Du terrorisme à la répression
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sont venus volontairement d’Algérie, certains ayant ensuite émigré en
métropole en laissant leurs familles dans l’ancienne Régence. Il faut
compter ensuite 10 000 combattants appartenant à l’organisation permanente et aux effectifs stationnés en zone frontalière. Enfin, entre 6 000
et 10 000 personnes considérées comme réfugiées, volontaires ou non,
dont la plupart vivent en zone frontalière. Il est d’ailleurs connu que
cette forte concentration de « réfugiés » et de combattants algériens sur
le territoire algérien pose alors à Habib Bourguiba de sérieux problèmes
de cohabitation et d’ordre.
L’aide des pays communistes en faveur de la rébellion algérienne est
déjà entrée dans les faits, et point seulement sous la forme d’un soutien
aux « réfugiés » en Tunisie...
Le 18 janvier de cette année 1958, le cargo yougoslave Slovenija a
été intercepté au large d’Oran sur des renseignements des services
secrets français. En provenance de Rijeka, autrefois Fiume, le plus
grand port yougoslave, sur l’Adriatique, avec un équipage de
45 membres et quelque 30 passagers, il transportait pour une firme de
Zurich, prétendument à l’intention d’un correspondant à Casablanca, un
arsenal de 3 230 caisses d’armes et de munitions87. Pour un total de
plus de 148 tonnes, et dont le relevé aurait de quoi troubler les nuits du
ministre résidant, soit pour l’essentiel : 4 000 fiisils Mauser allemands,
2 500 fusils-mitrailleurs allemands ou tchèques, 200 mitrailleuses allemandes, 48 bazookas et 15 mortiers. Quant aux munitions, elles dépassaient les 93 tonnes, soit quelque 2 200 000 cartouches, 330 engins « de
type “bungalore”, 6 000 projectiles complets pour mortier de 81 mm,
2 000 charges creuses antichars complètes ». Le capitaine prétendra que
sa cargaison était destinée au Yémen et qu’il ne serait qu’en transit à
Casablanca, une version qui ne convainquit personne... Le chemin le
plus court serait certainement les bases de l’ALN au Maroc où le colonel Houari Boumediene a installé son PC en juillet 1957.
De son vrai nom Mohammed Brahim Boukharouba, Houari Boumediene est né en 1932, à Héliopolis, dans une famille pauvre de sept
enfants. Ses premières années scolaires se partagent entre l’école primaire et l’école coranique, mais à l’âge de quatorze ans il s’oriente vers
des études exclusivement musulmanes, à Constantine, à Tunis et enfin
à la célèbre université Al-Azhar du Caire. Probablement a-t-il milité au
PPA et au MTLD avant son départ pour la capitale égyptienne, mais
c’est là, en tout cas, que se noue son engagement nationaliste et qu’il
commence à acquérir une formation militaire qui le portera au commandement de l’armée des « deux frontières ». Rejoignant la wilaya 5, il
devient le très efficace collaborateur d’Abdelhafid Boussouf dans la
lutte armée. Il le remplace en 1958 et est investi la même année par le
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