Les fausses espérances et le chaos
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ministre qui a en charge l’Algérie, ayant précisé que le MNA figurerait
comme interlocuteur au même titre que le FLN, le GPRA répond qu’il
renonce dans ces conditions à envoyer une délégation à Evian.
Le 8 mars, d’autre part, vingt-cinq élus musulmans (treize députés et
douze sénateurs) ont demandé des négociations directes avec le GPRA.
Les premiers signes de l’OAS et Vouverture du second front *
L’assassinat, le 24 janvier, à Alger, de Me Pierre Popie, par deux
membres du FAF clandestin, avait annoncé l’entrée dans l’action violente des mouvements activistes qui se fonderont dans l’OAS.
Le FAF nouvelle manière est à la pointe du combat en inaugurant
un terrorisme à l’envers qui ne se contente pas de déposer des bombes
contre les lieux fréquentés par les musulmans, mais dirige ses coups
contre des Européens accusés de trahison.
Le FAF doit son organisation et son efficacité à André Canal, dit le
Monocle. Né à Niort en 1905, ingénieur et industriel, Canal s’est installé en Algérie et n’a pas tardé à s’investir dans l’action politique et,
après 1954, dans l’action antiterroriste en préparant des « coups » pour
répondre au terrorisme du FLN.
En tuant Me Popie, le jour anniversaire du soulèvement des Barricades, c’est une des figures les plus marquantes des libéraux d’Algérie
que l’on entend supprimer. À coups de poignard, de telle sorte que l’on
puisse supposer dans un premier temps — mais la vérité éclata très
vite — que ce crime était imputable au FLN.
Fils d’un magistrat, ancien militant des Jeunesses catholiques et
membre du Mouvement républicain populaire, Pierre Popie s’était
signalé dès 1959 en formant un groupement de défense des libertés et
en se déclarant partisan du soutien à la politique algérienne du général de Gaulle. Mais il était allé beaucoup plus loin en affirmant qu’il
était prêt à choisir la nationalité algérienne après l’indépendance ; peu
de temps avant sa mort, il avait prononcé, au cours de la célèbre émission « Cinq colonnes à la une », des paroles qui valaient un nouveau
motif de condamnation : « L’Algérie française ne peut pas être une
solution. L’Algérie française est morte. Il faut que les Européens se
tournent vers l’avenir, et qu’ils arrivent à s’intégrer en citoyens pleins
et entiers de la République algérienne... » Les deux assassins — un
ancien parachutiste et un ancien Légionnaire — furent rapidement
arrêtés et condamnés à la détention à perpétuité.
À l’origine, ce qui allait devenir une redoutable machine de guérie
et l’un des mouvements clandestins activistes les plus puissants que la
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ministre qui a en charge l’Algérie, ayant précisé que le MNA figurerait
comme interlocuteur au même titre que le FLN, le GPRA répond qu’il
renonce dans ces conditions à envoyer une délégation à Evian.
Le 8 mars, d’autre part, vingt-cinq élus musulmans (treize députés et
douze sénateurs) ont demandé des négociations directes avec le GPRA.
Les premiers signes de l’OAS et Vouverture du second front *
L’assassinat, le 24 janvier, à Alger, de Me Pierre Popie, par deux
membres du FAF clandestin, avait annoncé l’entrée dans l’action violente des mouvements activistes qui se fonderont dans l’OAS.
Le FAF nouvelle manière est à la pointe du combat en inaugurant
un terrorisme à l’envers qui ne se contente pas de déposer des bombes
contre les lieux fréquentés par les musulmans, mais dirige ses coups
contre des Européens accusés de trahison.
Le FAF doit son organisation et son efficacité à André Canal, dit le
Monocle. Né à Niort en 1905, ingénieur et industriel, Canal s’est installé en Algérie et n’a pas tardé à s’investir dans l’action politique et,
après 1954, dans l’action antiterroriste en préparant des « coups » pour
répondre au terrorisme du FLN.
En tuant Me Popie, le jour anniversaire du soulèvement des Barricades, c’est une des figures les plus marquantes des libéraux d’Algérie
que l’on entend supprimer. À coups de poignard, de telle sorte que l’on
puisse supposer dans un premier temps — mais la vérité éclata très
vite — que ce crime était imputable au FLN.
Fils d’un magistrat, ancien militant des Jeunesses catholiques et
membre du Mouvement républicain populaire, Pierre Popie s’était
signalé dès 1959 en formant un groupement de défense des libertés et
en se déclarant partisan du soutien à la politique algérienne du général de Gaulle. Mais il était allé beaucoup plus loin en affirmant qu’il
était prêt à choisir la nationalité algérienne après l’indépendance ; peu
de temps avant sa mort, il avait prononcé, au cours de la célèbre émission « Cinq colonnes à la une », des paroles qui valaient un nouveau
motif de condamnation : « L’Algérie française ne peut pas être une
solution. L’Algérie française est morte. Il faut que les Européens se
tournent vers l’avenir, et qu’ils arrivent à s’intégrer en citoyens pleins
et entiers de la République algérienne... » Les deux assassins — un
ancien parachutiste et un ancien Légionnaire — furent rapidement
arrêtés et condamnés à la détention à perpétuité.
À l’origine, ce qui allait devenir une redoutable machine de guérie
et l’un des mouvements clandestins activistes les plus puissants que la
