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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
3°. La Fatima [ ?] déclare que c’est lui qui tient la responsabilité de chef de
chantier lors de l’exécution des [nom illisible] et oblige les gens à travailler
sous peine d’être dénoncés [suite illisible].
Après quoi l’accusateur public, dans ses réquisitions, a déclaré que cet
homme est un grand traître à sa patrie étant donné qu’il collabore en permanence avec l’ennemi, qu’il doit être exécuté.
Le défenseur de l’accusé [nom illisible] a pris la parole à son tour et plaidé
ainsi : il demande des conséquences [szc] atténuantes à son client après lui
avoir donné des avertissements.
Puis le Tribunal, après en avoir délibéré, a statué comme suit : cet homme
est un grand traître à sa patrie par suite à sa collaboration permanente avec
l’ennemi. Par ces motifs condamne l’accusé à la peine de mort.
Suivent les [cinq] signatures des membres du Tribunal...
On ne connaît pas le sort définitif qui sera réservé à R. F., mais on
peut prédire sans risque qu’il sera du même ordre que ce qui attendait
Ahmadou Akli. R. F. s’est livrée à la « collaboration horizontale », bien
qu’elle ait quatre enfants, ce qui suffirait à justifier la peine capitale,
mais elle aurait dénoncé deux membres du FLN. Ce rapport sur son
arrestation — « fiche d’arrêt » — provient, comme pour Ahmadou, de
l’état-major de guerre, wilaya 3, zone n° 3, Région n° 3, secteur n° 4.
Il porte mention du mois de mai 1959 :
Après le bouclage effectué par l’ennemi au village Istiten et qui a duré trois
jours, la nommée C.F.B.S. [en toutes lettres dans le texte] vint déclarer que
ce jour-là sa belle-fille, femme de son fils, la nommée R. F. [nom en toutes
lettres dans le texte], emmenant avec elle ses quatre petits-enfants, avait dormi
chez les militaires ennemis pendant deux jours et deux nuits consécutifs. Elle
a fait cet acte après avoir quitté sa belle-mère volontairement. Le jour qu’elle
est partie se coucher chez les militaires, deux goumiers et un soldat français
vinrent à la maison. Ils la trouvèrent avec sa belle-mère et lui demandèrent de
partir avec eux après que la vieille a refusé de la lâcher, ils repartirent sans
rien dire. Quelques instants plus tard, la jeune femme prit ses quatre enfants
avec elle et prend la direction du lieu où se trouvait les militaires ennemis. La
vieille déclare en même temps que c’est cette femme-là qui a volontairement
dénoncé la femme du chef de front [sans doute pour « du Front »] du village.
Après que cette femme fut enlevée et interrogée, elle a bien reconnu avoir
dénoncé le chef de front du village et sa femme et a reconnu également avoir
joué de mauvais tours [?] avec une dizaine de militaires ennemis lorsqu’elle
s’est couchée avec eux.
Après la fin du bouclage, elle s’est dirigée Ù deux reprises en direction du
camp de makouda.
Mais revenons à Paris et en métropole où les événements et les initiatives politiques sur l’avenir de l’Algérie se sont précipités.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
3°. La Fatima [ ?] déclare que c’est lui qui tient la responsabilité de chef de
chantier lors de l’exécution des [nom illisible] et oblige les gens à travailler
sous peine d’être dénoncés [suite illisible].
Après quoi l’accusateur public, dans ses réquisitions, a déclaré que cet
homme est un grand traître à sa patrie étant donné qu’il collabore en permanence avec l’ennemi, qu’il doit être exécuté.
Le défenseur de l’accusé [nom illisible] a pris la parole à son tour et plaidé
ainsi : il demande des conséquences [szc] atténuantes à son client après lui
avoir donné des avertissements.
Puis le Tribunal, après en avoir délibéré, a statué comme suit : cet homme
est un grand traître à sa patrie par suite à sa collaboration permanente avec
l’ennemi. Par ces motifs condamne l’accusé à la peine de mort.
Suivent les [cinq] signatures des membres du Tribunal...
On ne connaît pas le sort définitif qui sera réservé à R. F., mais on
peut prédire sans risque qu’il sera du même ordre que ce qui attendait
Ahmadou Akli. R. F. s’est livrée à la « collaboration horizontale », bien
qu’elle ait quatre enfants, ce qui suffirait à justifier la peine capitale,
mais elle aurait dénoncé deux membres du FLN. Ce rapport sur son
arrestation — « fiche d’arrêt » — provient, comme pour Ahmadou, de
l’état-major de guerre, wilaya 3, zone n° 3, Région n° 3, secteur n° 4.
Il porte mention du mois de mai 1959 :
Après le bouclage effectué par l’ennemi au village Istiten et qui a duré trois
jours, la nommée C.F.B.S. [en toutes lettres dans le texte] vint déclarer que
ce jour-là sa belle-fille, femme de son fils, la nommée R. F. [nom en toutes
lettres dans le texte], emmenant avec elle ses quatre petits-enfants, avait dormi
chez les militaires ennemis pendant deux jours et deux nuits consécutifs. Elle
a fait cet acte après avoir quitté sa belle-mère volontairement. Le jour qu’elle
est partie se coucher chez les militaires, deux goumiers et un soldat français
vinrent à la maison. Ils la trouvèrent avec sa belle-mère et lui demandèrent de
partir avec eux après que la vieille a refusé de la lâcher, ils repartirent sans
rien dire. Quelques instants plus tard, la jeune femme prit ses quatre enfants
avec elle et prend la direction du lieu où se trouvait les militaires ennemis. La
vieille déclare en même temps que c’est cette femme-là qui a volontairement
dénoncé la femme du chef de front [sans doute pour « du Front »] du village.
Après que cette femme fut enlevée et interrogée, elle a bien reconnu avoir
dénoncé le chef de front du village et sa femme et a reconnu également avoir
joué de mauvais tours [?] avec une dizaine de militaires ennemis lorsqu’elle
s’est couchée avec eux.
Après la fin du bouclage, elle s’est dirigée Ù deux reprises en direction du
camp de makouda.
Mais revenons à Paris et en métropole où les événements et les initiatives politiques sur l’avenir de l’Algérie se sont précipités.
