Les fausses espérances et le chaos
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raie de étudiants, et bientôt rejoints par d’autres manifestants, envahissent le gouvernement général dont les locaux sont saccagés.
Un Comité de salut public (CSP), auquel adhèrent les généraux Salan
et Massu, est formé. Des CSP sont alors lancés sur d’autres parties du
territoire — on en comptera des milliers —, qui donnent l’impulsion
décisive à la contestation et pèseront très lourd sur les choix politiques
des journées à venir. Dans la soirée du 13 mai, le CSP d’Alger, qui
s’efforcera de canaliser le mouvement populaire et de contrôler ceux
du reste de l’Algérie, adresse un télégramme au président de la République pour lui demander la « création d’un gouvernement de salut
public ». Il mobilisera l’opinion algéroise contre la désignation de
Pierre Pflimlin, affirmera avec force son opposition au « système » de la
IVe République et, s’estimant « dépositaire de la souveraineté populaire,
délibérera des décisions concernant la vie de la Nation » en ne manquant pas une occasion de rappeler que «tous les citoyens de cette
province [l’ Algérie, comme il se doit} sont des Français à part entière ».
Le général Salan annonce qu’il « prend provisoirement en main les
destinées de l’Algérie française. »
Pierre Pflimlin reçoit l’investiture de l’Assemblée nationale par
274 voix contre 127 et 139 abstentions.
• 14 mai. René Coty s’adresse aux officiers généraux, officiers,
sous-officiers et soldats servant en Algérie : « Chef des armées en vertu
de l’article 33 de la Constitution, déclare-t-il, je vous donne l’ordre de
rester dans le devoir, sous l’autorité du gouvernement de la République
française... »
Le nouveau ministre de l’intérieur, Jules Moch, lance des mandats
d’amener contre une centaine de personnes à Paris.
• 15 mai. De Gaulle est prêt. Tandis que le gouvernement mutiplie
les mesures de sécurité — fermeture des frontières, surveillance des
aérodromes —, et instaure la censure, le général de Gaulle déclare :
« Naguère, le pays dans ses profondeurs m’a fait confiance pour le
conduire tout entier jusqu’à son salut. Aujourd’hui, devant les épreuves
qui montent de nouveau vers lui, qu’il sache que je me tiens prêt à
assumer les pouvoirs de la République. »
À Alger, le général Salan fait acclamer par la foule le nom du général de Gaulle.
• 16 mai. Une manifestation de fraternisation franco-musulmane se
déroule sur le Forum, à Alger.
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