majorité, à s’opposer au putsch des généraux
en refusant d’obéir aux ordres des officiers qui tenteraient de les entraîner dans l’aventure. D’ailleurs, les signes de résistance ne vont cesser
de s’accumuler... Le lendemain, à l’initiative du général Fourquet, les
deux tiers des appareils de transport et une partie de la chasse prendront
l’air... et regagneront la métropole.
Au soir du 23, les insurgés ont bien tenté une parade, plus spectaculaire qu’efficiente, en déportant à In-Salah, les « officiels » qu’ils
tenaient sous leur contrôle — en particulier Jean Morin, le général Gambiez et le ministre Robert Buron —, et ils ont ameuté le 24 avril
la foule européenne qui s’est rassemblée sur le Forum, mais les ralliements à la cause rebelle stagnent et le doute s’installe. Le général Challe
lui-même refuse de suivre les officiers extrémistes qui le poussent à
intervenir en métropole. Le 25 avril en fin d’après-midi, il communique
à ses collaborateurs et aux chefs des unités présentes à Alger sa décision
de renoncer. À cette heure, le colonel de Boissieu est déjà parti à Paris
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