Les fausses espérances et le chaos
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ou toute autre chose dont il aura besoin et pour l’autre partie du douar, il en
a cité (désigné) une autre personne d’office pour les lui rassembler dès qu’il
aura besoin d’eux.
3°. Lors des dernières élections [vraisemblablement les élections municipales d’avril 1959], il est allé volontairement participer à celles-ci [alors que
le FLN avait donné des consignes d’abstention]. Il a présenté sa candidature
pour être nommé délégué. Après que la population a refusé de participer aux
élections il allait devant les colonialistes ennemis pour leur montrer les personnes qui refusaient (il guidait ceux-ci pour ainsi dire) et frappait les gens,
les bousculait et les obligeait à voter de force. Il avait frappé 8 femmes dont
4 devant leurs maris, ce qu’il a d’ailleurs lui-même reconnu, il les a dénoncées
à l’ennemi.
4°. Toute la population de son village le craint beaucoup, elle ne se plaint
que de lui.
5°. Après qu’il rencontre un sabotage effectué par nos éléments, sabotage
de route, de ligne téléphonique, de ponts, etc., il s’en va informer l’ennemi.
6°. Il surveillait le Commissaire Politique [du FLN] dans le village pour
aller le déclarer à l’ennemi.
Beaucoup de griefs pour un seul homme. Selon le chef-nidham accusateur, donc, Ahmadou s’est transformé en agent de recrutement musclé
pour les bureaux de vote, alors que le FLN-ALN exige des musulmans
l’abstention. C’est le constat de la prise en tenaille permanente d’une
population qui ne sait à qui obéir.
Ahmadou Akli a soixante ans. Il est marié avec Bousselame Fatima
et a 4 enfants. « Instruction : néant ». Il a choisi un défenseur. Le tribunal militaire, dont on apprend qu’il « siège en forêt », comprend un
président, Charra Ali Moussaad, « politico-militaire », un procureur,
trois juges et un accusateur public.
Ahmadou est « accusé d’avoir participé aux élections volontairement
et obligé la population de son village à voter après en avoir frappé
plusieurs [suite illisible] ». Puis,
introduit devant le Tribunal, l’accusé a pris connaissance des faits qui lui sont
reprochés à la suite de l’enquête menée par Charra ali moussaad, politicomilitaire. Interrogé sur leur exactitude, il a répondu par l’affirmative à chaque
question qui lui est posée sans coups ni tortures (il a tout reconnu).
Les témoins ont été introduits l’un après l’autre et séparément, après avoir
prêté serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, ils ont déposé comme
suit :
1°. Si meziane a déclaré que cet homme collabore en permanence avec
l’ennemi qui se sert de lui comme agent de liaison, qu’il a obligé la population
de son village à voter.
2°. Si amar déclare qu’il a posé sa candidature pour être nommé délégué
volontaire.
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