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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
France ait connus — les comploteurs de la Cagoule, pourtant fort dangereux, firent en comparaison pâle figure d’aventuriers romantiques —,
l’OAS des premiers temps est le résultat d’un rapprochement entre les
dirigeants du F AF clandestin et de Pierre Lagaillarde qui, de Madrid et
par l’intermédiaire de sa femme Babette, continuait d’entretenir la
flamme auprès d’un petit noyau de partisans. La création du sigle Organisation Armée Secrète (OAS) sera ainsi revendiquée, à juste droit, par
l’ancien président de l’Association des étudiants d’Alger, l’un des artisans du putsch contre le gouvernement général le 13 mai 1958, élu
député d’Alger en novembre suivant et à la pointe des Barricades. Toute
proche évolue une nébuleuse de groupuscules, les étemels nostalgiques
d’un fascisme à la française, comme ceux de Jeune Nation reconvertis
en Fédération des étudiants nationalistes, les déçus du 13 mai 1958,
mais qui en fait de fascisme n’ont pas de leçon à recevoir, comme les
ex-MP 13 de Robert Martel, le « chouan de la Mitidja », ou les anciens
du Front national français de Joseph Ortiz, France Résurrection, d’anciens membres de l’UDCA, Nation armée et les Centurions qui s’adressent spécialement aux militaires.
Dans la nuit du 2 au 3 mars étaient apparues, sur des portes d’immeubles à Alger, les premières inscriptions du sigle de l’organisation
secrète.
Suit une série de tracts, portant d’ailleurs des traductions variées des
trois lettres. Les 4, 5, 6 et 7 mars, le premier était diffusé sous le titre
« Musulmans et Européens d’Algérie » à Guyotville, Boufarik, Oued
el-Alleug, Aïn-Taya, Maison-Blanche et Blida :
Voici sept ans que toutes nos entreprises se brisent sur les trahisons et les
provocations du Pouvoir.
Voici sept ans que les responsables algériens armés du plus pur patriotisme,
mais souvent égarés par leur bonne foi, ont été les victimes de trop nombreuses
intrigues du Pouvoir.
L’échec du mois de décembre [allusion aux événements d’Alger et d’Oran,
mais très probablement à l’échec des contacts entre les militaires'] et l’arrestation du capitaine souètre [organisateur de ce qui voulait être un maquis Algérie française, et qui se signalait notamment par la distribution de tracts signés
« France Résurrection »], sont les dernières illustrations.
Nous n avons plus d’erreur à commettre. Tous unis dans une organisation
révolutionnaire de combat.
À compter du 6 mars dans l’Algérois et du 8 mars à Oran un second
tract annonçait :
Population d’Algérie,
Les événements se précipitent et tout vous semble perdu. Nous proclamons
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
France ait connus — les comploteurs de la Cagoule, pourtant fort dangereux, firent en comparaison pâle figure d’aventuriers romantiques —,
l’OAS des premiers temps est le résultat d’un rapprochement entre les
dirigeants du F AF clandestin et de Pierre Lagaillarde qui, de Madrid et
par l’intermédiaire de sa femme Babette, continuait d’entretenir la
flamme auprès d’un petit noyau de partisans. La création du sigle Organisation Armée Secrète (OAS) sera ainsi revendiquée, à juste droit, par
l’ancien président de l’Association des étudiants d’Alger, l’un des artisans du putsch contre le gouvernement général le 13 mai 1958, élu
député d’Alger en novembre suivant et à la pointe des Barricades. Toute
proche évolue une nébuleuse de groupuscules, les étemels nostalgiques
d’un fascisme à la française, comme ceux de Jeune Nation reconvertis
en Fédération des étudiants nationalistes, les déçus du 13 mai 1958,
mais qui en fait de fascisme n’ont pas de leçon à recevoir, comme les
ex-MP 13 de Robert Martel, le « chouan de la Mitidja », ou les anciens
du Front national français de Joseph Ortiz, France Résurrection, d’anciens membres de l’UDCA, Nation armée et les Centurions qui s’adressent spécialement aux militaires.
Dans la nuit du 2 au 3 mars étaient apparues, sur des portes d’immeubles à Alger, les premières inscriptions du sigle de l’organisation
secrète.
Suit une série de tracts, portant d’ailleurs des traductions variées des
trois lettres. Les 4, 5, 6 et 7 mars, le premier était diffusé sous le titre
« Musulmans et Européens d’Algérie » à Guyotville, Boufarik, Oued
el-Alleug, Aïn-Taya, Maison-Blanche et Blida :
Voici sept ans que toutes nos entreprises se brisent sur les trahisons et les
provocations du Pouvoir.
Voici sept ans que les responsables algériens armés du plus pur patriotisme,
mais souvent égarés par leur bonne foi, ont été les victimes de trop nombreuses
intrigues du Pouvoir.
L’échec du mois de décembre [allusion aux événements d’Alger et d’Oran,
mais très probablement à l’échec des contacts entre les militaires'] et l’arrestation du capitaine souètre [organisateur de ce qui voulait être un maquis Algérie française, et qui se signalait notamment par la distribution de tracts signés
« France Résurrection »], sont les dernières illustrations.
Nous n avons plus d’erreur à commettre. Tous unis dans une organisation
révolutionnaire de combat.
À compter du 6 mars dans l’Algérois et du 8 mars à Oran un second
tract annonçait :
Population d’Algérie,
Les événements se précipitent et tout vous semble perdu. Nous proclamons
