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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le calme revient, mais le feu couve sous la cendre...
• Le général Crépin remplace le 30 mars le général Challe qui est
nommé commandant en chef des forces alliées Centre-Europe.
• Sur un autre front, celui du terrorisme, le pouvoir de la Ve République n’avait pas connu de répit. Le 16 juin 1959, le Dr Sid Cara,
ancien coprésident, avec le général Massu, du comité de salut public
d’Alger, avait été l’objet d’un attentat, d’ailleurs sans conséquence, à
Neuilly-sur-Seine. Le 29 août 1959, un peu plus de deux semaines avant
que le général de Gaulle ne se prononce en faveur de l’autodétermination, le sénateur de Constantine Chérif Benhabylès avait été assassiné
à Vichy en compagnie d’un de ses amis, Amar Lounès. Le 17 septembre
1959, Messali Hadj, qui avait accueilli favorablement la politique du
général de Gaulle et avait été libéré en janvier, échappait à un attentat
à Chantilly, dans l’Oise. Ce nouvel événement, dans une vie semée
d’affrontements et d’épreuves, apparaissait comme le symbole du
déclin définitif d’un grand dirigeant nationaliste et de son mouvement
tiraillé entre courants rivaux, et dont une partie des militants rejoignait
le FLN. Les irréductibles entendaient cependant continuer le combat.
Le 27 juin, à Villeurbanne (Rhône), un commando de messalistes avait
attaqué pendant une réunion des membres du FLN ; 8 d’entre eux
avaient été tués.
A compter de fin septembre 1959, les coups portés au FLN étaient
devenus de plus en plus efficaces en métropole. L’arrestation du chef
de la wilaya de Paris-Périphérie, le 30 septembre, annonçait le démantèlement des réseaux terroristes. Les wilayas Paris-Centre et région marseillaise tombaient en octobre, entraînant l’arrestation de 10 chefs de
groupes armés et de plusieurs dizaines de responsables aux divers échelons de l’organisation. Et passant à une vitesse supérieure, le gouvernement Debré renforçait les moyens d’action. Le 18 novembre 1959 était
créée la Force de Police Auxiliaire (FPA), dépendant de la préfecture
de police et formée de groupes de supplétifs. Sous les ordres du capitaine Raymond Montaner, un ancien de la France libre et de l’Indochine, et encadrés par des officiers, ils auront leur base au fort de Noisy
à Romainville, en Seine-Saint-Denis, avant d’être implantés dans des
agglomérations à forte présence musulmane — dans premier temps
dans le 13e arrondissement et plus tard rue de la Goutte-d’Or. Leur
mission, essentiellement la lutte contre le FLN... Très redoutés, les harkis remporteront sur le terrain d’indiscutables succès dans la traque des
combattants de l’autre bord, non sans de graves bavures dans les
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