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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de la colère : « La France doit régler elle-même ses problèmes ! »
Quant à Habib Bourguiba, il multiplie les obstacles à une négociation
sérieuse en s’opposant notamment à un contrôle de la frontière qui
mettrait un terme aux passages des hommes et des armes. On comprend
facilement que le FLN lui ait soufflé le refus de cette proposition...
[...] Les pays du bloc oriental seraient-ils en définitive les seuls défenseurs
permanents et efficaces des petites nations et des peuples opprimés, interroge
de son côté El Moudjahid dans son numéro 19 du 28 février.
En 1958, toutes ces choses prennent des contours de plus en plus précis.
Les peuples opprimés souhaitent que les ambassadeurs des pays de l’Est fassent connaître au gouvernement français l’espoir de leur pays en une solution
pacifique du problème algérien.
En 1958, devant le mépris du gouvernement français pour les résolutions
de l’ONU, devant enfin F encouragement et l’aide politique et économique
apportée à la France par ses alliés occidentaux, il reste au peuple algérien à
rechercher des amis efficaces.
Le 30 mars déjà, au Caire et dans tout le monde afro-asiatique, des dizaines
de millions d’hommes et de femmes vont agir sous le signe de la solidarité
avec le peuple algérien en lutte pour son indépendance.
Maintenant qu’avec l’argent américain il devient possible au gouvernement
français d’envoyer 80 000 nouveaux soldats en Algérie, il revient aux organismes dirigeants du FLN de rechercher des appuis solides susceptibles de
nous aider à maintenir notre potentiel de combat.
Les « appuis solides » du côté de l’est, notamment ? Le FLN n’a nul
besoin d’attendre la conférence prévue au Caire en mars 1958 pour les
obtenir... L’Union soviétique ne s’est-elle pas associée à la motion
adoptée par la commission politique de la conférence qui vient de se
tenir dans la capitale égyptienne du 28 décembre 1957 au 1er janvier
1958 — quarante pays y ont été représentés —, et qui « affirme son
soutien à la lutte héroïque du peuple algérien \et\ demande la libération
des cinq dirigeants et de tous les résistants nationalistes emprisonnés
ou dans les camps de concentration » ?
Quant aux livraisons du navire soviétique Frolovo à Tunis au bénéfice des « réfugiés algériens », quelque 300 000 selon le FLN, on aimerait savoir ce que recouvre le terme de «réfugiés»... Plusieurs
documents émanant du ministère de l’Algérie réfutent la version du
repli vers la Tunisie de populations frontalières soumises aux « atrocités » de l’armée française. D’autre part, une note de l’ambassade de
France à Tunis en date de juillet 1957, et à l’usage interne, chiffre dans
ces proportions le nombre des Algériens vivant en Tunisie et en situe
la répartition : 100 000 y résidaient déjà avant novembre 1954, dont la
moitié dans l’agglomération de Tunis. Quelques milliers de travailleurs
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de la colère : « La France doit régler elle-même ses problèmes ! »
Quant à Habib Bourguiba, il multiplie les obstacles à une négociation
sérieuse en s’opposant notamment à un contrôle de la frontière qui
mettrait un terme aux passages des hommes et des armes. On comprend
facilement que le FLN lui ait soufflé le refus de cette proposition...
[...] Les pays du bloc oriental seraient-ils en définitive les seuls défenseurs
permanents et efficaces des petites nations et des peuples opprimés, interroge
de son côté El Moudjahid dans son numéro 19 du 28 février.
En 1958, toutes ces choses prennent des contours de plus en plus précis.
Les peuples opprimés souhaitent que les ambassadeurs des pays de l’Est fassent connaître au gouvernement français l’espoir de leur pays en une solution
pacifique du problème algérien.
En 1958, devant le mépris du gouvernement français pour les résolutions
de l’ONU, devant enfin F encouragement et l’aide politique et économique
apportée à la France par ses alliés occidentaux, il reste au peuple algérien à
rechercher des amis efficaces.
Le 30 mars déjà, au Caire et dans tout le monde afro-asiatique, des dizaines
de millions d’hommes et de femmes vont agir sous le signe de la solidarité
avec le peuple algérien en lutte pour son indépendance.
Maintenant qu’avec l’argent américain il devient possible au gouvernement
français d’envoyer 80 000 nouveaux soldats en Algérie, il revient aux organismes dirigeants du FLN de rechercher des appuis solides susceptibles de
nous aider à maintenir notre potentiel de combat.
Les « appuis solides » du côté de l’est, notamment ? Le FLN n’a nul
besoin d’attendre la conférence prévue au Caire en mars 1958 pour les
obtenir... L’Union soviétique ne s’est-elle pas associée à la motion
adoptée par la commission politique de la conférence qui vient de se
tenir dans la capitale égyptienne du 28 décembre 1957 au 1er janvier
1958 — quarante pays y ont été représentés —, et qui « affirme son
soutien à la lutte héroïque du peuple algérien \et\ demande la libération
des cinq dirigeants et de tous les résistants nationalistes emprisonnés
ou dans les camps de concentration » ?
Quant aux livraisons du navire soviétique Frolovo à Tunis au bénéfice des « réfugiés algériens », quelque 300 000 selon le FLN, on aimerait savoir ce que recouvre le terme de «réfugiés»... Plusieurs
documents émanant du ministère de l’Algérie réfutent la version du
repli vers la Tunisie de populations frontalières soumises aux « atrocités » de l’armée française. D’autre part, une note de l’ambassade de
France à Tunis en date de juillet 1957, et à l’usage interne, chiffre dans
ces proportions le nombre des Algériens vivant en Tunisie et en situe
la répartition : 100 000 y résidaient déjà avant novembre 1954, dont la
moitié dans l’agglomération de Tunis. Quelques milliers de travailleurs
