292
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
les gaullistes de l’UNR, les centristes du MRP, les socialistes de la
SFIO, une partie des radicaux et des indépendants apportent leur appui
au projet du général de Gaulle, le parti communiste, le Parti Socialiste
Unifié (PSU), la CGT et les partisans affichés de l’Algérie française
annoncent qu’ils voteront et feront voter « non ».
Le maréchal Juin écrit le 28 décembre 1960 au général de Gaulle
pour lui renouveler son opposition aux projets sur l’Algérie. Il est suivi,
le 4 janvier 1961, par un appel en faveur du « non » du général Salan,
de Pierre Lagaillarde, de Jean-Jacques Susini intervenant de Madrid,
auxquels se soignent à Paris Georges Bidault, André Morice et Jacques
Soustelle. Plus inquiétant, dans une « Lettre aux Français », seize généraux qui ont commandé en Algérie annoncent le 6 janvier 1961 qu’ils
voteront « non ». Le même jour, six attentats au plastic ont lieu à Paris.
Le 8 janvier, les « oui » l’emportent avec 75,26 % des suffrages
exprimés en métropole et 69,51 % en Algérie.
• Le 20 janvier 1961 : douze sénateurs musulmans demandent l’ouverture de pourparlers avec le GPRA. 25 janvier : le général Maurice
Challe demande sa mise à la retraite par anticipation. 1er février : le
général Gambiez remplace le général Crépin au commandement en chef
en Algérie. 6 février : Pierre Messmer est nommé ministre des Armées.
Les généraux Faure, Gracieux, Gribius et Mirambeau, mais surtout les
colonels Argoud, Bigeard, Broizat et Godard sont mutés en Allemagne.
Par ailleurs, le colonel Gardes et Victor Sapin-Lignières, qui commandait les Unités territoriales d’Alger au moment des Barricades, sont
inculpés d’atteinte à la sûreté de l’État.
• 20 février. Georges Pompidou et Bruno de Leusse rencontrent
secrètement à Lucerne, en Suisse, Tayeb Boulahrouf et Saad Dahlab,
représentants le GPRA, pour examiner les conditions d’une négociation.
Les conversations achoppent sur l’avenir du Sahara.
• 2 mars. Au procès des Barricades qui avait débuté... le 3 novembre
1960, treize inculpés sont acquittés, six condamnations par contumace
sont prononcées, dont l’une contre Joseph Ortiz à la peine de mort, et
dix ans de détention pour Pierre Lagaillarde.
L Algérie occupe plus que jamais l’actualité : le 1er mars, le gouvernement a fait savoir qu’il est disposé à engager des pourparlers sur
1 autodétermination « avec les diverses tendances algériennes » ; le
15 mars, qu il souhaitait que ces pourparlers fussent engagés au moyen
d une délégation officielle. Le 17 mars, le GPRA a confirmé son
accord. Le 30 mars, le gouvernement français et le GPRA annoncent
que des pourparlers seraient ouverts à Evian. Mais Louis Joxe, le
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
les gaullistes de l’UNR, les centristes du MRP, les socialistes de la
SFIO, une partie des radicaux et des indépendants apportent leur appui
au projet du général de Gaulle, le parti communiste, le Parti Socialiste
Unifié (PSU), la CGT et les partisans affichés de l’Algérie française
annoncent qu’ils voteront et feront voter « non ».
Le maréchal Juin écrit le 28 décembre 1960 au général de Gaulle
pour lui renouveler son opposition aux projets sur l’Algérie. Il est suivi,
le 4 janvier 1961, par un appel en faveur du « non » du général Salan,
de Pierre Lagaillarde, de Jean-Jacques Susini intervenant de Madrid,
auxquels se soignent à Paris Georges Bidault, André Morice et Jacques
Soustelle. Plus inquiétant, dans une « Lettre aux Français », seize généraux qui ont commandé en Algérie annoncent le 6 janvier 1961 qu’ils
voteront « non ». Le même jour, six attentats au plastic ont lieu à Paris.
Le 8 janvier, les « oui » l’emportent avec 75,26 % des suffrages
exprimés en métropole et 69,51 % en Algérie.
• Le 20 janvier 1961 : douze sénateurs musulmans demandent l’ouverture de pourparlers avec le GPRA. 25 janvier : le général Maurice
Challe demande sa mise à la retraite par anticipation. 1er février : le
général Gambiez remplace le général Crépin au commandement en chef
en Algérie. 6 février : Pierre Messmer est nommé ministre des Armées.
Les généraux Faure, Gracieux, Gribius et Mirambeau, mais surtout les
colonels Argoud, Bigeard, Broizat et Godard sont mutés en Allemagne.
Par ailleurs, le colonel Gardes et Victor Sapin-Lignières, qui commandait les Unités territoriales d’Alger au moment des Barricades, sont
inculpés d’atteinte à la sûreté de l’État.
• 20 février. Georges Pompidou et Bruno de Leusse rencontrent
secrètement à Lucerne, en Suisse, Tayeb Boulahrouf et Saad Dahlab,
représentants le GPRA, pour examiner les conditions d’une négociation.
Les conversations achoppent sur l’avenir du Sahara.
• 2 mars. Au procès des Barricades qui avait débuté... le 3 novembre
1960, treize inculpés sont acquittés, six condamnations par contumace
sont prononcées, dont l’une contre Joseph Ortiz à la peine de mort, et
dix ans de détention pour Pierre Lagaillarde.
L Algérie occupe plus que jamais l’actualité : le 1er mars, le gouvernement a fait savoir qu’il est disposé à engager des pourparlers sur
1 autodétermination « avec les diverses tendances algériennes » ; le
15 mars, qu il souhaitait que ces pourparlers fussent engagés au moyen
d une délégation officielle. Le 17 mars, le GPRA a confirmé son
accord. Le 30 mars, le gouvernement français et le GPRA annoncent
que des pourparlers seraient ouverts à Evian. Mais Louis Joxe, le
