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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Schreiber qui a servi sous ses ordres en Algérie, et que L'Express publie
le 28 mars, le général Pâris de Bollardière souligne « [...] l’effroyable
danger qu’il y aurait [...] à perdre de vue, sous le prétexte fallacieux de
l’efficacité immédiate, les valeurs qui ont fait jusqu’à maintenant la
grandeur de notre civilisation et de notre armée »...
Toujours en 1957, Les Rappelés témoignent et surtout Contre la torture de Pierre-Henri Simon... Et le flot ne tarit pas... Vérité Liberté
— Cahiers sur la guerre d'Algérie, par exemple, consacrera en
mai 1961 un numéro spécial dont un article traite de « La ferme Ameziane — Centre de torture à Constantine » dont parlera également Pierre
Vidal-Naquet dans La Raison d’Ètat en 1961, avant de dénoncer Les
Crimes de l’armée française en 1975-2001.
Le pouvoir réagit par des saisies constantes de médias comme l’y
autorise la loi du 3 avril 1955 sur « l’état d’urgence ». En 1957, L’Express et France-Observateur sont pratiquement saisis chaque semaine
en Algérie. Cette année 1957 marque en effet une brusque accélération
des procédures contre les journaux et périodiques sur le territoire algérien : 63. Le nombre des saisies passe à 77 en 1958, retombe à 13 en
1959, pour remonter brusquement à 88 en 1960, l’année des « records »
avec 1962. On en comptait 85, pour les six mois de janvier à juin, la
dernière année de la guerre. Sur un total de quelque 430 de 1955 à
juin 1962, les journaux étiquetés à gauche viennent en tête avec 168,
suivis de la droite 81 et l’extrême gauche 80. L’Express semble s’être
distingué pour avoir été interdit pendant trois mois en 1958.
Voici ce qu’on lisait dans le numéro spécial de Vérité Liberté dix
mois avant le cessez-le-feu :
La torture est en Algérie un moyen de répression usuel, systématique et
officiel à la « Ferme Ameziane », au Centre de Renseignement et d’Action
(CRA) de Constantine. Elle se pratique à l’échelle quasi industrielle. Qu’on
en juge :
But et organisation des CRA.
L’existence et l’organisation des CRA en Algérie se fondent sur un certain
nombre de dispositions légales.
Ainsi les CRA sont des organismes implantés dans les agglomérations
urbaines et qui ont pour but avoué d’assurer « la permanence et l’unité d’action » des services, personnes, organisations ou unités de « renseignement ».
Placés sous l’autorité du commandant de secteur, et par son intermédiaire
sous celle du 2e bureau de la zone et du 2e bureau du corps d’armée* 1 [appel
de note dans le texte original * ],
ils ont à leur tête un chef2, [id.] qui coordonne
* Notes dans le texte original :
1. Pour le secteur de Constantine, ces autorités étaient respectivement représentées par le colonel Bertrand, le général de division Lennuyeux et le général de corps d’armée Gouraud.
2. Pour le secteur étudié ici, c’était le commandant Rodier.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Schreiber qui a servi sous ses ordres en Algérie, et que L'Express publie
le 28 mars, le général Pâris de Bollardière souligne « [...] l’effroyable
danger qu’il y aurait [...] à perdre de vue, sous le prétexte fallacieux de
l’efficacité immédiate, les valeurs qui ont fait jusqu’à maintenant la
grandeur de notre civilisation et de notre armée »...
Toujours en 1957, Les Rappelés témoignent et surtout Contre la torture de Pierre-Henri Simon... Et le flot ne tarit pas... Vérité Liberté
— Cahiers sur la guerre d'Algérie, par exemple, consacrera en
mai 1961 un numéro spécial dont un article traite de « La ferme Ameziane — Centre de torture à Constantine » dont parlera également Pierre
Vidal-Naquet dans La Raison d’Ètat en 1961, avant de dénoncer Les
Crimes de l’armée française en 1975-2001.
Le pouvoir réagit par des saisies constantes de médias comme l’y
autorise la loi du 3 avril 1955 sur « l’état d’urgence ». En 1957, L’Express et France-Observateur sont pratiquement saisis chaque semaine
en Algérie. Cette année 1957 marque en effet une brusque accélération
des procédures contre les journaux et périodiques sur le territoire algérien : 63. Le nombre des saisies passe à 77 en 1958, retombe à 13 en
1959, pour remonter brusquement à 88 en 1960, l’année des « records »
avec 1962. On en comptait 85, pour les six mois de janvier à juin, la
dernière année de la guerre. Sur un total de quelque 430 de 1955 à
juin 1962, les journaux étiquetés à gauche viennent en tête avec 168,
suivis de la droite 81 et l’extrême gauche 80. L’Express semble s’être
distingué pour avoir été interdit pendant trois mois en 1958.
Voici ce qu’on lisait dans le numéro spécial de Vérité Liberté dix
mois avant le cessez-le-feu :
La torture est en Algérie un moyen de répression usuel, systématique et
officiel à la « Ferme Ameziane », au Centre de Renseignement et d’Action
(CRA) de Constantine. Elle se pratique à l’échelle quasi industrielle. Qu’on
en juge :
But et organisation des CRA.
L’existence et l’organisation des CRA en Algérie se fondent sur un certain
nombre de dispositions légales.
Ainsi les CRA sont des organismes implantés dans les agglomérations
urbaines et qui ont pour but avoué d’assurer « la permanence et l’unité d’action » des services, personnes, organisations ou unités de « renseignement ».
Placés sous l’autorité du commandant de secteur, et par son intermédiaire
sous celle du 2e bureau de la zone et du 2e bureau du corps d’armée* 1 [appel
de note dans le texte original * ],
ils ont à leur tête un chef2, [id.] qui coordonne
* Notes dans le texte original :
1. Pour le secteur de Constantine, ces autorités étaient respectivement représentées par le colonel Bertrand, le général de division Lennuyeux et le général de corps d’armée Gouraud.
2. Pour le secteur étudié ici, c’était le commandant Rodier.
