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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Pour déjouer, dans toute la mesure du possible, ces tentatives d’assassinat
collectif, les destinataires de la présente note [le commandant du quartier
d’ Ameur el-Aïn et le commandant de Tefeschoun-Koléa], voudront bien donner
toutes instructions visant à restreindre les possibilités des rebelles et à renforcer, pendant la saison estivale, le dispositif de protection des plages. En particulier seront prises les mesures suivantes :
— Patrouilles de surveillance de nuit et embuscades aux abords des plages
et sur les itinéraires d’accès les nuits du vendredi au samedi et du samedi au
dimanche.
— Déminage systématique des plages principales les samedi et dimanche
matin.
Mais le 31 juillet suivant, au prétexte de l’exécution de neuf membres
du FLN impliqués dans des actions terroristes, un commando en uniforme assassine douze personnes sur les plages de Chenoua, près de
Tipasa et non loin de Castiglione.
Dans ce qu’on pourrait appeler l’Algérie profonde, des exécutions
collectives de musulmans sont notamment signalées au Bordj benAzzouz, dans l’arrondissement de Biskra, le 13 février. Cinq fellahs
sont assassinés ce même jour par « égorgement », ou « armes à feu »,
ou « strangulation ». Le 12 avril, une expédition punitive balaie cinq
mechtas de la commune du Kef, faisant six victimes. Le 1er juillet,
huit autres fellahs sont assassinés par égorgement à Bemamara Zerfa,
commune de Perrégaux, puis cinq, dans la même commune, le 5 août.
Cinq encore, dont un viol, le 10 août, commune Pelissier. Sur ces
cinq dernières victimes, quatre femmes, qui travaillaient dans une ferme
européenne, malgré l’interdiction, déjà signalée, de l’ALN-FLN. Bien
que le fait ne soit pas mentionné, la présence de deux femmes parmi
les quatre victimes de Ighil el-Mal, le 27 septembre, permet de supposer
que le motif de l’exécution sommaire est identique. On compte également le même nombre de femmes, à Trezel, le 30 octobre, pour le
même nombre de victimes, le 2 décembre à Tolga.
Dans d’autres cas, l’emploi dans une ferme, qui est mentionné, est
certainement lié à l’exécution sommaire : ainsi d’un musulman et d’une
femme musulmane, à la ferme Bancharelle, commune de Tizi-Ouzou,
le 13 février. Deux ouvriers agricoles sont assassinés à la ferme Mira,
commune des Eaux-Chaudes (Saïda), le 8 mai. Un autre, à la ferme
Lefgoun, Mechta Laïffour, commune de Constantine. Ces quelques cas,
parmi ceux qui sont recensés...
Des documents du FLN pour les deux premiers mois de 1960 font
également état d’exécutions sommaires pour des activités liées au
travail :
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Pour déjouer, dans toute la mesure du possible, ces tentatives d’assassinat
collectif, les destinataires de la présente note [le commandant du quartier
d’ Ameur el-Aïn et le commandant de Tefeschoun-Koléa], voudront bien donner
toutes instructions visant à restreindre les possibilités des rebelles et à renforcer, pendant la saison estivale, le dispositif de protection des plages. En particulier seront prises les mesures suivantes :
— Patrouilles de surveillance de nuit et embuscades aux abords des plages
et sur les itinéraires d’accès les nuits du vendredi au samedi et du samedi au
dimanche.
— Déminage systématique des plages principales les samedi et dimanche
matin.
Mais le 31 juillet suivant, au prétexte de l’exécution de neuf membres
du FLN impliqués dans des actions terroristes, un commando en uniforme assassine douze personnes sur les plages de Chenoua, près de
Tipasa et non loin de Castiglione.
Dans ce qu’on pourrait appeler l’Algérie profonde, des exécutions
collectives de musulmans sont notamment signalées au Bordj benAzzouz, dans l’arrondissement de Biskra, le 13 février. Cinq fellahs
sont assassinés ce même jour par « égorgement », ou « armes à feu »,
ou « strangulation ». Le 12 avril, une expédition punitive balaie cinq
mechtas de la commune du Kef, faisant six victimes. Le 1er juillet,
huit autres fellahs sont assassinés par égorgement à Bemamara Zerfa,
commune de Perrégaux, puis cinq, dans la même commune, le 5 août.
Cinq encore, dont un viol, le 10 août, commune Pelissier. Sur ces
cinq dernières victimes, quatre femmes, qui travaillaient dans une ferme
européenne, malgré l’interdiction, déjà signalée, de l’ALN-FLN. Bien
que le fait ne soit pas mentionné, la présence de deux femmes parmi
les quatre victimes de Ighil el-Mal, le 27 septembre, permet de supposer
que le motif de l’exécution sommaire est identique. On compte également le même nombre de femmes, à Trezel, le 30 octobre, pour le
même nombre de victimes, le 2 décembre à Tolga.
Dans d’autres cas, l’emploi dans une ferme, qui est mentionné, est
certainement lié à l’exécution sommaire : ainsi d’un musulman et d’une
femme musulmane, à la ferme Bancharelle, commune de Tizi-Ouzou,
le 13 février. Deux ouvriers agricoles sont assassinés à la ferme Mira,
commune des Eaux-Chaudes (Saïda), le 8 mai. Un autre, à la ferme
Lefgoun, Mechta Laïffour, commune de Constantine. Ces quelques cas,
parmi ceux qui sont recensés...
Des documents du FLN pour les deux premiers mois de 1960 font
également état d’exécutions sommaires pour des activités liées au
travail :
