Les fausses espérances et le chaos
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Le Service de Santé a été le premier noyauté massivement du fait que certains promoteurs du complot occupaient des responsabilités importantes dans
ce Service. C’est sous couvert de ce service que le courrier de l’organisation
était acheminé, échappant ainsi à toute censure, pendant près d’un an. Le
Service de Renseignements et Liaisons était aussi l’objet de toute leur attention. C’est ainsi que dans la Zone [laquelle ?] il était pratiquement entre leurs
mains de la base au sommet. Les autres services autonomes (Presse, UGTA,
Intendance) étaient aussi visés et sérieusement contaminés. [...]. Leurs directives venaient d’Alger par liaison spéciale. Ils contactaient également les SAS
dans chaque région grâce à un mot de passe. Des entrevues se sont ainsi
déroulées maintes fois entre des Officiers français et « Officiers ALN » du
complot. Des armes étaient fournies par les SAS, des armes devaient être
livrées, mais quelques jours seulement avec le déclenchement de l’action en
raison du mauvais souvenir laissé par l’Opération « Oiseau bleu *
».
* L’opération « Oiseau bleu » s’inscrit dans les tentatives de l’armée de créer des unités musulmanes
autonomes dont la vocation est de combattre l’ALN. La «Force K» échouera aussi lamentablement
que les expériences Bellounis et Kobus.
** Notre actuelle Constitution.
Amirouche affirme dans son délire de persécution que le complot
s’étend à d’autres wilayas et relie l’action projetée de « nettoyage du
maquis » au prochain référendum du « 5 octobre » qui est d’ailleurs
fixé au 28 septembre et portera exclusivement sur la nouvelle Constitution ** .
Il affecte aux « Bleus » du capitaine Léger une origine absolument extravagante :
Dans les villes de notre wilaya la quasi-totalité des employés du bâtiment
aurait été embrigadée (on ne sait comment) dans l’organisation dite des
« Bleus de chauffe ». En serait-il de même ailleurs ?
Grâce à Dieu, tout danger est maintenant écarté, annonce Amirouche, car
nous avons agi très rapidement [souligné dans le texte] et énergiquement.
Amirouche énumère les huit « mesures draconiennes » qu’il a prises
pour déjouer la conjuration, et en particulier « l’arrestation de tous les
suspects, de toutes les personnes dénoncées de quelque grade qu’elles
soient, et interrogatoires énergiques de ceux dont la situation ne paraissait pas très régulière ». Il prévient qu’il ne peut communiquer pour
l’heure les noms des « officiers traîtres » et renouvelle sa proposition
d’une réunion inter-wilayas à l’échelon supérieur dont il estime que « la
nécessité [...] se fait plus que jamais sentir».
Amirouche obtiendra en partie satisfaction en ralliant les chefs des
wilayas 4 et 6, Si M’Hammed et Si Haouès, à une démarche commune
auprès du GPRA pour le convaincre de déléguer de plus larges pouvoirs
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Le Service de Santé a été le premier noyauté massivement du fait que certains promoteurs du complot occupaient des responsabilités importantes dans
ce Service. C’est sous couvert de ce service que le courrier de l’organisation
était acheminé, échappant ainsi à toute censure, pendant près d’un an. Le
Service de Renseignements et Liaisons était aussi l’objet de toute leur attention. C’est ainsi que dans la Zone [laquelle ?] il était pratiquement entre leurs
mains de la base au sommet. Les autres services autonomes (Presse, UGTA,
Intendance) étaient aussi visés et sérieusement contaminés. [...]. Leurs directives venaient d’Alger par liaison spéciale. Ils contactaient également les SAS
dans chaque région grâce à un mot de passe. Des entrevues se sont ainsi
déroulées maintes fois entre des Officiers français et « Officiers ALN » du
complot. Des armes étaient fournies par les SAS, des armes devaient être
livrées, mais quelques jours seulement avec le déclenchement de l’action en
raison du mauvais souvenir laissé par l’Opération « Oiseau bleu *
».
* L’opération « Oiseau bleu » s’inscrit dans les tentatives de l’armée de créer des unités musulmanes
autonomes dont la vocation est de combattre l’ALN. La «Force K» échouera aussi lamentablement
que les expériences Bellounis et Kobus.
** Notre actuelle Constitution.
Amirouche affirme dans son délire de persécution que le complot
s’étend à d’autres wilayas et relie l’action projetée de « nettoyage du
maquis » au prochain référendum du « 5 octobre » qui est d’ailleurs
fixé au 28 septembre et portera exclusivement sur la nouvelle Constitution ** .
Il affecte aux « Bleus » du capitaine Léger une origine absolument extravagante :
Dans les villes de notre wilaya la quasi-totalité des employés du bâtiment
aurait été embrigadée (on ne sait comment) dans l’organisation dite des
« Bleus de chauffe ». En serait-il de même ailleurs ?
Grâce à Dieu, tout danger est maintenant écarté, annonce Amirouche, car
nous avons agi très rapidement [souligné dans le texte] et énergiquement.
Amirouche énumère les huit « mesures draconiennes » qu’il a prises
pour déjouer la conjuration, et en particulier « l’arrestation de tous les
suspects, de toutes les personnes dénoncées de quelque grade qu’elles
soient, et interrogatoires énergiques de ceux dont la situation ne paraissait pas très régulière ». Il prévient qu’il ne peut communiquer pour
l’heure les noms des « officiers traîtres » et renouvelle sa proposition
d’une réunion inter-wilayas à l’échelon supérieur dont il estime que « la
nécessité [...] se fait plus que jamais sentir».
Amirouche obtiendra en partie satisfaction en ralliant les chefs des
wilayas 4 et 6, Si M’Hammed et Si Haouès, à une démarche commune
auprès du GPRA pour le convaincre de déléguer de plus larges pouvoirs
