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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
tour au projet d’autodétermination défini le 16 septembre par le chef
de l’État, plusieurs députés quittent l’UNR pour montrer leur désapprobation. A l’occasion du 11 Novembre, un cortège se forme à Alger et
se rend au Monument aux morts en lançant des cris hostiles au gouvernement. Le 20 novembre, le GPRA désigne ses représentants — en
l’occurrence les quatre dirigeants nationalistes détenus depuis le détournement de leur avion, le 22 octobre 1956 — à une éventuelle rencontre
avec des représentants du gouvernement français pour entamer des
négociations sur l’autodétermination. Mais à Alger Georges Bidault,
qu’entourent les principaux dirigeants des mouvements Algérie française, dit « non à l’interminable processus d’abandon »...
• 22 janvier 1960. Crise. Le général Massu qui avait donné à un
journaliste du Süddeutsche Zeitung de Munich une interview dans
laquelle il déclarait, entre autres, que « l’armée a fait une faute en ramenant le général de Gaulle au pouvoir », est démis de ses fonctions en
Algérie. Cette décision met le feu aux poudres. Ce même 22 janvier, le
Front National Français (FNF) annonce une grève générale et lance un
appel à un rassemblement au plateau des Glières, le 24.
Insurrection
Le 24 janvier, des heurts se produisent en fin de matinée entre plusieurs milliers de manifestants venus des quartiers de Bab-el-Oued et
de Saint-Eugène, dont un certain nombre sont armés, en particulier les
membres des Unités territoriales, et les éléments de l’armée (1er RCP,
3e RPIMa) qui, avec les gendarmes du colonel Debrosse et les CRS,
sont chargés du maintien de l’ordre.
Après un début d’après-midi calme, des barricades sont élevées entre
16 et 17 heures, rue d’Isly, et rue Charles-Péguy. Vers 18 heures, avenue Pasteur, près de l’université où sont retranchés des groupes armés,
une rafale de fusil-mitrailleur fauche des CRS qui s’effondrent sur la
chaussée. D’autres sont bloqués rue d’Isly par la foule qui tentait de
prendre un certain nombre d’entre eux en otages. Ils ne seront libérés
que par l’intervention d’éléments du 9e zouaves, puis des parachutistes
et de la Légion. Mais les coups de feu redoublent et partent d’un peu
partout ; les gendarmes, cibles faciles, essaient de se protéger en se
réfugiant sous les portes cochères et les immeubles.
Malgré l’établissement du couvre-feu et de l’état de siège, dix mille
manifestants se rassemblent au plateau des Glières, tandis que les barricades se renforcent dans le périmètre de la Grande Poste sous le regard
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
tour au projet d’autodétermination défini le 16 septembre par le chef
de l’État, plusieurs députés quittent l’UNR pour montrer leur désapprobation. A l’occasion du 11 Novembre, un cortège se forme à Alger et
se rend au Monument aux morts en lançant des cris hostiles au gouvernement. Le 20 novembre, le GPRA désigne ses représentants — en
l’occurrence les quatre dirigeants nationalistes détenus depuis le détournement de leur avion, le 22 octobre 1956 — à une éventuelle rencontre
avec des représentants du gouvernement français pour entamer des
négociations sur l’autodétermination. Mais à Alger Georges Bidault,
qu’entourent les principaux dirigeants des mouvements Algérie française, dit « non à l’interminable processus d’abandon »...
• 22 janvier 1960. Crise. Le général Massu qui avait donné à un
journaliste du Süddeutsche Zeitung de Munich une interview dans
laquelle il déclarait, entre autres, que « l’armée a fait une faute en ramenant le général de Gaulle au pouvoir », est démis de ses fonctions en
Algérie. Cette décision met le feu aux poudres. Ce même 22 janvier, le
Front National Français (FNF) annonce une grève générale et lance un
appel à un rassemblement au plateau des Glières, le 24.
Insurrection
Le 24 janvier, des heurts se produisent en fin de matinée entre plusieurs milliers de manifestants venus des quartiers de Bab-el-Oued et
de Saint-Eugène, dont un certain nombre sont armés, en particulier les
membres des Unités territoriales, et les éléments de l’armée (1er RCP,
3e RPIMa) qui, avec les gendarmes du colonel Debrosse et les CRS,
sont chargés du maintien de l’ordre.
Après un début d’après-midi calme, des barricades sont élevées entre
16 et 17 heures, rue d’Isly, et rue Charles-Péguy. Vers 18 heures, avenue Pasteur, près de l’université où sont retranchés des groupes armés,
une rafale de fusil-mitrailleur fauche des CRS qui s’effondrent sur la
chaussée. D’autres sont bloqués rue d’Isly par la foule qui tentait de
prendre un certain nombre d’entre eux en otages. Ils ne seront libérés
que par l’intervention d’éléments du 9e zouaves, puis des parachutistes
et de la Légion. Mais les coups de feu redoublent et partent d’un peu
partout ; les gendarmes, cibles faciles, essaient de se protéger en se
réfugiant sous les portes cochères et les immeubles.
Malgré l’établissement du couvre-feu et de l’état de siège, dix mille
manifestants se rassemblent au plateau des Glières, tandis que les barricades se renforcent dans le périmètre de la Grande Poste sous le regard
