Du terrorisme à la répression
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la recherche du renseignement et les opérations de répression contre l’organisation politique administrative (OPA) du FLN.
Pour réaliser ces objectifs, le CRA de Constantine regroupe :
— l’unité « opérationnelle de secteur » du 27e bataillon d’infanterie,
— les unités de gendarmerie nationale et mobile,
— les SAU (six à Constantine appelées SAS),
— les services civils de la PRG [Police des Renseignements Généraux],
PJ, PAFVF [Police de l’ Air, des Frontières et des Voies Ferrées], Sûreté
urbaine et CRS.
Le CRA dispose en outre d’une unité dite de « commando » destinée à la
lutte contre l’OPA et à la collaboration avec les services spécialisés.
Ce commando comprend des musulmans, des gendarmes, CRS, inspecteurs,
etc. Il travaille en liaison et selon la même implantation que l’unité d’exécution
(bataillon spécialisé dit « la centaine ») sur des zones ou quartiers correspondant aux SA possédant des postes fixes (compagnies dites « trentaines » et
îlots de maisons contrôlés en permanence par les équipes de la trentaine et des
responsables musulmans « désignés » comme indicateurs permanents).
Toutes ces installations sont centralisées à la « ferme Ameziane ».
Une réunion quotidienne des différents responsables a pour objet de :
— centraliser les renseignements sur l’OPA,
— faire la critique et la synthèse des résultats,
— étudier les opérations réalisées,
— prendre ou proposer des décisions,
— orienter les recherches.
Interrogatoires
C’est à la « ferme Ameziane » que sont conduits tous les suspects pris par
les unités de l’Est algérien. Il est recommandé en effet d’organiser un centre
d’interrogatoire commun à tous les services de recherches, les mesures à
prendre à l’encontre des individus appréhendés étant en principe prévues par
les textes sur les pouvoirs spéciaux en Algérie. Au cours de 1960, il a du reste
été organisé ici des stages pour les officiers de réserve du contingent, stage
dont une bonne partie était consacrée à l’organisation d’un service de renseignement et une autre à l’emploi jugé « nécessaire » des différents moyens de
torture.
L’arrestation des suspects se fait par rafles, sur renseignements, dénonciations, pour de simples contrôles d’identité.
Leur séjour s’effectue dans les conditions suivantes :
À leur arrivée à la ferme, ils sont séparés par deux groupes distincts : ceux
qui doivent être interrogés immédiatement et ceux qui attendront. À tous on
fait visiter les lieux et notamment les salles de torture « en activité » : électricité (« gégène »), supplice de l’eau, cellules, pendaisons, etc. Ceux qui doivent
attendre sont ensuite entassés dans les anciennes écuries aménagées, où il ne
leur sera donné aucune nourriture pendant deux à huit jours et quelquefois
plus.
Les « interrogatoires » prévus par le « Guide provisoire de 1 officier de renseignement » (OR), chapitre IV, sont menés systématiquement de la façon
suivante :
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