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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
• Le 3 juin 1943 est formé à Alger le Comité français de libération
nationale dont les généraux de Gaulle (qui est à Alger depuis le 30 mai)
et Giraud assurent, dans un premier temps, la coprésidence. Le jour
même, le général Catroux devient gouverneur général. L’élimination
politique de Giraud est soldée le 1er octobre lorsque son rival obtient
du CFLN d’être désigné président unique, et que lui-même est en
quelque sorte relégué au poste de commandant en chef. Le 20 octobre,
le CFLN annonce que le décret Crémieux reprend effet. Dans un discours prononcé à Constantine, le 12 décembre, le général de Gaulle
promet une extension prochaine des droits des musulmans d’Algérie.
Promesse tenue, puisque l’ordonnance du 7 mars 1944 non seulement
abolit le code de l’indigénat mais accorde les droits politiques et la
citoyenneté française à seize catégories de musulmans, avec maintien
de leur statut personnel. Soixante mille musulmans en bénéficient
— anciens officiers, titulaires de décorations, fonctionnaires, caïds,
bachaghas, aghas, diplômés — qui rejoignent dans le « premier collège
électoral » les 450 000 Français qui y figurent déjà. Les
1 600 000 musulmans « restants » sont regroupés dans un « second collège » dont les pouvoirs sont limités à l’élection des assemblées locales.
Promesse tenue, disions-nous, mais une réforme politique qui ne
satisfait personne, inquiète les Européens, et laisse les nationalistes sur
leur faim. Ferhat Abbas, qui a recouvré la liberté, fonde les Amis du
Manifeste et de la Liberté et ne manque pas une occasion de critiquer
l’ordonnance du 7 mars.
Le 8 mai 1945 annonce-t-il la guerre d’Algérie ?
• Les incidents se multiplient au cours du premier trimestre 1945
sur l’ensemble du territoire alors que, dans des réunions publiques organisées par les nationalistes — les Amis du Manifeste et le PPA —, on
n’hésite pas à réclamer l’indépendance. Un important trafic d’armes est
signalé en avril à Biskra. Le bruit court, pendant ce même mois d’avril,
que le PPA prépare une insurrection générale à Sétif. Sur les revendications à caractère politique se greffe un mécontentement dû à la pénurie
alimentaire et aux problèmes de ravitaillement, en particulier dans le
département de Constantine : manque de stocks, persistance du marché
noir, augmentation des prix, pauvreté des transports — autant de conséquences de la guerre , et de surcroît perturbations climatiques "...
Les conditions économiques désastreuses dominent l’état d’esprit [relève le
général Duval, commandant la division de Constantine, dans un rapport du
24 avril 1945 destine a l etat-major du 19e CA (corps d’armée Alger).
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
• Le 3 juin 1943 est formé à Alger le Comité français de libération
nationale dont les généraux de Gaulle (qui est à Alger depuis le 30 mai)
et Giraud assurent, dans un premier temps, la coprésidence. Le jour
même, le général Catroux devient gouverneur général. L’élimination
politique de Giraud est soldée le 1er octobre lorsque son rival obtient
du CFLN d’être désigné président unique, et que lui-même est en
quelque sorte relégué au poste de commandant en chef. Le 20 octobre,
le CFLN annonce que le décret Crémieux reprend effet. Dans un discours prononcé à Constantine, le 12 décembre, le général de Gaulle
promet une extension prochaine des droits des musulmans d’Algérie.
Promesse tenue, puisque l’ordonnance du 7 mars 1944 non seulement
abolit le code de l’indigénat mais accorde les droits politiques et la
citoyenneté française à seize catégories de musulmans, avec maintien
de leur statut personnel. Soixante mille musulmans en bénéficient
— anciens officiers, titulaires de décorations, fonctionnaires, caïds,
bachaghas, aghas, diplômés — qui rejoignent dans le « premier collège
électoral » les 450 000 Français qui y figurent déjà. Les
1 600 000 musulmans « restants » sont regroupés dans un « second collège » dont les pouvoirs sont limités à l’élection des assemblées locales.
Promesse tenue, disions-nous, mais une réforme politique qui ne
satisfait personne, inquiète les Européens, et laisse les nationalistes sur
leur faim. Ferhat Abbas, qui a recouvré la liberté, fonde les Amis du
Manifeste et de la Liberté et ne manque pas une occasion de critiquer
l’ordonnance du 7 mars.
Le 8 mai 1945 annonce-t-il la guerre d’Algérie ?
• Les incidents se multiplient au cours du premier trimestre 1945
sur l’ensemble du territoire alors que, dans des réunions publiques organisées par les nationalistes — les Amis du Manifeste et le PPA —, on
n’hésite pas à réclamer l’indépendance. Un important trafic d’armes est
signalé en avril à Biskra. Le bruit court, pendant ce même mois d’avril,
que le PPA prépare une insurrection générale à Sétif. Sur les revendications à caractère politique se greffe un mécontentement dû à la pénurie
alimentaire et aux problèmes de ravitaillement, en particulier dans le
département de Constantine : manque de stocks, persistance du marché
noir, augmentation des prix, pauvreté des transports — autant de conséquences de la guerre , et de surcroît perturbations climatiques "...
Les conditions économiques désastreuses dominent l’état d’esprit [relève le
général Duval, commandant la division de Constantine, dans un rapport du
24 avril 1945 destine a l etat-major du 19e CA (corps d’armée Alger).
