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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
[...] Des actions nombreuses ont été commises. Elles déshonorent leurs
auteurs. Et cependant les forces de l’ordre se sont interposées avec un calme
et une fermeté exemplaires aux heurts violents des uns et des autres. La violence a déjà fait trop de victimes. Ceux qui ne croient qu’à elle retardent
l’heure tant attendue de la paix. À vous tous qui habitez sur cette terre, je
redis que l’union est et sera de toute manière indispensable à la vie de l’Algérie. Sans elle, il n’y aura qu’anarchie et chaos.
Le sang a coulé également à Oran ce dimanche 11 décembre 1960...
Bien que plus tardivement marquée par les attentats que l’Algérois
et le Constantinois, l’Oranie, et surtout sa capitale, les reçoivent de
plein fouet depuis le début de 1960. Le 6 juin, une grenade qui explose
dans une salle de bal où se déroule un mariage blesse 43 personnes,
dont 18 enfants, et l’on apprend que l’un des responsables de cet attentat, Tayeb Khalifa, avait précédemment assassiné le cousin d’un député
d’Oran, M. Mekki. Le 16 septembre suivant, 4 personnes sont tuées et
50 autres blessées par une bombe placée dans les gradins du cirque
« Montecarlo », à Mostaganem. Parmi les blessés, une fillette de sept
ans et un petit garçon de trois ans... Le 23, une grenade blesse 9 personnes dans le faubourg Bastié, à Oran, tandis qu’à Perrégaux deux
jeunes sont tués et 27 autres passants blessés par deux grenades jetées
dans la rue principale, à une heure de grande affluence.
... A partir de 11 heures, ce 10 décembre 1960, des groupes de manifestants musulmans se forment comme la veille en Ville nouvelle, à
Lamur, à Médioni. Vers midi, quelque 1 500 Européens se rassemblent
de leur côté place des Victoires où l’arrivée de chaque officier supérieur
(le fait est rare et d’importance) est saluée de « l’armée au pouvoir ! »,
accompagné de « Algérie française ! », et comme un leitmotiv de « De
gaulle au poteau ! ».
Dès le 9 décembre, des tracts avaient été diffusés qui étaient autant
d’appels à la sédition armée. Il y avait dans ces slogans les prémices
du pronunciamiento :
L’heure de l’échéance est arrivée. Le départ [en Espagne] de notre ami
Lagaillarde va précipiter les événements. Dès aujourd’hui, reprenez vos armes
et tenez-vous prêts à descendre dans la rue. Cette fois-ci, avec l’aide efficace
de l’armée, nous allons balayer impitoyablement les bradeurs de la Ve République pour chasser à jamais le spectre de l’abandon. Vive l’Algérie française !
Vive l’armée ! Vive la France.
Ce 11 décembre, l’intervention de l’armée, au plus haut niveau, est
une fois de plus évoquée :
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
[...] Des actions nombreuses ont été commises. Elles déshonorent leurs
auteurs. Et cependant les forces de l’ordre se sont interposées avec un calme
et une fermeté exemplaires aux heurts violents des uns et des autres. La violence a déjà fait trop de victimes. Ceux qui ne croient qu’à elle retardent
l’heure tant attendue de la paix. À vous tous qui habitez sur cette terre, je
redis que l’union est et sera de toute manière indispensable à la vie de l’Algérie. Sans elle, il n’y aura qu’anarchie et chaos.
Le sang a coulé également à Oran ce dimanche 11 décembre 1960...
Bien que plus tardivement marquée par les attentats que l’Algérois
et le Constantinois, l’Oranie, et surtout sa capitale, les reçoivent de
plein fouet depuis le début de 1960. Le 6 juin, une grenade qui explose
dans une salle de bal où se déroule un mariage blesse 43 personnes,
dont 18 enfants, et l’on apprend que l’un des responsables de cet attentat, Tayeb Khalifa, avait précédemment assassiné le cousin d’un député
d’Oran, M. Mekki. Le 16 septembre suivant, 4 personnes sont tuées et
50 autres blessées par une bombe placée dans les gradins du cirque
« Montecarlo », à Mostaganem. Parmi les blessés, une fillette de sept
ans et un petit garçon de trois ans... Le 23, une grenade blesse 9 personnes dans le faubourg Bastié, à Oran, tandis qu’à Perrégaux deux
jeunes sont tués et 27 autres passants blessés par deux grenades jetées
dans la rue principale, à une heure de grande affluence.
... A partir de 11 heures, ce 10 décembre 1960, des groupes de manifestants musulmans se forment comme la veille en Ville nouvelle, à
Lamur, à Médioni. Vers midi, quelque 1 500 Européens se rassemblent
de leur côté place des Victoires où l’arrivée de chaque officier supérieur
(le fait est rare et d’importance) est saluée de « l’armée au pouvoir ! »,
accompagné de « Algérie française ! », et comme un leitmotiv de « De
gaulle au poteau ! ».
Dès le 9 décembre, des tracts avaient été diffusés qui étaient autant
d’appels à la sédition armée. Il y avait dans ces slogans les prémices
du pronunciamiento :
L’heure de l’échéance est arrivée. Le départ [en Espagne] de notre ami
Lagaillarde va précipiter les événements. Dès aujourd’hui, reprenez vos armes
et tenez-vous prêts à descendre dans la rue. Cette fois-ci, avec l’aide efficace
de l’armée, nous allons balayer impitoyablement les bradeurs de la Ve République pour chasser à jamais le spectre de l’abandon. Vive l’Algérie française !
Vive l’armée ! Vive la France.
Ce 11 décembre, l’intervention de l’armée, au plus haut niveau, est
une fois de plus évoquée :
