Les fausses espérances et le chaos
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des parachutistes qui laissent faire. Le bilan au soir du 24 est de 6 morts
et 24 blessés chez les manifestants, et de 14 morts et 125 blessés chez
les gendarmes.
La situation est toujours bloquée le lendemain, 25 janvier, lorsque
est diffusée — elle le sera toute la journée — une allocution du général de Gaulle qui « adjure ceux qui se dressent à Alger contre la patrie
de rentrer dans l’ordre national ». Mais rien ne bouge à Alger où, le
28 janvier, le délégué général Paul Delouvrier et le général Challe prennent la décision de transférer le siège de leur autorité à la base de
Reghaïa. Puis, le 29 janvier, Paul Delouvrier s’adresse sur un ton pathétique aux insurgés, et plus spécialement et directement à leurs chefs,
Pierre Lagaillarde, Joseph Ortiz, Sapin-Lignières qui commande les
UT. Cet appel ébranle la détermination des Unités territoriales, les partisans de Lagaillarde et Ortiz restant inébranlables. Le général de Gaulle
parle une nouvelle fois, ce 29 janvier, à 20 heures :
[...] Français d’Algérie, interroge-t-il, comment pouvez-vous écouter les
menteurs et les conspirateurs qui vous disent qu’en accordant le libre choix
aux Algériens, la France et de gaulle veulent vous abandonner, se retirer
de l’Algérie et la livrer à la rébellion ? Écoutez-moi bien ! En présence de
l’insurrection d’Alger et au milieu de l’agitation parvenue au paroxysme, le
délégué général, M. Paul delouvrier, qui est la France en Algérie, et le
commandant en chef ont pu, sous leur responsabilité, ne pas vouloir déchaîner
d’eux-mêmes une bataille rangée. Mais aucun soldat ne doit, sous peine de
faute grave, s’associer à aucun moment, même passivement, à l’insurrection.
En fin de compte, l’ordre public sera rétabli. Les moyens employés pour que
force reste à la loi pourront être de diverses sortes. Mais votre devoir est d’y
parvenir ! J’en ai donné, j’en donne l’ordre. [...] Eh bien, mon cher et vieux
pays, nous voici donc ensemble, encore une fois, face à une lourde épreuve...
Tandis que les coupables, qui rêvent d’être des usurpateurs, se donnent pour
prétexte la décision que j’ai arrêtée au sujet de l’Algérie, qu’on sache partout,
qu’on sache bien que je n’y reviendrai jamais !
Reddition
Le 1er février, Pierre Lagaillarde accepte de se soumettre avec ses
hommes après des négociations qui ont duré toute la nuit précédente.
À la tête de ses 400 partisans qui ont été autorisés à garder leurs armes,
il obtient de pouvoir quitter l’université où il avait organisé l’un des
réduits les plus puissants de l’insurrection, devant une haie d honneur
du 1er REP. Il est ensuite transféré à la prison de la Santé. Joseph Ortiz
a pris la fuite. Plusieurs associations sont dissoutes, et de nombreuses
arrestations (ou assignations à résidence) opérées. Alain de Sérigny et
Jean-Jacques Susini, notamment, sont inculpés.
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