Les fausses espérances et le chaos
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dans la première quinzaine de mai, la mechta Ouled Smir, en Mintaqa 4.
Selon la déclaration d’un « adjoint politique » de la wilaya 3 rallié aux
forces de l’ordre le 6 avril 1959 près de Lafayette-Petite Kabylie7
elle y rencontra le Sergent-chef des renseignements et liaisons de la Kasma et
lui expliqua avoir longtemps travaillé pour la rébellion et que, recherchée
depuis peu de temps par la Police, elle demandait à être engagée comme
infirmière. Le sergent-chef lui répondit qu’il allait soumettre sa demande au
Chef de Nahia et qu’en attendant elle pouvait rester à ouled smir.
Mais Roza, que l’auteur de la déclaration désigne comme « Fatima »,
repart à Alger, ce que Léger signale également dans des Mémoires, et
revient... pour se jeter dans la « gueule du loup ». On ne comprend pas
bien son geste, ce qui l’incite à retrouver la wilaya 3 où elle s’expose,
en toute connaissance de cause, à de terribles représailles de la part
d’Amirouche et de plusieurs de ses lieutenants, dont elle ne peut ignorer
la férocité.
Pour le capitaine Léger, il faut mettre sa démarche sur le compte de
la vengeance patriotique :
Comme je l’avais pressenti sinon prévu, écrit-il8, Roza n’était restée qu’une
semaine à Alger auprès de sa mère. Révoltée par les « secrets » dévoilés chemin Vidal [où on lui a lu des passages de lettres interceptées, et décrit la
« corruption » qui gangrène les wilayas], elle aurait rejoint le maquis, bien
décidée à tout mettre en œuvre pour châtier les « traîtres ». Grande fut sa
surprise à son arrivée en zone rebelle en entendant le capitaine ahcène [adjoint
d’ Amirouche et bourreau en chef] l’injurier et l’accuser d’espionnage.
En effet, et en reprenant le récit de l’« adjoint politique » de la
wilaya 3 :
Pour la seconde fois [après son retour] elle rencontra le même Sergent-chef
qui était accompagné d’un autre djoundi. Le lendemain, les forces de l’ordre
montèrent une opération à ouled smir, au cours de laquelle le Sergent-chef fut
tué. Le capitaine Si ahcène et amirouche qui étaient ce jour-là dans la même
Nahia enquêtèrent sur la mort du Sergent-chef. Ils apprirent la présence de
fatima à la Mechta. Le doute naquit dans leur esprit. Ils envoyèrent chercher
immédiatement la fille, qui reconnut sous de sauvages tortures [le supplice dit
de «l’hélicoptère », qui consiste à faire tourner au-dessus d un brasier le
corps dévêtu d’un suspect dont les poignets et les chevilles sont liés ensemble
dans le dos], avoir vendu effectivement le Sergent-chef et appartenir au réseau
des « Bleus » depuis la Bataille d’Ager. Elle déclara en outre avoir elle-même
pris une part très active à l’arrestation de yassef saadi, et avoir dénoncé son
propre cousin à la police.
Questionnée sur les buts de son « largage » au maquis, fatima répondit .
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