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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
gaullistes qui contrôlent « l’antenne » de la Défense nationale installée
par Jacques Chaban-Delmas à El-Biar. Les slogans portent non seulement sur « la volonté inébranlable de l’Algérie de rester française », la
dénonciation de « toute ingérence étrangère », mais appellent à la formation d’un « gouvernement de salut national ».
• 8 mai. La coupe déborde. Le président de la République René Coty
invite Pierre Pflimlin, l’un des dirigeants du Mouvement républicain
populaire (MRP, centriste), à former le nouveau gouvernement. Les
positions exprimées par Pierre Pflimlin sur le problème algérien — il a
notamment déclaré qu’il ne faudrait pas hésiter « à engager des pourparlers avec ceux qui se battent pour déterminer les modalités d’un cessezle-feu » — aggravent les tensions et mobilisent, tant à Alger qu’à Paris,
les opposants à une « politique d’abandon ».
• 9 mai. La nouvelle, lancée par le FLN, que trois soldats français
qui avaient été faits prisonniers en novembre 1956 ont été fusillés le
26 avril, ne peut être considérée, dans ce contexte, que comme une
provocation.
Dans l’après-midi du même jour, le général Salan adresse un télégramme au général Ely, chef d’état-major de l’armée. Au moment où
on évoque l’éventualité de négociations avec les rebelles en vue d’un
cessez-le feu en Algérie, déclare notamment le général Salan, « l’armée
française, d’une façon unanime, sentirait comme un outrage l’abandon
de ce patrimoine national ». Mais, surtout, cet avertissement très clair :
« On ne saurait préjuger sa réaction de désespoir... »
• 10 mai. Manifestation des anciens combattants à Alger alors que
l’on apprend que le débat sur l’investiture de Pierre Pflimlin a été fixé
au 13 mai. Le même jour, Robert Lacoste regagne Paris de sa propre
initiative.
• 11 mai. Alain de Sérigny lance un appel au général de Gaulle dans
Dimanche Matin, l’édition hebdomadaire de L'Echo d’ Alger : « Je vous
en conjure, parlez vite, mon général, vos paroles seront une action. »
• 13 mai. La foule d’Alger dicte sa loi. Répondant à l’appel du
comité de vigilance qui les invitait à protester contre la « constitution
imminente d’un gouvernement d’abandon », des dizaines de milliers
d’Algérois convergent au début de l’après-midi vers le plateau des
Glières.
Après le dépôt d’une gerbe au Monument aux morts, des groupes de
jeunes conduits par Pierre Lagaillarde, président de l’Association géné-
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