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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
« Sachant que la wilaya 3 ne garde plus d’infirmière au maquis, on m’a
envoyée avec l’espoir d’être dirigée sur la Tunisie pour prendre contact avec
des agents français déjà sur place. » Elle indiqua également quelques mots de
passe, qu’elle devait, dit-elle, donner aux nombreux agents « Bleus » rencontrés, aussi bien sur son intinéraire, qu’en Tunisie.
fatima, interrogée sans relâche et au comble de la terreur, dénonça un grand
nombre de chefs rebelles : entre autres, le responsable de l’UGTA [Union
Générale des Travailleurs Algériens} si ouakli, récemment nommé responsable de la Z AA. Pour terminer, elle ajouta que d’autres « Bleus » avaient été
envoyés avant elle pour noyauter la wilaya 3.
Les « aveux » de Fatima-Roza confortent les esprits malades d’Amirouche et d’Ahcène dans leurs soupçons. Un grand nombre de dénoncés
ou de compagnons douteux au regard des deux criminels sont immédiatement arrêtés et torturés. Dans une note de renseignements portant la
date du 17 novembre 19589, le général Faure, successeur du général
Guérin, dresse une liste provisoire des victimes de l’épuration dans
quatre régions de la Mintaqa 3, pour la période de juillet à septembre 1958, en se rapportant aux propres listes de la wilaya 3 :
— Dans la Nahia 1 (Michelet), 40, dont 25 gradés au-dessus de
sergent inclus ; 15 djounouds, mousseblines et membres de l’OPA.
— Dans la Nahia 2 (Fort National), 91, dont 17 gradés au-dessus
de sergent inclus ; 25 djounouds, mousseblines, membres de l’OPA ;
« 20 civils » ; 22 harkis d’Aït-Zellal, déserteurs en juillet 1958 de leur
poste, ce qui est une étrange manière de les récompenser de leur geste... ; deux « soldats français », permissionnaires enlevés ; quatre goumiers et un « fou ».
— Dans la Nahia 3 (Tizi-Ouzou) : pas de liste à ce jour.
— Dans la Nahia 4 (Tigzirt), 23, dont 5 gradés au-dessus de sergent
inclus ; 10 djounouds et membres de l’OPA ; 8 « civils ».
— Dans la Nahia 5 (Azazga), 54, dont 9 gradés au-dessus de sergent
inclus ; 12 djounouds, mousseblines et membres de l’OPA ;
33 « civils ».
Partie de la Mintaqa 4, la vague épuratrice a déferlé sur la 3, puis la
2 et la 1. Une « Commission de justice et de contrôle » formée de cinq
membres et dirigée par Si Ahcène que l’on retrouve dans tous les actes
de barbarie de la wilaya 3, a été constituée avec la mission de circuler
dans les Mintaqat, de procéder aux arrestations des suspects et de les
torturer sur place afin de démasquer leurs complices, dans certains cas
de les envoyer au PC. Chaque individu arrêté est interrogé sur son
origine, son niveau d’instruction, la date de son entrée dans la rébellion
dans la mesure où elle a un rapport avec la « Bataille d’Alger ». Au
mois de juillet, une série de circulaires propagées dans les Mintaqat
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
« Sachant que la wilaya 3 ne garde plus d’infirmière au maquis, on m’a
envoyée avec l’espoir d’être dirigée sur la Tunisie pour prendre contact avec
des agents français déjà sur place. » Elle indiqua également quelques mots de
passe, qu’elle devait, dit-elle, donner aux nombreux agents « Bleus » rencontrés, aussi bien sur son intinéraire, qu’en Tunisie.
fatima, interrogée sans relâche et au comble de la terreur, dénonça un grand
nombre de chefs rebelles : entre autres, le responsable de l’UGTA [Union
Générale des Travailleurs Algériens} si ouakli, récemment nommé responsable de la Z AA. Pour terminer, elle ajouta que d’autres « Bleus » avaient été
envoyés avant elle pour noyauter la wilaya 3.
Les « aveux » de Fatima-Roza confortent les esprits malades d’Amirouche et d’Ahcène dans leurs soupçons. Un grand nombre de dénoncés
ou de compagnons douteux au regard des deux criminels sont immédiatement arrêtés et torturés. Dans une note de renseignements portant la
date du 17 novembre 19589, le général Faure, successeur du général
Guérin, dresse une liste provisoire des victimes de l’épuration dans
quatre régions de la Mintaqa 3, pour la période de juillet à septembre 1958, en se rapportant aux propres listes de la wilaya 3 :
— Dans la Nahia 1 (Michelet), 40, dont 25 gradés au-dessus de
sergent inclus ; 15 djounouds, mousseblines et membres de l’OPA.
— Dans la Nahia 2 (Fort National), 91, dont 17 gradés au-dessus
de sergent inclus ; 25 djounouds, mousseblines, membres de l’OPA ;
« 20 civils » ; 22 harkis d’Aït-Zellal, déserteurs en juillet 1958 de leur
poste, ce qui est une étrange manière de les récompenser de leur geste... ; deux « soldats français », permissionnaires enlevés ; quatre goumiers et un « fou ».
— Dans la Nahia 3 (Tizi-Ouzou) : pas de liste à ce jour.
— Dans la Nahia 4 (Tigzirt), 23, dont 5 gradés au-dessus de sergent
inclus ; 10 djounouds et membres de l’OPA ; 8 « civils ».
— Dans la Nahia 5 (Azazga), 54, dont 9 gradés au-dessus de sergent
inclus ; 12 djounouds, mousseblines et membres de l’OPA ;
33 « civils ».
Partie de la Mintaqa 4, la vague épuratrice a déferlé sur la 3, puis la
2 et la 1. Une « Commission de justice et de contrôle » formée de cinq
membres et dirigée par Si Ahcène que l’on retrouve dans tous les actes
de barbarie de la wilaya 3, a été constituée avec la mission de circuler
dans les Mintaqat, de procéder aux arrestations des suspects et de les
torturer sur place afin de démasquer leurs complices, dans certains cas
de les envoyer au PC. Chaque individu arrêté est interrogé sur son
origine, son niveau d’instruction, la date de son entrée dans la rébellion
dans la mesure où elle a un rapport avec la « Bataille d’Alger ». Au
mois de juillet, une série de circulaires propagées dans les Mintaqat
