Les fausses espérances et le chaos
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«Le 9 janvier 1960, trois employés de la cave de Marengo sont
exécutés comme le seront tous les traîtres. » Et pour une autre raison,
déjà mentionnée dans la liste des interdictions : « Le 27 janvier I960’
un traître et sa fille qui se faisaient soigner par les Services français ont
été exécutés et leur domicile incendié. » Ou encore : « Sept personnes
ont été enlevées du Douar Farfar en représailles d’installations d’autodéfense au service des colonialistes. » Enlevées, vers une destination et
une fin prévisibles... C’est souvent le sort des musulmans qui participent, d’une manière ou d’une autre, aux efforts de reprise en main de
la population sous la forme de la politique de « pacification » dont les
installations d’autodéfense sont l’un des instruments.
Impressionnant, d’autre part, « l’état numérique des victimes corporelles de la rébellion à la date du 30 septembre 1960 », s’agissant des
« veuves, orphelins et des personnes atteintes d’incapacité permanente». Ce bilan porte la date du 19 novembre 1960 — soit pour six
années de guerre —, et est signé du général Coulin, commandant la
gendarmerie en Algérie ; il est d’autant plus fiable que classé « secret
et confidentiel » il n’est destiné à aucune exploitation sur le plan
psychologique17 :
22 669 veuves (soit 13 616 selon les renseignements de la gendarmerie, auxquelles s’ajoutent 9 053 selon d’autres sources).
58 417 orphelins (soit 33 043 selon les renseignements de la gendarmerie, plus 25 374 selon d’autres sources).
4 427 personnes atteintes d’une incapacité permanente (soit 3 127
selon les renseignements de la gendarmerie, plus 1 300 selon d’autres
sources).
• 20 décembre. Dans une allocution radiotélévisée, le général de
Gaulle demande « un oui franc et massif » pour le référendum sur les
pouvoirs publics en Algérie prévu pour le 8 janvier :
Le peuple français, déclare le Général, est donc appelé à dire, par référendum, s’il approuve, comme je le lui demande, que les populations algériennes,
lorsque la paix régnera, choisissent elles-mêmes leur destin. Cela signifie : ou
bien rompre avec la République française, ou bien en faire partie, ou bien s’y
associer. Il est d’avance entendu que pour ce qui la concerne, la France entérinera le choix [...]. L’Algérie de demain sera donc algérienne. Ce sont les
Algériens qui régleront leurs propres affaires et il ne tiendra qu à eux de fonder
un État ayant son gouvernement, ses institutions et ses lois... »
Le général de Gaulle renouvellera par deux fois
le 31 décembie
1960 et le 6 janvier 1961 — son appel en faveur du « oui ». Tandis que
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