Les fausses espérances et le chaos
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ont eu pour théâtre, du 6 au 8 octobre, le 2e bataillon du 406e régiment
d’artillerie aérienne à Rouen, quartier Richepanse. Plusieurs compagnies entrent en rébellion dans la soirée du 6 en refusant de suivre les
ordres d’embarquement et en bloquant la compagnie de commandement. Pour éviter que la situation ne dégénère, la décision est prise de
reporter au lendemain le départ par la gare de Pont-de-1’Arche.
L’agitation rebondit le 7 octobre, en plus grave, lorsque vers 18 h 30
les camions remplis des armes et des bagages de la compagnie de
commandement quittent le quartier sous la protection du service
d’ordre. Alertés par des tracts distribués à la sortie des usines, les manifestants, harangués par le maire communiste du Petit-Quevilly, se rassemblent et bombardent à coups de pierres les CRS qui, appelés en
renfort, répondent avec des gaz lacrymogènes. Et à L’Internationale
des ouvriers répond La Marseillaise des soldats. Devant l’ampleur des
incidents, et constatant que certains appelés n’hésitent pas à se joindre
aux civils, le commandement doit se résoudre à prendre des mesures
pour que les armes soient rendues inopérantes. Non sans mal, les
commandants d’unités réussissent à faire rentrer dans leurs chambrées
les hommes qui stationnaient encore en dehors du quartier.
Alors que la compagnie de commandement réussit sans incident à
lever le pied, trois compagnies rebelles encadrées de gardes mobiles
sont acheminées le 8 octobre, en pleine nuit, vers le camp de Sissonne.
Dix-huit agitateurs seront déférés devant le tribunal militaire et
condamnés à plusieurs semaines de détention à la prison de Fresnes, un
général sera relevé de son commandement et deux colonels mis aux
arrêts de rigueur.
Cependant le parti communiste n’en reste pas là, qui appelle à un
rassemblement au parc des Chartreux, toujours à Rouen, ce 8 octobre,
pour « protester contre l’envoi du contingent en Afrique du Nord et
contre l’intervention des forces de police lors des événements de la
journée précédente ». Des centaines de militants marchent sur la caserne
Richepanse. Ils incendient à l’aide de bouteilles d’essence les palissades
qui avaient été dressées pour colmater les brèches que les rappelés
avaient ouvertes dans le mur avec un camion. De sérieuses bagarres
s’ensuivent avec les CRS pendant une bonne partie de la nuit. Et de
véritables scènes d’émeute se reproduiront, le dimanche 9 octobre, qui
nécessiteront l’acheminement et l’intervention d’importantes forces de
police.
L’insoumission fait tache d’huile sur d’autres parties du territoire, à
Valence, Avignon, Fréjus et Montpellier... Le 18 octobre, à Valence,
quatre cents rappelés du 404e RAA en partance pour 1 Algérie envahissent les rues de la ville, certains d’entre eux allant se coucher sur a
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