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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le 11 novembre, Duvivier, 3 femmes FSNA sont tuées.
Le 16 décembre, un FSNA est enlevée, sa femme et sa petite fille de
cinq ans sont égorgées.
Pour le corps d’armée d’Alger :
Le 12 décembre 1958, Dellys, 2 femmes et 4 enfants sont enlevés
d’un centre de regroupement.
Le 21 décembre 1958, Reghaïa, 3 femmes FSNA, dont 2 de 14 et
15 ans, sont assassinées.
Le 15 janvier 1959... Si l’on reprend le texte de l’ALN : «Un
commando tend une embuscade sur la route reliant le Sanatorium à
Rivet. Un véhicule est incendié. Son occupant tué. »
Les faits : le véhicule transportait deux civils, un médecin et sa
femme, qui revenaient du Sanatorium et regagnaient Rivet. L’un et
l’autre sont tués, et leur fils, qui les accompagnait, a été enlevé. A-t-il
été retrouvé ?
La justice militaire de l’ALN ™
L’ALN a ses tribunaux d’exception clandestins, une forme plus respectable de conduire l’épuration :
Le 26 avril 1959, le tribunal militaire de la wilaya 3, zone n° 3,
Région n° 1, secteur n° 1 prononce un « arrêt de mort » contre l’accusé
Alt Saada Saïd. Le document de l’arrêt mentionne qu’il a vingt-neuf
ans, est marié, a deux enfants, et à l’article « Instruction » : « Néant ?>.
Il n’a pas pris de défenseur, aucun nom de témoin n’est mentionné, er
il n’a pas fait, si l’on se réfère au compte rendu, de déclaration devant
le tribunal. La décision a été prise à l’unanimité des cinq membres du
tribunal qui ont signé, en propre, l’arrêt de mort. En note, le document
précise : « Il est rappelé qu’une femme enceinte condamnée à mort ne
doit être exécutée qu’après son accouchement. »
Le cas d’Ahmadou Akli qui est condamné à mort le 30 avril 1959
par le tribunal militaire de la même zone n° 3, mais Région n° 3 et
secteur n° 4 de la wilaya 3, est apparemment beaucoup plus clair. On
dispose d’abord du rapport du « chef-nidham » de son village :
1°. À chaque corvée que le village est obligé de faire, c’est lui qui dirige le
travail de sa propre volonté, et si par hasard quelqu’un refuse de participer à
ces corvées, il s’en va le déclarer au Lieutenant du poste ennemi se trouvant
dans le village [Tikaatine]. Il menace son village pour qu’il travaille pour
l’ennemi sous peine de subir les plus odieux actes de sauvagerie ennemis.
2°. Il a promis au Lieutenant du poste de lui rassembler les trois ou quatre
villages qu’il a cités dès qu’il aura besoin d’eux pour les corvées, les réunions
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